Techouva, création et l'âme collective d'Israël
Le Rav Nahon relie la techouva personnelle au désir de salut du peuple d'Israël, source de bénédiction pour le monde.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : La techouva, force créatrice du monde selon le Rav Kook, 49 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon poursuit son commentaire d'un texte du Rav Kook sur la techouva, qu'il relie à la création : la techouva collective du peuple d'Israël et la techouva personnelle de chacun relèvent du même projet divin, qui s'accomplit lentement et avec patience. Il montre que la techouva individuelle, lorsqu'elle vise à s'unir à l'âme du peuple, obtient le pardon et apporte une bénédiction au monde entier. Il rappelle enfin que le retour du peuple sur sa terre fait partie de ce processus, avec l'espoir d'une époque plus spirituelle.
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Ceux qui étaient au dernier cours savent qu'on a vu ce texte-là. Je vais simplement le résumer un tout petit peu pour aller de l'avant. Le Rav dit, ce que je vous ai dit au début du cours: si on considère la techouva collective d'un Am Israël d'une part, ou la techouva de chaque particulier, dans tous les détails de ce que peut être la techouva particulière de chacun de nous, dans ce qui lui est spécifique, il sent que c'est ce qu'il cherche personnellement.
Le Rav insiste sur le fait qu'on doit mettre ça sous la même coupole et en relation avec le même esprit, qui est l'esprit de la techouva, l'esprit qui essaye d'améliorer le monde, le collectif et le particulier ensemble. C'est finalement l'esprit du Créateur du monde, qui a mis en marche un processus d'amélioration, de réussite. Et ça prend son temps.
Il y a une énorme patience dans l'histoire, comme vous le savez. Les choses vont et viennent. Il y a des choses qui prennent des années pour être guéries. Il y a des choses qui disparaissent apparemment de la conscience pour revenir plus tard. Et peu à peu, l'intention du projet divin se réalise. Je vous rappelle encore une fois, au nom des grands textes de la mystique juive, que l'essentiel de l'intention…
…de la création, c'est quoi ? On en a parlé. Je voudrais peut-être entendre ça de vous.
— Comment ? Peut-être que c'est un peu dans cette direction-là, mais enfin, les grands textes disent que le grand thème de la création du monde, tu as raison, mais le grand, grand thème de la création du monde, c'est premièrement la prise de conscience que le Maître du monde a des noms.
Un nom. Pas un nom, des noms: Youd-Hé, Vav-Hé, Adnout, Hachem Tsevaot, Elokim. Tout ça, ce sont des noms qui désignent le Maître du monde. Et ça, c'est une réalité qui existe avant même la création du monde. C'est-à-dire que le fait que Hachem porte des noms veut dire que cet être ineffable, qu'on appelle la concentration la plus immense de ce que c'est que la vie, la vitalité, il y a dans les dimensions de la vitalité cette vitalité-là, qui est d'avoir un nom, c'est-à-dire d'être connu. Et ça, je crois que c'est important pour chacun de nous d'en être conscient, dans la mesure où nous sommes créés dans l'intention d'être à l'image du Créateur.
Une partie de notre vitalité, c'est le fait qu'on porte un nom. Et ça veut dire qu'une partie de notre vitalité, c'est évident pour chacun de nous, je crois, est liée à l'image que les autres ont de nous, qui est notre nom. Et je crois qu'on peut dire que c'est très lié aussi au fait qu'une des dimensions sur lesquelles nous revenons constamment, par exemple dans la Kriat Chema, c'est l'unité divine.
Cette unité divine veut dire que toutes les forces du monde sont dirigées pour le connaître tout ensemble. Il y a une unité. Apparemment, il y a des forces qui sortent de lui, des créatures qui sortent de lui, c'est Nahon. Mais tout ça, c'est finalement pour se retrouver dans l'unité de la recherche de sa connaissance. Quand nous disons « Il est un », c'est-à-dire que tout ce qui est dans ce monde, apparemment éparpillé, n'est que le résultat de la création du même être. Il n'y a pas autre chose, c'est.
Le Maître du monde, et il le révèle dans un… un désir, c'est ce que tu disais toi-même, dans ce désir d'être meilleur et d'être à la hauteur. C'est-à-dire que ces dimensions de techouva, une dimension de techouva collective qui précède le monde, c'est parce que… on est convaincu qu'on est en train de mettre en marche un processus qui va créer un être de plus en plus…
— Donc là tu dis que c'est par la pluralité ?
— C'est l'humilité. Je suis d'accord. Nous sommes d'accord. Nous sommes tous d'accord sur ça. Maintenant, quel est l'essentiel du message de l'humilité ? J'en ai parlé quelques fois: c'est d'être conscient que tout ce qu'on a, c'est en fait un don de Dieu. Ce n'est pas nous, c'est un don. Est-ce que cette dimension-là, par essence, qui est effectivement pour nous, l'humanité, est certainement une dimension essentielle ? Est-ce que cette dimension-là correspond au Créateur ? Parce que, dans la mesure où lui est la source de la vie, pourquoi serait-il humble ? Notre humilité, on la comprend: on n'est rien du tout, on n'est qu'un don qui est le sien. Mais lui, c'est lui qui donne, ce n'est pas celui qui reçoit.
Donc, dans ce sens-là, ce n'est pas évident que les mêmes Middot… Quoi que nous disions, nous sommes habitués à dire qu'il faut apprendre à être comme il est: Maou rachoum, ata rachoum gam ata. Mais peut-être qu'il y a certaines zones dans lesquelles on ne peut pas se comparer. Par exemple, on voit une dimension dans la lettre de Moshe Rabbeinu devant le Maître du monde, qui dit comment tu vas faire cette chose-là en Israël, et en sortant d'Égypte, tout le monde va dire que tu n'as pas réussi avec eux, et tout ça. Tu ne peux pas te permettre, Hasvei Shalom, de les exterminer dans le désert: ils vont dire que tu les as sortis pour ça. Ils vont avoir une image de toi qui n'est pas valable. C'est-à-dire que l'image que l'humanité se fait du Créateur est essentielle.
Mais ces dimensions-là, on dit Hachem, Gueout Lavesh. Gueout, c'est quoi ? C'est une espèce de grandeur inaccessible, une espèce d'orgueil qui dit: « Je suis le concentré de la vie. » C'est lui qui dit ça, c'est certainement pas nous qui le disons.
— Comment ? J'entends bien ce que tu dis, peut-être. Je ne sais pas si c'est… On en a parlé un tout petit peu la dernière fois, je crois. Je crois que j'avais insisté aussi sur le fait que ce libre arbitre est… C'est peut-être une dimension d'humilité que tu appelles, mais je crois que c'est surtout cet amour, ce désir de créativité chez l'être humain, de créer: Yetsira. C'est cette dimension essentielle qui est chez le Créateur du monde, c'est de créer. Il a voulu aussi que l'homme l'ait en lui. Et pour ça, il y a la liberté.
Cette liberté a été donnée à l'homme pour qu'il crée. Et il y a une dimension chez l'homme qui, apparemment, dépasse le prévu. Il y a une certaine dimension de liberté qui, apparemment, est essentielle dans la création. Quoique nous soyons convaincus que HaKadosh Baroukh mène un projet qu'il dirige, ce projet contient aussi des dimensions de liberté qui sont données à l'individu, dans lesquelles il se réalise, et à travers ça il achève la création. Sa liberté, c'est d'une certaine façon la façon dont il achève la création, dans la mesure où l'être humain lui-même, il y a des étincelles de présence divine qui sont en chacun de nous, notre néchama est une, et la créativité du Créateur s'achève quelque part à travers la créativité …
Cours d'Orot veKelim
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