Techouva et création : le repentir rétroactif de l'homme
Pourquoi la faute est presque inévitable, et comment la techouva peut réparer même après coup.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva, création et l'âme collective d'Israël, 35 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le Chaar HaTeshouva du Rav Kook (passage du Pere Guimel) et distingue la teshouva particuliere, qui porte sur un acte, de la teshouva generale, qui touche l'etat d'esprit interieur. Il explique que l'homme, habite par une ame divine mais porte par des forces naturelles puissantes, commet presque inevitablement des fautes, et que la teshouva a ete creee des la Creation pour lui permettre de les corriger, meme retroactivement. Il examine aussi les trois niveaux de faute (par inadvertance, par interet, par revolte) et l'idee que la main divine aide celui qui se dirige vers la purification, notamment en Erets Israel.
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On va prendre le Pérek Guimel, si vous voulez bien, et je vais demander à tous ceux qui sont présents d'essayer de se souvenir de l'endroit où on va finir. Je vais le marquer, mais quelquefois ça sort de la tête et c'est dommage. Le titre du Pérek Guimel, comme vous le voyez, c'est techouva pratit meforechet et techouva klalit.
— Tu me rappelles encore ton nom ?
— Israël. Quel est le nom de famille ?
— Hadass ?
— Israël ? Israël, mais tu es là. Tu es des nôtres. J'ai marqué. Ça va. Bon, aide-moi quand même. Encore une fois. Tu es des nôtres. Tu as le siman, là ? C'est un David, alors ? Siman de la royauté. Top. Techouva, techouva. Le sujet, c'est techouva pratit meforechet et techouva klalit. Pour certains c'est facile, pour d'autres, en hébreu, peut-être plus difficile.
Il s'agit d'une techouva. On aura l'occasion pendant cette année, peu à peu, de saisir ce que veut dire techouva. Mais le grand message, j'en ai parlé, on en reparlera toujours, c'est que dans la mesure où l'être humain est un être profondément complexe, qui est poussé par toutes sortes de forces, certaines de ces forces sont très fortes parce qu'elles sont nécessaires à la vie. HaKadosh Baroukh Hou les a créées puissantes, et quelquefois elles dépassent leurs limites, et ça fait que c'est pratiquement impossible que l'homme ne fasse pas de fautes. Ces forces-là le poussent. Et on n'arrive pas toujours, surtout au début de sa vie, à les contrôler comme il faut.
Et ce qui fait que cet homme, qui est habité par une âme divine, qui est pleine d'idéal, se trouve en symbiose avec un animal. Et un animal, c'est quelqu'un qui est porté par des forces qui ne sont pas toujours faciles à contrôler. Or, le projet humain, c'est de réaliser un programme de vie de qualité, dont le but est finalement de faire connaître et de créer des consciences du divin, même dans les recoins les plus éloignés de la matière.
Dans nos grands textes, on nous dit que HaKadosh Baroukh Hou a créé le monde pour faire connaître ses noms. Ça veut dire que dans la vitalité divine, et dans la vitalité de la vie donc, parce que la vitalité divine c'est la vitalité par excellence, il y a une notion de nom qui est attachée à la vie. Ça veut dire quoi, ça ? Porter un nom, ça veut dire se faire connaître. Donc il y a toute une création qui a été faite pour donner une expression au fait que le divin a un nom.
Et cette création est une création dans laquelle des consciences vont être créées, qui vont être conscientes des noms divins. Et ces noms divins se traduisent par une action dans la vie, par une vitalité dans la vie. Des noms tels que Adnout, qui veut dire maître du monde, le nom Adonaï, ou par exemple le tétragramme Yod Hé Vav Hé, qui est le verbe être conjugué au futur, au présent et au passé en même temps, c'est-à-dire l'être éternel qui traverse le temps avant le monde et après le monde. Mais il y a d'autres noms: Chem Tsevaot, Chem El, Elokim.
Je crois qu'on en a parlé hier, je reviens encore sur ce thème-là aussi: le fait que le mot Chmo, qui est son nom, et le mot Ratson, qui est sa volonté, ont la même guématria. Et ça véhicule un message: le connaître, c'est finalement connaître sa volonté, et c'est connaître sa volonté en ce qui nous concerne, parce que sa volonté est essentiellement aussi une Torah qui a été proposée au monde, une vie. Sa volonté, c'est que nous vivions une vie d'une certaine façon. Et en faisant cela, on le connaît.
Une de nos façons de connaître le Maître du monde, c'est de vivre un Chabbat et de l'appliquer comme il faut, et à travers ce qui se passe le jour de Chabbat. Je comprends un peu qui peut être le créateur du temps et du Chabbat et de toutes sortes de choses. Je me rends compte qu'il y a quelque chose qui s'appelle le divin, qui est extraordinaire. Mais dans la mesure où l'homme est fragile, parce que cette réalité spirituelle qu'il porte en lui s'installe sur un animal avec des forces qui sont des forces aveugles, elles poussent l'homme à vivre, mais elles ne font pas forcément attention à autre chose.
Il faut les dompter. Il y a tout un temps pour apprendre à vivre, pour apprendre à faire face à ces forces-là. Et c'est pratiquement impossible que l'homme ne fasse pas de fautes. D'autre part, cet homme qui porte en lui un idéal divin, une âme qui est pleine du désir de faire la volonté divine, serait profondément malheureux si, face à l'impossibilité de se corriger, il ferait des fautes sans pouvoir les corriger.
C'est autour de ça que, dans la création du monde, il a été permis à l'homme de corriger rétroactivement ses fautes. Ce n'est pas évident. Casser un verre, bye bye. Et comme ça, il y a plein de choses. Or, l'être humain est tellement, tellement complexe que c'est difficile de s'imaginer, au départ, qu'on puisse réparer quelque chose rétroactivement. Mais étant donné qu'il ne s'agit pas de nous, mais qu'il s'agit du Maître du monde, et que le Maître du monde, c'est la folie de l'intelligence, le Créateur a mis en marche, a mis en vie une réalité qui s'appelle la techouva.
Et je reprends un sketch que j'aime raconter, tout le monde le connaît plus ou moins. HaKadosh Baroukh Hou, l'homme a été créé à la fin, le dernier jour, déjà le monde est en marche. Et HaKadosh Baroukh Hou présente à la création son projet de faire l'homme, il dit: « C'est ça », et toute la création se dit, mais ils deviennent tous blêmes. C'est pas possible. Ça ne peut pas vivre une chose pareille. Un animal avec une âme divine, ça ne va pas ensemble.
Alors Hachem leur dit: j'ai créé la techouva. Et ils voient, ils se rendent compte que, grâce à la techouva, il est possible de créer un être humain avec toute sa complexité qui, quand même, peut corriger rétroactivement ses fautes. Et la création du monde accepte l'homme, et le projet de l'homme est lancé. Mais s'il n'y avait pas la techouva, c'est impensable.
Il y a de très beaux textes d'Orot HaTechouva que certains d'entre vous connaissent, dans lesquels le Rav Kook dit que ça serait pratiquement... s'il n'y avait pas la techouva, ça ne serait pas possible d'imaginer un homme qui pourrait garder un idéal. Or, l'idéal, c'est quelque chose d'essentiel chez l'homme. Cet idéal, ça veut dire qu'il espère s'améliorer constamment et arriver à faire les choses bien faites. Mais devant ces forces animales qui l'habitent, c'est très, très difficile.
Essayez de gouverner vos yeux, on en parle souvent. Essayez de gouverner vos yeux ici à Jérusalem, maintenant, et encore plus en été, comme je vous le dis. Essayez un peu. C'est très difficile.
— Lève ta voix. Comment ?
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