Techouva, conscience et naissance de la droiture intérieure
Le Rav Kook décrit la techouva comme un cri de la conscience qui touche le nefesh, la liberté et les tentations de l'homme.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva générale et techouva particulière selon le Rav Kook, 53 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon poursuit l'étude du chapitre de Orot HaTechouva du Rav Kook consacré aux niveaux de la techouva, du corps jusqu'à l'âme. Il distingue la techouva qui répond au cri de la conscience (nefesh) de la techouva fondée sur la émouna et les textes de la tradition, et montre comment une techouva bien menée mène à un contact vécu avec le divin. Il évoque aussi le pardon de la faute, la capara et l'exemple de David HaMelech, de Yaakov Avinu et de la faute du Veau d'or.
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On a commencé la dernière fois, le Père et Karlef, après une introduction dans laquelle vous avez marqué à quel point le Rav Kook insiste sur l'importance de la prise de conscience du retour du peuple d'Israël sur sa terre comme étant un élément essentiel. Si on veut parler de techouva de nos jours, une des dimensions les plus importantes de la techouva est de vivre ce retour du peuple d'Israël sur sa terre, qui est une techouva. Essentiellement, c'est un retour sur les valeurs existentielles de départ, essentielles au peuple juif. Ça, c'est ce qu'il y avait dans l'introduction.
Ensuite, on était passé au premier chapitre, où le Rav avait présenté la techouva à différents niveaux. On était au milieu du texte. Je vous rappelle que ça se passe à la page 7 de nos éditions d'Orot HaTechouva, Oretz Yon, Père et Karlef. Le titre de ce chapitre, c'est Techouva, Tiv'it, Emounit, Pnimit. Et le Rav explique comment on passe de ces différents niveaux de la techouva à une dimension de conscience de plus en plus grande. Alors le Rav, on a vu ça ensemble.
Il présente d'abord une dimension de techouva la plus élémentaire, qui est la techouva que l'homme fait par rapport à son propre corps, qui a souffert des excès de la personne. Quand on réalise qu'une partie des souffrances de notre corps dépend de nous-mêmes, on va chercher une réponse dans la médecine pour guérir les souffrances de ce corps.
Le Rav nous dit: quelquefois on se rend compte que la médecine est limitée, et on a besoin de passer à d'autres dimensions pour arriver à apporter une réponse à la techouva au niveau du corps. Quelquefois, le problème qui fait souffrir notre corps n'a pas sa réponse uniquement dans le domaine de la médecine; cela se passe aussi, parfois, dans le psychologique, dans le psychique.
Je ne sais pas si vous en avez parlé la dernière fois, mais nous avons eu chez nous, il y a quelques années, un masseur qui était de nos élèves, et dont le but, en tant que masseur, était quelquefois de soulager des souffrances au niveau du corps. Il y a souvent, dans le corps, des points où se concentre une douleur: dans le coude, quelquefois dans les genoux, dans les pieds, à certains endroits. Il y a des souffrances qui s'installent quelque part, et on se demande d'où elles viennent. Il nous disait qu'il savait pertinemment que, dans certains cas, c'était le résultat de problèmes affectifs non résolus, restés coincés quelque part au niveau de l'être, et qui se traduisaient par cette souffrance au niveau du corps. C'est ce qu'on appelle le psychosomatique.
Alors le Rav dit: si on veut élargir un peu la zone d'influence sur notre corps, il faut aussi s'occuper de ces dimensions-là, c'est-à-dire le psychique et le spirituel. Et de là, il est passé à une autre dimension de la techouva, qu'il appelle techouva tiv'it, nafchit ve-rouhanit. Ça se trouve à la page Kaf-Ret, dans le second paragraphe, que nous avions abordé la dernière fois: Yoter pnimit, tchouva tiv'it, nafchit ve-rouhanit.
Je reprends ce texte, et je vous rappelle où nous en étions la dernière fois. Le Rav dit: Yoter pnimit, hi tchouva tiv'it, anafchit ve-rouhanit. Il appelle ça une techouva naturelle, mais pas à un niveau corporel: à un niveau plus spirituel, à deux niveaux, le niveau du nefesh et le niveau du rouach.
Je vous rappelle encore cette définition du nefesh, que nous allons porter avec nous pendant toute cette année. Le nefesh, c'est cette zone de notre psychisme, de notre conscient, qui est en relation avec la vie, là où se trouvent nos décisions, là où se trouve notre liberté. Quand la Torah parle d'une faute, elle la présente souvent en termes de nefesh ki techeta, c'est-à-dire que la faute se trouve au niveau du nefesh. C'est à ce niveau-là que ça se passe. Ce n'est pas au niveau de l'âme: l'âme existe en profondeur, mais elle ne fait pas de fautes. Le nefesh, c'est l'endroit où se joue la problématique de l'homme dans sa liberté, dans ses tentations; la neshama est plus profonde.
Ici, il parle du thème du nefesh, et en particulier d'une techouva qui est le résultat de la réaction de la conscience. Quand il décrit cette techouva, il la présente comme étant la réponse à un cri de la conscience.
La dernière fois, on avait soulevé un peu ce thème-là: le Rav parle de la droiture de l'être humain. D'où sort-elle ? De quoi s'agit-il, bihlal ? Qu'est-ce que la droiture chez l'être humain ? Comment se construit-elle, à partir de quoi, comment se nourrit-elle ? En réalité, c'est très complexe. Si on va chercher en nous-mêmes quels sont les critères où l'on a puisé pour construire nos critères de bien et notre droiture personnelle, chacun a son histoire personnelle, et c'est évident que c'est très complexe. Cela dépend de l'endroit où l'on a grandi, de la famille dans laquelle on a grandi, des études qu'on a faites. On se retrouve, à un moment donné, devant un volume de conscience intérieure où l'âme a sa place, et qui réagit quand on fait des choses mal faites, par une réaction intérieure: le cri du cœur, le cri de l'âme.
J'avais dit à l'époque que si on cherche dans l'humanité qui a précédé la révélation, disons du Sinaï, et ce qui l'a suivie, est-ce qu'il y a quelque chose de ce genre-là, qui s'appelle aussi une droiture, un cri de conscience ? J'avais parlé de la personnalité d'Abraham Avinou comme étant quelqu'un qui, et ce n'est pas uniquement lui — Abraham, Yitzhak et Yaakov — sont décrits dans la Torah comme des yesharim, et étaient des exemples de comportement dans leur droiture. D'où puisaient-ils cette droiture-là ? Ce n'est pas une Torah enseignée. C'est quelque chose qui est porté en eux-mêmes. Ce sont des êtres spéciaux, qui ont été lancés dans l'humanité, depuis Adam, pour nous aider peu à peu à nous préparer à la révélation du Sinaï. Ce sont des êtres qui portent en eux-mêmes déjà cette Torah de façon naturelle.
Dans quelle mesure nous, par le fait que nous sommes des descendants d'Abraham, Isaac et Yaakov, portons-nous cela aussi de façon naturelle, indépendamment de notre étude ? Il doit y avoir quelque chose de ce genre-là aussi. Nous sommes des descendants des yesharim.
En tout cas, le Rav nous dit que cette analyse, cette recherche de la spontanéité intérieure, le respect du cri du cœur et le respect de l'intuition intérieure, et le fait de réveiller cette dimension d'intuition intérieure chez quelqu'un, c'est quelque chose de complexe. Je ne sais pas parmi vous qui ont eu l'occasion de passer par des rencontres avec des psychologues ou une psychanalyse d'une façon sérieuse, mais le Rav dit — je suis convaincu que c'est ce qu'il dit — que dans cette recherche de l'intuition et de la conscience, il y a des choses qui ne sont pas évidentes. Il y a toutes sortes d'éventualités de déformation, de déviation. Il faut y faire attention, mais c'est …
Cours d'Orot veKelim
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