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Techouva : l'acte passé peut être transformé

Le Rav Kook explique comment un acte fautif change de portée selon notre regard présent et notre volonté.

45 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Techouva, conscience et naissance de la droiture intérieure, 49 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente un passage des Orot HaTeshouva du Rav Kook sur le secret de la techouva : un acte passé, même mal fait, reste lié à notre volonté présente, et la manière dont nous nous en détachons en change la portée. Il illustre ce principe par l'histoire d'Elazar ben Rodaya, qui fit techouva jusqu'à la mort, et par des exemples de la vie courante. Il distingue aussi la techouva soudaine de la techouva progressive, et rappelle que la teshouva touche le monde entier.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je vous rappelle encore le titre de ce *péréchvav, qui nous annonce en fait une analyse profonde du thème de la techouva. Je relis encore l'entête du chapitre. Et j'insiste sur le fait que la notion de profondeur est soulignée à chaque pas.

Metzihouta ou Peoulata, dont l'existence est l'action, à Pnimit, intérieure, chez la techouva, de la techouva, Be'imke, dans les profondeurs de Ginzé, de la cachette de l'homme et du monde et du collectif d'Israël. Mais a priori, c'est un message qui nous envoie en profondeur, quelque part. On a vu plusieurs textes, en particulier un texte dans lequel on insistait sur le fait que:

Le ressourcement des forces de quelqu'un qui fait techouva se passe à un niveau très profond du vivant, de l'existant. Et c'est à ce niveau, tellement profond, que cela touche le collectif, au point que, on l'a cité, vous vous en souvenez peut-être, ce texte de la Guemara de Yoma, qui dit qu'un individu d'Israël qui fait techouva, Mohallim lo, on lui pardonne, mais non seulement à lui, mais au monde entier. Parce que ce qu'il met en mouvement, ce qu'il met en vie, c'est quelque chose dans lequel le collectif est engagé, de la même façon que lui est engagé dans cette techouva; tout le collectif qui est lié à lui est aussi engagé dans cette techouva. Et il y a là un pardon qui le concerne, qui concerne ensemble. Alors, l'un comme l'autre. Ça va très bien.

Dans le contexte de ces paragraphes, je vous propose le paragraphe Hé, qui se trouve à la page *Memchet. C'est quelque chose qui essaie de toucher un peu, j'allais dire, le mystère de la techouva. Ce texte insiste sur quelque chose que le Rav reprend à différents endroits dans ce livre: l'acte qui a été fait dans le passé, et qui était un acte négatif, peut être corrigé par la force de notre présent. C'est-à-dire que notre pensée présente est liée à tout notre passé. Notre volonté présente est liée à tout ce qui a été fait par nous-mêmes. Et la façon dont on se rapporte à l'acte change en fait la portée de cet acte.

Je vous donne simplement un exemple pour vous mettre un peu dans l'atmosphère de ce que je crois qu'on doit comprendre à travers ce texte. Je donne un exemple tout de suite, ensuite Guillaume, tu me poses la question. Il y a un certain temps, presque 15 ans, j'avais dit un mot mal dit devant un de mes amis à propos d'un de ses grands amis, et il avait réagi de façon très forte.

Et ensuite, il s'est excusé devant moi de la façon dont il avait réagi. Et moi aussi, je me suis excusé devant lui de la façon dont j'avais parlé, que c'était en fait un kripoko. Et depuis, il y a une amitié qui a grandi entre nous, depuis 15 ans, qui a fait qu'on est vraiment de très grands amis. Et cet incident, je crois, a provoqué en nous une plus grande amitié que ce qu'on aurait pu avoir s'il n'avait pas eu lieu. Par le fait qu'on s'est dépassés, l'un et l'autre, en voulant chercher à travers un incident qui était mal fait, mais on a regretté que ça se soit passé comme ça. Et finalement, on en a profité, et jusqu'à maintenant, Bahour Hachem*, ça a lié, ça a créé en nous une amitié qui est plus grande que ce qui aurait pu se passer s'il n'y avait rien eu.

C'est-à-dire que le fait de considérer l'acte d'une façon différente fait que la rencontre avec la vie, ce qui a eu lieu à travers cet acte, peut devenir magnifique, même si à l'époque la motivation était négative. C'est un exemple. Guillaume, tu voulais me poser une question ? Essaie de lever la voix, je reviendrai sur tes paroles, mais lève-toi.

Guillaume: Tu poses la question suivante. Un acte s'est passé dans le passé. À l'époque, tu n'étais pas capable de le dominer. Maintenant, tu y réfléchis, tu en prends conscience, tu l'intellectualises, comme tu le dis, c'est-à-dire tu le réalises. Et quelque part, en le réalisant, il y a aussi de ton côté une désapprobation de ton comportement, sachant qu'on ne peut plus intervenir sur le passé.

Tu ne peux pas intervenir sur le passé, mais tu peux intervenir sur la motivation que tu as actuellement et sur la relation que tu as avec ce passé. Maintenant, ce n'est pas simplement le fait de prendre conscience; il y a aussi une activité, disons, spirituelle, dans laquelle ton sentiment, ton cœur, ta vitalité entrent en jeu. La façon dont tu te désolidarises de la motivation que tu avais quand tu as fait ça.

C'est quelque chose qui dépasse simplement l'analyse intellectuelle. C'est de l'ordre du monde de la volonté, comme il va le dire très fort. Le monde de la volonté, ce n'est pas simplement le monde de l'analyse intellectuelle, ça va plus fort que ça. Et la techouva, finalement, est au niveau du monde de la volonté. C'est là que ça se joue: le vouloir ou le ne pas vouloir.

La responsabilité de l'acte joue autour du thème de la volonté. Un acte involontaire n'est pratiquement pas considéré comme grave. Un acte volontaire devient de plus en plus grave selon l'intensité de ta volonté. Et dans l'autre sens, une techouva, selon la force avec laquelle tu désapprouves ce que tu faisais, a quand même son importance.

Il y a un exemple, la Guemara cite cet exemple que tu connais peut-être: c'est Elazar ben Dordaya, un homme qui s'était donné au plaisir sexuel avec des femmes, il misait tous ses biens, tout son argent là-dessus. Puis à un moment donné, la Guemara raconte que cet homme se retrouve devant une femme très belle, mais qui finalement se moque un peu de lui, et lui dit: toi tu ne feras jamais techouva, tu es perdu à jamais. Et lui dit: comment ? Mais pas du tout. Il se prend en main et décide de faire techouva.

Le Maharal raconte qu'à travers un effort de techouva dans lequel il rejette tout son comportement passé, il meurt en faisant techouva. Il rejette complètement toutes les vitalités qui ont nourri le vice qu'il avait en lui-même. Il fait techouva, il meurt en faisant techouva. Il y a une voix qui descend du ciel et lui dit: « Elazar ben Dordaya, tu as part au monde à venir ». Et autour de cela, il y a toutes sortes de réflexions de Hachemim sur cet homme.

Ce n'est pas que, enfin, on sait que c'est le guilgoul de Caléthode, mais non, mais chanem... La présentation de l'histoire marque très fortement que l'acte, l'effort de la techouva, est extrêmement essentiel. Quand chez cette personne, c'est de tout son cœur qu'elle s'est donnée dans cette techouva, au point de nier pratiquement toutes les vitalités auxquelles elle s'était donnée précédemment, et d'en venir à mourir à travers cette techouva, pour se libérer finalement de l'impact de toutes ces tendances négatives qu'elle portait …

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