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Rav Kook et la techouva, la nature du retour

Le désir profond de se compléter : la techouva comme force naturelle de l'homme, selon Orot HaTechouva.

1 h 09

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Rav Kook : la techouva, une âme collective qui enfante, 42 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le paragraphe 20 du chapitre Hey d'Orot HaTechouva du Rav Kook, consacré à la techouva comme retour vers la plénitude de l'âme. Il montre que la techouva est inscrite dans la création de l'homme, être mêlant nature animale et âme divine, et qu'elle permet de réparer la faute sans rester prisonnier de ses erreurs. Il explique aussi la différence entre faute par mégarde, faute par tentation et faute volontaire, et comment la pratique régulière des mitsvot finit par rendre vivable ce que l'on ressent d'abord comme une contrainte.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je vais vous proposer un texte à l'intérieur du Perek, qui, à mon sens, peut être bien compris. Je vais faire quand même une petite introduction pour rentrer à nouveau dans le sujet d'Orot HaTechouva. Comme ça a été dit, la traduction d'Orot HaTechouva, c'est « la lumière du retour ». La techouva vient donc du verbe hébreu qui veut dire lachouv, revenir. En quoi ce que nous appelons une techouva est-il un retour ?

Apparemment, faire techouva, c'est changer. C'est quelqu'un qui avait un comportement qui n'était pas comme il faut, et qui quitte ce comportement. Qu'est-ce que ça veut dire, « je fais techouva » ? C'est-à-dire: vers quoi est-ce que je reviens ? C'est une bonne question.

Chalom. Est-ce qu'on se connaît ? On va se connaître peu à peu. Moi, je m'appelle Yaakov, et toi ?

— Ilen.

— Atias.

Ché, ché, Atias. C'est du tunisien, ça ? Parce qu'au Maroc, c'était Atias, comme tu le sais. Il n'y a pas tellement d'Atias. Ça veut dire quelque chose, Atias ? Et ton prénom ?

— Ilan.

Ilan. Mais lui aussi s'appelle Yaakov, tu sais ? On l'appelle Jordan, mais c'est un vrai Yaakov. Rappelle-moi ton prénom.

— Ariel.

Il va dire Benyamin, Shmuel ou Ariel. Ariel, c'est bon.

Je vous propose un texte à la page, à l'intérieur du Perek Hé de Orot HaTechouva. C'est difficile, un peu, mais maintenant il faut que je fasse l'effort pour que ce soit moins difficile. Une des façons, c'est quand même d'essayer de vous accrocher un peu et de poser des questions. Je te conseille aussi d'écrire. C'est très bien d'essayer de marquer le livre, de revenir de temps en temps sur le texte en hébreu. On va lire le texte d'abord. Je prends le paragraphe Vav, le paragraphe Vav du chapitre Hé. On va peut-être demander à Ariel de lire. Tu peux lire l'hébreu tranquillement, il n'y a pas de problème ? Tu peux manger ou tu manges ? Bon, alors ce n'est pas le moment. Tu veux lire peut-être ?

— C'était difficile ?

Oui, tu peux lire, il n'y a pas de problème. Quand tu auras fini, tu m'avertis. Vas-y. Ve'achayim. Ve'achayim.

C'est pour que… chez l'émouna, chez l'émouna, oui.

À qui appartient ce vers ? Toi, c'est toi ? Tu es toi ? Parce que moi, je suis né. En deux mots, avant de rentrer dans le détail des mots…

— C'est-à-dire ?

Je vous conseille quand même à tous d'écrire pendant votre cours et d'essayer d'enrichir votre hébreu, parce que l'hébreu du Rav Kook, vous le savez, est très riche. En rencontrant ce texte, on enrichit toujours son hébreu. Disons que Orot HaTechouva, à la différence d'autres textes du Rav Kook, est plus lisible, dans le sens où les phrases sont plus courtes. Tu vas peut-être regarder le livre avec lui en attendant. Tu sais où sont les autres livres, Gary ?

La plupart des textes du Rav sont écrits dans une prose, avec parfois des phrases de cinq, six, sept, huit, neuf lignes. Dans Orot HaTechouva, il y a visiblement un effort du Rav pour présenter des textes avec des phrases très concises, alors que le contenu, lui, n'est pas évident. Il raconte ce qui est difficile, très difficile.

Dans Orot HaTechouva, celui qui écrit raconte aussi, en partie, son aventure personnelle. Il connaît le mouvement, la vie de la techouva telle qu'il la sent. Ce n'est peut-être pas à travers sa problématique personnelle, mais à travers la façon dont il capte la problématique de son peuple. Le Rav Kook était un Rav d'un pays, d'un peuple. Et l'homme a une sensibilité, une vitalité qui n'est pas la nôtre. Elle est beaucoup plus grande que la nôtre.

Ceux qui ont connu le Rav de près, qui ont entendu parler de lui déjà de son vivant, disent que c'était vraiment un être très, très exceptionnel. Moi, j'ai eu la chance de connaître son fils, le Rav Tsvi Yehouda, pendant des dizaines d'années. Lui aussi était, de très loin, un homme exceptionnel. Mais son père était beaucoup plus exceptionnel que le Rav Tsvi Yehouda lui-même. Et quand il parlait de son père, c'était la bave qui coulait de sa bouche.

Ceux qui ont connu le père, moi je me souviens: le Rav Kook avait vécu et enseigné à un endroit que vous connaissez peut-être. Vous êtes déjà allés à la yeshiva du Rav Kook, en ville ? Rehov Rav Kook, vous y êtes déjà allés ? Le Rav vivait là, à un moment donné. Il enseignait là-bas et vivait là-bas. D'un côté de Kikar Sion, il y a une rue qui s'appelle Rehov Rav Kook, qui monte par là.

Moi, j'ai connu les enfants du Rav Kook, les grands. J'ai connu le Rav Tsvi Yehouda lui-même, et j'ai connu la sœur du Rav Tsvi Yehouda, Pitya, qui était mariée avec un Rav Ranan, un tsadik, un très grand homme. Mais je me souviens toujours d'une fois, dans le Beit HaMidrash, il y avait une chaise qui était la chaise du Rav Kook, celle où le Rav Kook s'asseyait pour donner ses cours.

Je me souviens qu'une fois, je suis rentré dans ce Beit HaMidrash, et quelqu'un s'est assis sur cette chaise. La fille du Rav était présente à cet endroit, et je n'oublierai jamais la façon dont elle a réagi. Elle disait: « Mais comment peut-on s'asseoir sur la chaise de mon père ? Pas possible. »

Elle lui disait: « Tu comprends, c'est la chaise de mon père. » C'était plein, tellement plein d'une conscience de l'immensité de son père. Je n'oublierai jamais ça. Elle était âgée, elle avait peut-être 70 ans, peut-être 75 ans quand elle disait ça. Elle n'arrivait pas à concevoir que quelqu'un puisse avoir l'idée de s'asseoir sur la chaise de son père. C'était tellement… c'était un homme. Elle, oui.

Elle a eu des enfants. L'un d'eux a été assassiné à Hébron, c'est Shlomo Ranan, tué par des Arabes. Il a eu une fille, qui a eu elle-même des enfants. Des Kook eux-mêmes, il n'y en a pas, parce que le Rav Tsvi Yehouda s'est marié, a perdu sa femme et ne s'est pas remarié. C'était le seul Kook. Et il y avait une fille, qui était une Ranan. Il y a des Ranan, je ne sais pas combien, mais il y en a. Il y a une branche Ranan qui avance, et des gens très très bien.

Ce que ce petit texte que nous allons faire ensemble dit, c'est que s'il n'y avait pas de place pour la techouva dans l'aventure humaine, il n'y aurait pas de place pour une âme, une vraie âme. Parce que l'âme de l'homme est quelque chose de l'ordre du divin, qui porte en soi une exigence, qui sent le divin, c'est-à-dire qui sent la perfection. Vivre une vie spirituelle, ça veut dire arriver à vivre en communion avec son âme. Or cette âme, par nature, est une étincelle divine. Elle est par nature consciente de la grandeur divine.

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