Faute, cœur en peine et retour à l'harmonie avec la vie
Le Rav Kook explique que toute faute, même involontaire, blesse l'âme et que la techouva rétablit le lien avec le monde.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Faute et émouna dans la techouva, 39 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le début du chapitre Gimel de Orot HaTechouva (Nun Vav, Perek Het) : toute faute, même commise par inadvertance, blesse l'âme parce qu'elle détruit l'harmonie naturelle entre l'homme et l'existence. Il distingue le khet (faute involontaire), l'avon (faute par intérêt) et le pèsha (faute par méchanceté), et explique que la seule voie de réparation est la techouva. Le cours montre aussi comment un regard négatif sur la vie est souvent la conséquence d'une conduite fautive, et non sa cause.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc, pour autant que je sache, vous suivez un peu le texte, d'accord ? On est à Guimel. Je ne vais pas trop rester sur ce texte-là. Le message qui est donné dans Guimel* et Dalet, c'est un message qui, dans la vie, quand on essaie de l'utiliser comme message, n'est pas toujours évident.
Mais en profondeur, le Rav insiste beaucoup, beaucoup sur ça. Il dit que si tu vois quelqu'un qui n'aime pas la vie, qui n'aime pas le monde, qui a des relations négatives avec les autres, c'est en rapport avec son comportement. C'est parce qu'il fait les choses de travers. S'il faisait les choses bien, cela changerait son regard. Il insiste beaucoup sur ce point.
Il dit: le regard méchant est le résultat d'un comportement méchant. Le Rav, dans un certain texte d'Orot HaTechouva, dit que chaque fois que quelqu'un fait une faute, il crée une distance entre lui et une créature. Quelque chose a diminué dans sa capacité d'entrer en relation dans la vie. Au contraire, faire techouva et vivre sa vie comme il le faut permet une relation harmonieuse avec la vie. Le Rav insiste énormément là-dessus.
Mais tout le monde ne parle pas comme ça. C'est la façon dont il s'exprime, à un niveau vraiment profond. Quand on va chercher dans un livre sur la techouva, on vous dira, à propos de Roch Hachana, que le thème essentiel est que tu as un problème de conscience vis-à-vis de ton prochain et vis-à-vis du HaKadosh Baroukh Hou. Et ta techouva, c'est finalement résoudre ce problème de conscience.
Mais chez le Rav, cela va beaucoup plus loin. Il insiste sur le fait que le baal techouva qui entre vraiment dans un processus authentique de techouva, qui s'engage dans une vie spirituelle réussie, retrouve son potentiel d'harmonie et renaît à nouveau. Dans l'autre sens, quelqu'un qui s'engage malheureusement dans un chemin négatif perd le contact sympathique et harmonieux avec la vie. Cela va ensemble.
Il n'y a pas que ici qu'il le dit, mais ici il le dit de façon très forte. Quand on voit des gens très négatifs par rapport à la vie, qui disent du mal de la vie et du monde, il faut savoir qu'en réalité, si on arrive à leur faire comprendre que si leur comportement changeait, les choses seraient autrement, on aurait accompli une grande chose. C'est ça, le message.
Bon, je reprends Guimel. On était à l'intérieur de Guimel, on avait commencé un tout petit peu. Je démarre Guimel tout de suite. Le message est dit clairement. Kol chet mad'iv et alev, mipnei shehu soter. C'est la page Nun Vav, hein. Tu n'es pas sur la bonne page, c'est Nun Vav, le début de Guimel.
Nun Vav, Perek Chet. Kol chet mad'iv et alev, mipnei shehu soter, ve-ha-achdout she-ben ha-ishiyout ha-pratit im kol ha-havaya koula, u-mitrapé rak al yedei techouva, she-zoreah alav ba or ha-shefa ha-elyon shel ha-idealiut, asher la-havayat ha-metziyout...
J'essaie d'entrer dans le détail des mots. Suivez le texte, et s'il y a quelque chose qui n'est pas clair, intervenez.
Chaque faute que l'on fait... Le mot chet désigne essentiellement une faute. Je vous pose la question: volontaire ou involontaire ? Le mot chet désigne-t-il une faute volontaire ou involontaire ? D'après vos réactions, vous voyez que ce n'est pas évident.
Chet, c'est en principe la façon dont nous décrivons une faute be-shogueg, c'est-à-dire par inadvertance, dont on est responsable. Le laisser-aller dont on est responsable. La faute volontaire, commise en pleine conscience par intérêt, s'appelle avon. Par méchanceté, elle s'appelle pesha. Et par erreur, c'est un khet. Mais on est responsable de ses chataïm en général.
Le gros des fautes que nous portons, nous par exemple, dans le contexte où nous sommes, il est sûr que nous sommes des gens de bonne volonté. Mais dans quelle mesure a-t-on réussi vraiment à dominer les choses comme il faut ? On fait donc des fautes par inadvertance. C'est un khet. Mais ce n'est pas parce que cela a été fait par inadvertance que cela fait moins mal à notre âme.
Le Rav dit: kol chet mad'iv et alev. Chaque faute, même involontaire, a finalement été faite, et notre cœur en est en peine. Mad'iv, c'est la peine, être en peine. Quand on va parfois consoler des endeuillés, l'une des expressions que l'on dit en quittant, c'est ha-Makom yenahem etkhem be-toch sh'ar avelei Tsion vi-Yerouchalaïm, que vous n'ayez plus de souffrance ni de peine. C'est le même mot, le même sens ici. Kol chet mad'iv et alev: il met le cœur en peine. Pourquoi ?
C'est le grand leitmotiv que le Rav développe depuis déjà plusieurs paragraphes, voire des chapitres entiers: la faute provoque finalement la destruction du potentiel d'harmonie qui existe.
Essentiellement, en naissant, en étant créé, l'homme porte en lui un potentiel d'harmonie énorme avec toute l'existence. C'est normal, il a été fait ainsi. Une créature a été faite pour vivre dans ce monde, et il y a un potentiel d'harmonie, de relation sympathique avec la vie à tous les niveaux, qui est porté par cet être qui vit.
Mais dans le cas de l'homme, il y a cette chose qui s'appelle la faute. Chez lui, il est possible de dévier ce potentiel et de le faire changer. Chez l'animal, cela n'existe pas. L'animal ne peut pas faire de fautes, il n'a pas de liberté. Chez l'homme, il y a cette liberté, et quand il fait une faute, il évolue. L'un des thèmes essentiels de cette évolution, c'est la perte du contact harmonieux avec la vie.
Mipnei shehu soter ve-ha-achdout: il détruit l'unité qui existe fondamentalement entre la personnalité dans sa particularité, d'un côté l'individu, et im kol ha-havaya koula, toute l'existence. Et le Rav dit: u-mitrapé rak, la seule façon de corriger cela, de remettre les choses en marche, c'est la techouva.
U-mitrapé hou rak al yedei techouva. She-zoreah alav ba: cette lumière qui se lève sur la personne, or ha-shefa ha-elyon, la lumière du flux d'en haut. Le Rav appelle cela le flux de l'idéal, asher la-havayat ha-metziyout, celui qui est dans l'existence.
Cet idéal est un message de comportement. Le Rav parle beaucoup de cela: le monde est ce qu'il est. En fait, ce n'est pas un monde inerte. C'est un monde habité par le Maître du monde, et quand il s'adresse à nous, il y a un message à l'homme: sache qu'il existe un comportement qui fait que nous sommes en accord les uns avec les autres.
Le message qui sort du monde vers l'homme est un message. Même si le monde, apparemment, ne parle pas officiellement de morale ni de comportement, il dit à l'homme: sois tsadik, fais les choses comme il faut. C'est le message que l'homme peut capter de la vie.
Même si la vie, apparemment, ne s'exprime pas en ces termes, elle s'adresse à l'homme en lui disant: fais attention à ton monde moral, à ton comportement. C'est cela qui va maintenir notre contact. Je pense que l'enfant, en grandissant dans le monde, sent très bien que sa réussite dans la vie dépend du fait qu'il …
Cours d'Orot veKelim
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