Torah et Zohar : l'étude qui change l'être
Pourquoi l'étude des textes engage la volonté et brise les parois qui nous séparent du Créateur.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Le lien entre l'individu et la dimension collective, 58 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon poursuit son cours sur le chapitre X de Pirké Tshouva ? (Pérek Yod), en reliant la techouva à l'étude de la Torah : ce n'est pas une connaissance extérieure, mais un travail qui change la volonté et l'engagement de celui qui étudie. Il décrit la période qui suit Kippour jusqu'à Souccot comme un temps de remise en marche de la vie, et insiste sur la nécessité de la pureté du corps et du caractère (colère, rancune, orgueil) avant d'aborder l'étude de la Kabbala. Il montre enfin comment une techouva bien conduite donne une pensée claire, capable de relier passé, présent et avenir.
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On a plus ou moins fini, enfin on n'a pas pris tous les chapitres, tous les paragraphes du chapitre tête, mais le thème du chapitre tête, on l'a plus ou moins cerné. Et on avait fini notre pérek par le paragraphe Youd, qui nous préparait en fait à Souccot, qui va arriver tout de suite.
Baroukh Haba. Il y a des livres, il faut les mettre en place. Prenez des livres. Ça, j'ai arrêté, j'ai arrêté ça, je laisse. On va se tranquilliser. La fin du chapitre tête, le Rav insistait sur le fait que:
Quand on s'occupe de techouva, on remet en question tous nos engagements, aussi bien en termes de mitsvot assé que de mitsvot lo ta'assé. À la suite de ça, on a un arrêt au niveau de notre engagement. On n'est pas encore lancé, et d'autre part, on est en train de freiner toute une série de comportements. À la suite de ça, il y a une espèce de léthargie qui s'installe, un arrêt.
Et il faut un temps pour remettre tout ça en marche. Et ça, c'est le rôle, bézrat Hachem, on va vivre ça, on est en plein dans cette dimension-là. On reprend ça avec Souccot. C'est-à-dire que l'époque qui suit Kippour, par exemple, les jours qui sont entre Kippour et Souccot, ce sont des jours où pratiquement il n'y a aucune obligation. Au niveau même du monde des kavanot, il n'y a même pas de kavanot, rien du tout.
Tu es libéré complètement pour te lancer dans la vie, préparer ta soukha. La seule chose que tu as dans la tête, c'est le monde Machia'h. Tu te remets en marche. Ensuite, Souccot lui-même, c'est un temps dans lequel tu rentres en toi-même et tu te retrouves à nouveau, tu te refais. Le Rav insiste sur ça. C'est qu'après cette époque, qui est l'époque de la techouva, tu rentres dafka dans une époque dans laquelle tu es lancé dans la vie et dans la joie. L'époque de Souccot, comme on avait dit la dernière fois, c'est un temps dans lequel nous disons:
C'est vraiment, il faut mettre en marche tout ça pour rattraper toute cette vitalité. Donc, maintenant, on passe sur un autre thème très différent. Quoique le thème qu'on a quitté ici, c'est le thème vraiment, le sujet vraiment actuel de notre moment maintenant. On est en plein dans cette époque de Roch Hachana, Kippour, et bientôt Souccot, bézrat Hachem. Je suis navré pour ceux parmi vous qui ne seront pas en Erets Israël pour Souccot, parce que…
Souccot, en Israël, c'est kef. Belle fête. Bon, ça, c'est dit à l'époque, bézrat Hachem, qu'on reverra aussi au temps de Simhat Beit HaCho'eva, c'est-à-dire dans le Beit Hamikdash, mais enfin, on essaie de faire un peu comme si. On se rapproche. Dormir dans une soukha à Yerouchalaïm, c'est un bon projet, le secteur. Tu en seras là, David ? C'est pas sûr que tu seras là ? Oui ? Tu veux pas un mot, peut-être, pour le… C'est bon.
Bon, maintenant, le sujet du chapitre 10, c'est un sujet essentiel. Je crois qu'on a déjà parlé un peu, mais je reviens sur ce thème-là. C'est-à-dire que l'étude de la Torah, ce n'est pas une connaissance objective extérieure. La Torah, c'est un message d'engagement. On t'apprend à vivre.
Quand tu étudies une page de physique, pour ceux qui l'ont faite, une page de mathématiques, quand tu finis ta page de mathématiques, tu es le même que celui qui l'a commencée, au point de vue humain. C'est le même bonhomme. Il en sait peut-être un peu plus. Quelque chose a changé au niveau de son regard vers les angles, ou vers les triangles, ou quelque chose comme ça. Mais à part ça, il n'y a pas eu un grand changement, aucune révolution dans l'être.
Quand tu as passé, en général, une page d'un texte hébreu de Torah, même de Talmud, même certainement de halakha et tout, tout ce que tu fais, il se passe qu'à la fin de la page, tu n'es plus le même que celui qui était au début. Tu as remis en question toute une série de choses, tu as changé ton être. Tu as pris, tu as mis en marche des engagements dans ta vie qui ont changé. Alors, c'est vrai que ça se passe à travers une étude intellectuelle, et ça se passe par la pensée, mais…
Ce qui se passe à travers l'étude de la Torah, c'est quelque chose qui a pour but de changer l'être. Et changer l'être, c'est essentiellement changer l'engagement, et en particulier changer la volonté. Le monde de la volonté, du vouloir, de l'engagement, c'est celui qui est profondément lié avec le monde de la techouva. C'est le monde de la techouva qui donne la clé à la façon dans laquelle on va changer nos engagements.
C'est de ça dont il s'agit. Quelqu'un qui s'engage, qui rentre dans un tas à lire de techouva, c'est qu'il est en train de remettre en question son engagement dans la vie. Et cet engagement est lié à l'étude de la Torah. Parce que c'est l'étude de la Torah qui nous donne ce message-là. Mais c'est une étude sur des textes engagés. Ce qui fait que la façon dans laquelle on va étudier un texte de Torah…
dépend profondément de la façon dont nous sommes prêts à nous engager dans le message que la Torah nous demande. C'est ce qui est dit dans le titre de ce chapitre Youd. Quelle relation y a-t-il entre la techouva, d'une part, et l'étude, d'autre part ? L'étude de la Torah. Pas l'étude d'autre chose, l'étude de la Torah. Parce que l'étude de la Torah, constamment, interpelle ton engagement. C'est une étude qui remet en question ta liberté.
Ton permis, ton interdit, comment faire les choses. Alors, le titre du Pérek, c'est: Echechiout ha-techouva ve-ha-Torah, zolezo, be-klaloutam, ou be-maalotam, elionout. Echechiout, ça vient du mot mouchar, qui veut dire nécessité absolue de la techouva et de la Torah l'une par l'autre, c'est-à-dire de l'interaction entre la techouva et l'étude de la Torah.
L'une joue sur l'autre. Berlaloutan, de façon très générale, dans le monde de la Torah. Et en particulier, ça, le Rav va nous ouvrir quelque chose qu'on va regarder, pour une grande partie de ceux qui sont ici, de loin et de près. Mais…
On ne va pas pouvoir s'engager pleinement dans ce qui est dit ici, dans la mesure où, dans notre vie, on a un temps pour chaque chose, et ce n'est pas évident qu'on ait déjà atteint le niveau de maturité suffisant pour s'engager dans les textes qui sont rappelés dans ce texte-ci, c'est-à-dire des textes de la Torah ésotérique, c'est-à-dire le Sod, la Kabbale. Le Rav fait allusion à ça. On va en parler.
C'est important d'en parler. C'est important que ça nous touche déjà, et ça prépare ce que l'on sera dans quarante ans, ou dans cinquante ans, ou dans soixante ans. Ça prend son temps. Je relis en hébreu. Si vous ne comprenez pas le texte, vous me dites, vous m'arrêtez. Je sais que c'est très difficile, je le dis encore et encore …
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