Torah et Chekhina dans le lieu d'étude
Pourquoi la Torah demande un lieu vivant, un maître et des compagnons, à partir de la Michna de Rabbi Elazar Ben Arakh.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Torah et Zohar : l'étude qui change l'être, 59 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente la Michna de Rabbi Elazar Ben Arakh (Avot 3, 7), « Ve'ein golim ela lemakom Torah » (les exilés ne sont que dans un lieu de Torah), en s'appuyant sur le texte de Rabbenou Yona. Il montre qu'une Torah vivante suppose un lieu d'étude avec un maître et des compagnons, et qu'on ne peut pas compter sur des amis absents pour répondre à ses questions. Le cours aborde aussi l'ordre de l'étude : se structurer d'abord avec un maître, puis élargir son horizon.
Début du cours (texte)
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On n'avait pas fait Rabbénou Yona sur Yud Gimel. Peut-être, d'accord. Bon, on va voir. Ça va nous rendre… Ça, il n'y a pas grand-chose. En tout cas, je me souviens qu'on avait finalement vu que ce Rabbi Nehorai qui est cité ici, c'est Rabbi Elazar ben Arach. On avait parlé de ce thème-là, de cet homme qui était profondément doué, mais qui avait besoin d'un contexte de Torah pour vivre sa Torah.
Parce que je vous avais raconté ce qui n'est pas raconté ici: Rabbi Elazar ben Arach, à un moment donné, avait quitté le lieu de Torah dans lequel il était, et il avait oublié toute sa Torah. Quand on est allé le voir, ses amis ont vu qu'il n'y avait plus rien. Il est revenu ensuite dans un endroit où il y a de la Torah, et il a repris à nouveau. Et ce n'est pas par hasard qu'il dit ce qu'il dit dans sa Michna. Qu'est-ce qu'il dit ? Havé golé limqom Torah.
Il dit ça parce qu'il sait qu'il faut qu'il y ait un endroit de Torah pour que la Torah reste. Et un endroit de Torah, ce n'est pas uniquement un maître: c'est un maître et des élèves, c'est une yeshiva qui est vivante. S'il y a l'ensemble, à ce moment-là, ça peut marcher. Mais sinon, il y a des problèmes. Non seulement il y a du mal, mais c'est mal. Pas « il y a du mal », c'est mal.
Parce que s'il y a du mal, alors c'est mal, parce qu'on oublie. Mais revenir sur son texte quand on a déjà étudié, faire un travail personnel, ça, c'est sûr qu'il faut faire une hazara. Et la hazara doit souvent être faite seul, parce que ta façon de ne pas comprendre n'est pas la même que la façon de ne pas comprendre de ton voisin. Donc il y a une partie des hazarot qui doivent être faites tout seul. Une partie. Mais l'étude elle-même,
L'étude elle-même, le dégrossissement d'un texte et l'avancée dans un texte, ce n'est pas recommandé de le faire seul. C'est beaucoup plus recommandé de le faire avec quelqu'un en face, parce que le texte se réveille beaucoup plus quand il y a différentes personnes, parce que chacun capte une dimension différente. Et dans l'étude, c'est important que le texte parle de façon différente.
Bon, ça, c'est une autre dimension en plus: le fait qu'il y ait plusieurs personnes autour du texte, il s'installe une kédoucha autour du texte. Et une des grandes forces de la Chekhina, c'est qu'elle est capable de relier les thèmes entre eux. Parce que le mot Chekhina vient du mot Chachen, et le mot Chachen, c'est quelque chose qui unit. Et pas uniquement qui unit les personnes qui sont ensemble,
mais aussi qui unit les textes. Or une des grandes difficultés dans l'étude, c'est de mettre en relation différents thèmes et de trouver le point commun, comment l'un illumine l'autre. Comment ? C'est aussi le rôle du dimayon. Le dimayon est un acte intellectuel. La chimna, c'est un acte spirituel qui est accompagné d'une force spéciale.
Disons, peut-être. Je ne sais pas. Je ne sais pas. On va lire Rabbénou Yona. On va lire d'abord la Michna, on la lit ensemble. Permettez, ensuite on va de l'avant. C'est-à-dire ?
— Alors, je relis la Michna Yud Gimel, telle quelle, dans Birkei Avot. Rabbi Nehorai omer… C'est-à-dire ?
Rabbi Nehorai omer. Havé golé limqom Torah. Ve'al tomar she'hi tavo acharecha, Checha, Bérécha, Yekaimoua, Beyadecha, Ve'al Binatra, Al Tisha'en. On avait lu différentes lectures de ce qui est écrit ici, mais je ne veux pas, parce que je veux quand même un peu avancer. Je veux rentrer d'abord dans Rabbénou Yona* pour voir ce qu'il nous dit. Alors, Yud Gimel en bas, Rabbénou Yona, yomar. Il y a quelqu'un qui s'appelle Gabriel parmi nous ? On va lui demander de lire à haute voix, en avant. Rabbénou Yona, yomar. Le texte de Rabbénou Yona.
Je m'arrête. Tu vois ce qu'il dit ? Qu'est-ce que c'est, « makom Torah » ? C'est « makom Torah », une yeshiva. « Chetadour », du mot dira: quand tu habites, tu vis.
C'est-à-dire qu'apparemment il y a Torah harbé sans chachamim meroubim, il y a chachamim meroubim sans Torah harbé, et il y a Torah harbé et chachamim meroubim. Est-ce que ça veut dire que l'un provoque l'autre, ou qu'il faut chercher qu'il y ait les deux en même temps ? C'est là.
Bon. Il y a, au niveau de l'étude, un thème qui est celui de commencer à s'édifier, et ensuite d'ouvrir son monde de connaissance. Il y a une dimension qui est le fait de commencer à se construire. Ensuite, il y a une dimension qui est le fait de s'ouvrir dans l'extension de toute la Torah. Ce n'est pas forcément la même chose.
Quelqu'un qui commence, ce n'est pas tellement intéressant qu'il rentre dans un monde pluraliste dans la guémara. C'est beaucoup mieux qu'il rentre dans un monde, un monde. Il commence à s'édifier dans ce monde. Une fois qu'il est structuré, à ce moment-là, il peut se permettre d'ouvrir des fenêtres et de regarder dans tous les sens.
Mais ce qui est dit au début, en termes de Assez les Kharav — « Assé lecha rav », fais-toi un maître —, c'est-à-dire: apprends avec un maître d'abord, comment ça te constitue. Ne te casse pas la tête à t'ouvrir dans tous les sens tant que tu n'es pas construit. Cherche un monde dans lequel tu ne vas pas trop chercher à t'ouvrir dans tous les sens, tu vas surtout chercher à te structurer.
Une fois que tu es structuré, à ce moment-là, tu peux ouvrir les fenêtres et commencer à regarder dans toutes les directions. Non, mais comment tu vas apprendre à lire ton Chofar ? Et comment tu vas apprendre à lire le Tanakh ? Et comment tu vas apprendre… Il faut quand même quelqu'un pour t'aider. Ces étapes-là sont des étapes de base d'étude, qui te disent ton monde.
Mais il y a des niveaux dans lesquels on te demande de dépasser un peu le monde dans lequel tu as grandi. Or, souvent, dans le monde dans lequel tu as grandi, il y a une façon de voir les choses. Mais peut-être que toi, avec ton temps, quand tu grandiras, tu seras capable de voir plus que ton monde. C'est-à-dire ?
Peut-être, oui. On a un exemple ici chez nous, par exemple: on est au Makhon Mir. C'est-à-dire ?
Au Makhon Mir, il y a une vision qui est très large, mais elle est apparemment très ouverte sur l'ensemble de la réalité qui est présente ici. Et ça impose aussi d'accepter pleinement, ce qui n'est pas forcément évident, la fréquentation avec tout un monde qui n'est pas religieux, a priori.
Est-ce que c'est le chita qu'il faut garder toute sa vie ? Ou est-ce qu'il faut rentrer dans un monde, pour… en profondeur ? Dans le cas d'un monde qui te protège au point de vue spirituel, il faut que tu aies très grand. Ou le …
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