Torah et Kabbale : la techouva comme chemin vers l'âme
Le Rav Nahon montre pourquoi la techouva et l'étude de la Torah se soutiennent mutuellement, et ce que dit le Rav Kook sur la rencontre entre cœur et pensée.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Kinyan Torah : la place de chacun dans le collectif, 53 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon montre que la téchouva (le retour intérieur) et l'étude de la Torah sont indissociables : l'étude intellectuelle seule ne suffit pas, et la pureté du cœur conditionne l'accès aux textes de Kabbale. Il évoque la nécessité de la pureté intérieure, le rôle de la Guevoura (la force intérieure) pour dominer ses tendances, et la place de la prière comme expression de l'âme. Il rappelle enfin que la téchouva est la voie par laquelle un message spirituel authentique peut naître et se transmettre.
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Pirkiyoud, on se souvient encore du titre ? Quel est le titre du Pirkiyoud ? Quel est le titre ? Quel ? Des représentants de Tsahal ? Quel plouga ? Aleph ou Beth ? Guimel. Alors reprenons le titre quand même: Hiyout ha-techouva ve-ha-Torah, zo lazo, beklaloutam ouvemaalotam ha-elyonot.
C'est présenté en termes d'obligations, de nécessités. Si on veut arriver à vivre notre techouva, elle doit être accompagnée d'une étude de Torah. Si on veut arriver à comprendre la Torah, on est obligé de travailler notre techouva. On a besoin de l'un et de l'autre, l'une de l'autre. Beklaloutam, de façon générale.
Ouvemaalotam, elyonot, et en particulier: cela concerne les niveaux les plus hauts du monde de la Torah. Je vous en ai déjà parlé la dernière fois, j'y reviens encore une fois. Il y a des études dans ce monde qui sont intellectuelles. Ceux qui ont l'occasion de faire des sciences, vous en êtes et j'en suis, savent qu'on peut avancer avec un travail intellectuel indépendamment de notre monde intérieur.
Et je vous ai dit, dans mon histoire de prof de physique, que j'ai eu des exemples de jeunes dans les deux sens. C'est-à-dire des gens qui étaient des illouïm en physique, des gens qui étaient 10 sur 10 en physique. Quand j'arrivais à Yeshivat Mourim, je m'asseyais avec leurs profs de Kodesh, et j'entendais leur appréciation: ils leur donnaient 6 sur 10, alors que moi je donnais 10. Au début, je m'étonnais beaucoup. Avec le temps, j'ai appris.
Je me souviens, j'avais un jeune qui était vraiment une tête. Je n'avais pas fini de poser la question au tableau, il avait déjà la réponse. Mais systématiquement. Et je me souviens, quand j'arrivais à la yeshiva avec les rabbanim, en même temps prof de Kodesh, ce gosse, cinq, six, en yeshiva. Avec le temps, je sus ce qui se passait. En particulier, il avait les poches pleines de choses pornographiques. Il était dans une yeshiva où ils étudiaient la Torah, mais il y avait ce genre de choses.
Ses parents l'avaient mis là-bas. Ils sont très intelligents. Mais ça ne passe pas. Le monde de la Torah, c'est un monde qui n'est pas simplement un monde intellectuel. C'est un monde qui forme, et le message de la Torah est un message de vie, qui demande à être vécu dans sa plénitude.
Une dimension de la plénitude de la vie, c'est le contact vivant, spirituel, entre notre cœur et notre pensée, l'un dans l'autre. Or, l'exigence de la Torah est une exigence, pour toutes sortes de raisons, de pureté intérieure. Cela se traduit à tous les niveaux: au niveau de la façon de dominer ses sens, ses tentations, ses forces, pour permettre à la vitalité spirituelle de s'installer.
Parce que ce sont des forces. Il y a certaines forces qui ont leurs nécessités dans la vie, mais elles ont leurs moments. En dehors de ces moments-là, il faut qu'elles soient tranquilles. Ce n'est pas le moment. C'est sûr qu'on a besoin de ces forces-là. Elles alimentent énormément, quand il le faut et comme il le faut, la vie d'un couple. Mais il y a des moments pour les vivre. En particulier le Chabbat, après minuit.
Mais en dehors de ça, il faut savoir les mettre à leur place, les purifier. Quand on remplit toute sa vie de ça, quand il faut faire, ce n'est pas le moment. On en a parlé souvent, c'est ça. Est-ce que, pour réaliser cette liaison entre le cœur et le cerveau, il faut vivre pleinement sa vie, réaliser pleinement cette vitalité ? Ou est-ce que c'est une étape ?
Le monde de l'action, on a vu des textes. Il est vrai que Naassé ve-nichma est un message essentiel. C'est-à-dire qu'on ne peut pas comprendre réellement ce que c'est qu'un Chabbat, et vivre tant qu'on ne l'a pas fait.
Et les mitsvot qu'il faut accomplir, et les mitsvot qu'il faut respecter: tant que tu ne les as pas faites, tu n'arrives pas à les vivre, à les sentir intérieurement. Donc la vitalité spirituelle s'installe certainement à travers l'action. N'empêche que le Rav insiste sur le fait que, au point de vue de certaines vitalités, en particulier au niveau de la coïncidence entre le cœur et la tête...
La tête te demande, te dit: c'est ça ce qu'il faut faire. Si le cœur te dit: « Je suis prêt, je suis de bonne volonté, de toute ma bonne volonté; l'occasion ne se présente pas. Je veux faire ce que tu dis, seulement il me faut l'occasion pour le faire. » Je ne le fais pas. À ce niveau-là, il n'y a aucun problème au niveau du lien entre la tête et ton corps. Le cœur demande essentiellement une bonne volonté.
Au niveau de l'expérience spirituelle de la vie, il y a une énorme zone qui ne peut se vivre spirituellement que quand tu es déjà dans l'action et quand tu vis les choses. Sinon, tu passes à côté. Tu ne peux pas. Il y a certaines zones dans lesquelles l'action est absolument nécessaire. Mais au niveau du cœur et de la pensée, il suffit que tu aies de la bonne volonté pour être pleinement accepté.
Bon, ce que je t'ai dit, c'est une mise au point. Ce que je t'ai dit, c'est évident pour toi. Je voudrais revenir sur notre domaine, dans lequel le Rav parle beaucoup de ce qu'il appelle la Torah El Yonah. Cette Torah El Yonah, c'est ce que j'appelle la mystique juive, et c'est ce qu'on appelle à Jérusalem la Kabbale. C'est-à-dire l'étude des grands textes, qui sont essentiellement présentés par la littérature du Zohar, et par les grands lecteurs qui ont compris et qui ont expliqué à Mishna ce que c'est.
Comme vous avez entendu parler, il y a le Ari, qui est le grand maître de la Kabbale, et ses élèves, en particulier son grand élève, le Rav Haïm Vital, qui est finalement celui qui a mis sur le papier tous les enseignements du Ari. Quand on est allé à Tsfat, eh bien, on a trouvé le Ari, et on nous a dit que le Rav Haïm Vital était quelqu'un d'extrêmement important dans sa vie.
Le fait que le Rav Haïm Vital ne soit pas enterré là-bas, c'est parce qu'il a eu son histoire, sa vie. Il est arrivé en Syrie. C'est un monde. Il est né en Syrie. À la fin de sa vie, il a même quitté Israël, partiellement, le revenu. Enfin, il y a eu toutes sortes d'événements. C'est quelqu'un qui a beaucoup vécu. Je crois qu'il est décédé, il avait plus de 90 ans.
Et justement, la fin de sa vie, c'est la période où il a spirituellement le plus consacré à Rik, parce qu'il était de plus en plus convaincu que c'était cela. Mais dans cette vitalité qui est la rencontre avec la spiritualité, la proposition de vitalité et de rencontre avec la lumière est extrêmement exigeante au niveau de la pureté de l'être. Parce que le message de la Kabbale est un message dans lequel il s'agit de …
Cours d'Orot veKelim
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