Le goût du fruit dans l'arbre : Orot HaTechouva
Pourquoi la Torah dit « etz péri oséh péri » et ce que le Rav Kook en tire sur la réparation finale de la création.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Torah et Kabbale : la techouva comme chemin vers l'âme, 46 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le verset de la création du troisième jour : la terre devait produire un arbre fruitier faisant des fruits (etz peri oseh peri), mais la Torah ne retient que etz oseh peri, et il en tire que le projet divin n'a pas été réalisé pleinement. À partir du chapitre 2 d'Orot HaTechouva du Rav Kook, il montre que les moyens d'un projet devraient déjà goûter le fruit final, et que la faute de la terre, reflet de la paresse et de la difficulté à obéir, sera corrigée avec le temps. Il conclut que la techouva redonne à l'idéal sa force et que l'on peut déjà goûter le chemin lorsqu'on agit avec des moyens honnêtes.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Au moment du texte de Béréchit, au moment de la création du troisième jour, il y a un texte qui dit:
Je reprends depuis le début du verset, le verset 11.
Vayomer Elohim, tadchè haaretz déchè, que la terre se couvre d'herbe, une herbe qui est capable de donner des semences, d'une part. Et ensuite, autre chose, indépendamment des herbes et des plantes, il y a un tsivouï qui est de faire un èts péri, osé péri.
Le texte dit: c'est le tsivouï d'Elohim, demande à la terre de faire un èts péri, osé péri, selon les différents genres d'arbres qui vont se créer. Lequel fruit ? Acher zar bo, qui portera sa semence en lui, comme les fruits que nous connaissons. Et la fin du verset: vayehi khèn, il en fut ainsi. Ensuite le verset suivant nous raconte ce qui s'est passé.
La terre a sorti déché, des herbes, et mazria zéra, des plantes qui donnent des semences, mais ça, ce sont des herbes, selon leurs différents genres. Ça, c'est en ce qui concerne les herbes. Et ensuite: Vatotsé haaretz éch, èts oséh péri, acher zar bo, le minéhou.
Si on fait attention au détail du texte, on voit qu'en ce qui concerne la demande faite à la terre de faire sortir des plantes qui font des graines, ça a été accompli complètement. Au niveau de l'arbre, le tsivouï d'Elohim, la demande était de faire un èts péri osé péri, mot à mot, un arbre-fruit faisant un fruit.
Et au niveau de la création, ce que la terre a créé n'est pas un èts péri ou osé péri, mais simplement un èts osé péri. Pas un èts péri ou osé péri, mais un èts osé péri. Le mot èts péri pourrait se lire comme un arbre fruitier, un arbre à fruits. Mais si c'était un arbre à fruits faisant des fruits, je ne pense pas que la Torah aurait redit:
Èts péri osé péri. Il aurait dit èts osé péri. Le fait que la Torah ait dit èts péri osé péri au niveau de la demande faite à la terre, et qu'ensuite, au niveau de ce qui a été réalisé, ce soit simplement èts osé péri et pas èts péri osé péri, il y a un message qu'il faut capter quelque part. C'est autour de ça qu'il y a un texte, qu'on va voir à la fin de notre chapitre Vav de Orot HaTechouva.
Alors, on est sur notre édition d'Orot HaTechouva, la jaune, Otsar HaYeshiva Oretz Tsion. On se trouve dans notre texte, à la page même tête, et on est à l'intérieur du paragraphe. Je lis le texte.
Mitkhilat beriya, raoui ayatam tam haèts liyot gamou ketam apiryou. Kol haemsayim hamarzikim ézo mégama rouhanit gvoha klalit, rouim ayou liyot mouchachim bé-chouch nichmati beoto hagova vehanoam, cheète'essem hamégama mourgeshèt bo, kéchéyano metsayirim ota.
Mais la nature de la terre, l'interdiction de la vie et l'éloignement de la spiritualité, lorsqu'elle s'affiche dans le cadre de la biologie, ont fait que seulement le goût du fruit, de la dernière génération, de l'idéal principal, a été touché par le goût et l'éloignement, mais les arbres qui portent sur eux le fruit, avec toute leur appréciation pour l'éloignement du fruit, ont été éloignés et ont été éloignés.
Vé-ibbedou et taamam. Je traduis là, pour entendre à son niveau. Mitkhilat beriya, au départ de la création, de l'intention du Créateur. Raoui ayat, il était convenable, le dessein était que taam haèts soit lui aussi comme le goût du fruit.
C'est-à-dire que cet arbre lui-même puisse apparaître comme un arbre-fruit, qu'on puisse se nourrir de l'arbre, que cet arbre ait le même goût que le fruit lui-même. Ça, c'était l'intention de départ: èts péri, l'arbre lui-même étant péri, osé péri, donnant des fruits. C'est ce qui aurait dû être au départ.
Tout de suite, le Rav donne l'équivalence avec ce que ça représente sur le plan de la pensée. Le symbole de quoi ? Le Rav Kook nous dit la chose suivante: Kol haemsayim, tous les moyens, hamarzikim mégama rouhanit, qui soutiennent un projet spirituel, un but spirituel supérieur, général, tous ces moyens qui soutiennent ce projet,
Rouim ayou liyot mouchachim bé-chouch nichmati, il aurait dû, normalement, être digne d'être senti, ressenti, bé-chouch nichmati, dans la sensibilité de l'âme, beoto hagova vehanoam, à la même hauteur et avec la même agréabilité, chéèts'essem hamégama mourgeshèt, que le but final de ce projet.
Quand on y arrive, c'est déjà senti. Le projet consiste à mener à un certain but. Ce but aura son contenu, son message, sa joie. Le projet qui se met en marche et les moyens qu'on utilise pour le mettre en marche devraient pourtant déjà, tant que le projet n'est pas fini, tant qu'on est en chemin,
permettre de goûter, de faire déjà ressentir cette spiritualité qu'il y a dans le but final du projet. C'est-à-dire que l'idéal qui devrait porter les personnes ou les moyens qui mettent le projet en marche devrait être tel que, pendant le projet lui-même, on sente déjà ce qui sera senti à la fin, une fois qu'on aura vraiment accompli notre dessein.
Ça, c'est ce qui apparaîtrait normalement dans l'expression èts péri ou osé péri, puisque l'arbre est celui qui va finalement porter des fruits. Mais l'arbre lui-même, qui est le moyen d'obtenir ces fruits, devrait être lui-même, en quelque sorte, un arbre-fruit, et avoir les qualités du fruit lui-même. C'est ce que dit le Rav.
Il fait passer ça à un niveau beaucoup plus métaphorique, mais c'est l'idée qui est en marche. Aval. Mais dans ce projet, dans ce qui aurait dû être, il y a au milieu de tout ça un aval, un « mais ». Ça ne se passe pas tout à fait comme ça, parce qu'il y a des empêchements. Aval. Qu'est-ce qui empêche ?
Teva haaretz, la nature de la terre, qui a, en quelque sorte, des difficultés à avoir la souplesse d'écoute que peut avoir un être humain. Il y a un problème. La nature de la terre; hitnodedout hachayim, le mouvement de la vie, qui fait que les choses changent; et la difficulté qu'il y a dans la spiritualité lorsqu'elle est nisgeret bemasgera gouphaniout, lorsqu'elle est prisonnière, enfermée à l'intérieur du corps.
L'âme, dans son écrin de corps, n'arrive pas toujours à s'exprimer et à agir comme elle le voudrait, parce qu'elle est limitée par le corps. Tout ça, la nature de la terre, le mouvement de la vie, la difficulté de la spiritualité lorsqu'elle est emprisonnée dans la prison du corps, a provoqué que taam,
Ché rak tamo ché lapri, c'est uniquement le goût du fruit. Qu'est-ce que c'est que le fruit ? Le fruit, c'est la mégama aharona, le but final, le résultat final. L'idéal central de tout ce mouvement, c'est ça qui a fait que c'est simplement lui qui est mourgache bénhamo ou véadaro, que c'est uniquement le but final, le résultat final qui est senti dans sa joie et dans sa splendeur.
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Étude du traité Orot HaTechouva du Rav Kook. La téchouva comme force cosmique de réparation et d'élévation, au-delà de la simple repentance.
- 58
Pleurer sur Jérusalem : la pureté intérieure du deuilRav Yaakov Nahon explique le passage de Rav Kook sur le deuil de Jérusalem et le lien entre pureté et souffrance collective. - 59
Le Gaon de Vilna, Volojin et le retour d'IsraëlComment le Rav Kook relie la Gueoula, la techouva collective et l'école du Gaon de Vilna. - 60
La techouva, nécessité de la Torah et du cœurRav Yaakov Nahon explique la phrase de Pirké Avot 5, 9 : la techouva précède la création du monde et guide l'homme vers la pureté intérieure. - 61
La volonté de revenir à Dieu selon le Rav KookLe Rav Kook fait de la volonté de techouva une force de l'âme qui oriente vers le bien et ouvre sur l'histoire de l'humanité. - 62
Le goût du fruit dans l'arbre : Orot HaTechouvaPourquoi la Torah dit « etz péri oséh péri » et ce que le Rav Kook en tire sur la réparation finale de la création. - 63
Torah et Kabbale : la techouva comme chemin vers l'âmeLe Rav Nahon montre pourquoi la techouva et l'étude de la Torah se soutiennent mutuellement, et ce que dit le Rav Kook sur la rencontre entre cœur et pensée. - 64
Kinyan Torah : la place de chacun dans le collectifLe sixième chemin d'acquisition de la Torah : connaître son rôle, aimer l'humanité, aider et savoir reprendre autrui. - 65
Torah et Chekhina dans le lieu d'étudePourquoi la Torah demande un lieu vivant, un maître et des compagnons, à partir de la Michna de Rabbi Elazar Ben Arakh. - 66
Torah et Zohar : l'étude qui change l'êtrePourquoi l'étude des textes engage la volonté et brise les parois qui nous séparent du Créateur. - 67
Le lien entre l'individu et la dimension collectiveLe Rav Kook, chantre de l'âme collective d'Israël, et la manière dont chaque individu porte cette dimension.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav