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Torah et Avraham

Le lien entre la Torah et Avraham, et ce que la Guemara de Sanhedrin apprend de la Gueoula d'Israël.

44 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Moshé Rabbeinou, le lien entre individu et collectif, 51 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon présente la discussion talmudique du traité Sanhedrin entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua sur la certitude de la Gueoula, puis le signe annoncé : la terre d'Israël redonne ses fruits. Il montre comment le Rav Kook, dans Orot HaTechouva, relie le retour du peuple sur sa terre à la notion de tchouva. Le cours souligne que la Torah se vit différemment en Erets Israël qu'en Bechoutz LaAretz.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## La Guemara de Sanhedrin et la Gueoula

Dans l'optique de l'âme d'Israël, le retour d'Israël sur sa terre est un thème central qui a animé toute l'espérance juive pendant nos deux mille ans de galout, comme vous le savez. Une des étapes essentielles de cette Gueoula, c'est le grand Dévir. Je ne sais pas si vous savez, vous avez commencé à étudier un peu. La Guemara de Sanhédrin, on verra bientôt un petit texte là-dessus.

Il se pose la question des signes de la Gueoula d'Israël et des droits que l'homme d'Israël a de faire cette Gueoula. Est-ce que la Gueoula d'Israël, c'est-à-dire le retour d'Israël sur sa terre, est quelque chose de certain, ou bien ça dépend, quelque part, du mérite d'Israël ? Il y a deux colosses de l'époque de la Michna, Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua, qui discutent dans la Guemara de Sanhédrin pour savoir si Israël aura droit ou non à la Gueoula.

Rabbi Eliezer était lui-même quelqu'un qui avait quitté son terroir vers l'âge de vingt ans et quelques, qui avait fait techouva, et qui était allé étudier dans la yeshiva de Rabbi Hanan Mezekai, et qui est devenu le grand Rabbi Eliezer ben Orkenoz, le grand élève de Rabbi Hanan Mezekai. Mais c'est un Baal Techouva. Et tout au long du Talmud, ils discutent. Avec toutes sortes de personnes. L'essentiel, son khavér avec lequel il discute presque tout le temps, c'est quelqu'un qui s'appelle Rabbi Yehoshua, Rabbi Yehoshua ben Hananiah.

Ce Rabbi Yehoshua ben Hananiah est exactement le contraire d'un Baal Techouva. On raconte que, quand sa mère était enceinte de lui, pendant les mois où elle le portait dans son ventre, elle faisait le parcours de toutes les batei midrash, de toutes les maisons d'études de Jérusalem, en demandant aux rabbanim et aux guedolim qui étaient dans ces Beit Hamikdash que l'enfant qu'elle portait dans son ventre soit un tsadik. Et quand il est né, elle a pris son berceau et elle l'a mis à l'intérieur d'un Beit Hamikdash. Et cet enfant a grandi, depuis sa tendre enfance, en n'entendant que des voix de Torah. Et ça donnait Rabbi Yehoshua. Lui, ce n'est pas un Baal Techouva, c'est un tsadik depuis son enfance.

Ils discutent tous les deux. Rabbi Eliezer insiste sur le côté mérite d'Israël. Rabbi Yehoshua insiste beaucoup plus sur le côté: de toute façon, Israël a droit à être sauvé, parce qu'Israël, c'est Israël. La discussion dure une demi-page dans le Talmud, et finalement se conclut, par la décision du Talmud, que, de toute façon, la Gueoula d'Israël viendra, plus ou moins difficilement, mais elle viendra.

Et la Guemara dit: une fois qu'elle a conclu que la Gueoula d'Israël va venir, quel est le siman, le signe du retour d'Israël sur sa terre ? Vous le connaissez ? Vous avez entendu parler de ça ? Lequel ? Le signe de la Gueoula. Alors la Guemara donne comme signe de la Gueoula le fait que la terre d'Israël redonne des fruits.

Elle cite un texte, un texte de Yehezkel, qui parle du retour d'Israël sur cette terre, qui s'adresse aux montagnes d'Israël, et leur dit: « Et vous, montagnes d'Israël… donnez vos branches et faites porter vos fruits pour mon peuple d'Israël, car il est proche de venir. »

Le Gaon de Vilna est quelqu'un qui avait formé de grands élèves autour de lui. Il a envoyé ses élèves en Erets Israël, pour enseigner la Torah peut-être, mais surtout pour faire de l'agriculture. Ce sont eux qui sont partis d'ici, et ce sont les premiers yishouvim d'Erets Israël qui se sont occupés d'agriculture; ce sont les élèves du Gaon de Vilna qui les ont commencés. C'est-à-dire que le mouvement sioniste qu'on a connu au temps de Herzl, quelques cent, cent cinquante années après le Gaon de Vilna, est en fait monté sur un train qui était déjà en marche depuis longtemps, comme on le sait.

L'élève du Gaon de Vilna, Rabbi, qui a créé la yeshiva de Volojine. Le Rav Kook avait étudié dans cette yeshiva de Volojine; il en était un des plus brillants élèves, et il participait à la dernière Kehouna, à la dernière assemblée de la yeshiva de Volojine. La yeshiva de Volojine s'est fermée à peu près à cette époque-là, et le Rav Kook est monté en Erets Israël. Le Rav Kook est quelqu'un qui a une culture extrêmement vaste.

## Un témoignage sur le Rav Kook

Je suis monté en Israël il y a quelques… quelque 45 ans, et j'ai eu l'occasion de connaître quelqu'un qui avait été l'élève du Rav Kook. C'était déjà quelqu'un de bien âgé. Justement, à l'époque, à Elloul, on était en train de parler; j'allais de temps en temps le voir pour le connaître. Mon hébreu n'était pas très bon, mais j'arrivais à faire passer quelques mots, et j'étais impressionné par cette personne.

À un moment donné, il m'avait parlé de techouva, il m'avait dit: voilà, un enseignement. Et j'avais dit que j'avais trouvé cet enseignement dans Orot HaTechouva, dans ce livre-là, qu'on va étudier maintenant. Alors il m'a dit: tu sais comment ça se passait quand on était en études avec le Rav Kook ? On étudiait entre nous, il y avait un groupe d'études, et lui était le maître. Quelques Baalei Techouva dans le groupe d'études trouvaient des choses qui étaient des nouveautés, ce qu'on appelle dans le monde de la Torah un khidouch.

Et quand on trouvait un khidouch entre nous, quelque chose de neuf, on courait vers le Rav pour lui dire: voilà, on a trouvé ça. Et le Rav disait, sans rien laisser paraître, que c'était il y a très, très longtemps qu'il avait déjà dépassé cette dimension. En fait, pour lui, c'était quelqu'un qui avait pratiquement assimilé et vécu en lui-même, et mis en vie, tous les messages du monde juif jusqu'à son époque. Pour moi, c'est quelqu'un qui a tout reçu.

Moi, je n'étais pas encore né quand il est parti de ce monde, mais j'ai eu la chance de connaître son fils, le Rav Tsvi Yehouda Kook, dont vous entendrez souvent parler, qui était aussi le maître du Rav Bigon, celui qui a fondé le Makhon Meir ici. Le Rav Tsvi Yehouda était déjà un colosse, simplement une personne impressionnante au possible. Quand on arrivait chez lui, on avait l'impression de rentrer dans le cœur du monde. C'était quelqu'un qui parlait, et puis on se rendait compte que la pièce se remplissait de lumière, etc. Très, très spécial comme personne. On a l'impression de rentrer au fond, au fond, au fond d'un Israël. Et tout ce qu'il disait était nouveau.

Vous aurez l'occasion de voir des photos de cette personne, d'entendre parler de lui. C'était vraiment un colosse de la Torah. C'est lui qui était le roch yeshiva de la Yeshivat Merkaz HaRav, dont le Rav Bigon a été aussi un des élèves à un moment de sa carrière. Le Rav Bigon avait grandi dans un kibboutz. Il a fait techouva lui aussi. Puis il a demandé, plus tard, le.

Cours d'Orot veKelim

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