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Avraham Avinu, la morale et la crainte du péché

Comment la morale est née chez Avraham, puis transmise à Israël par la Torah et la crainte du mal.

48 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Torah et Avraham, 44 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le début du chapitre sur la crainte du péché dans les écrits du Rav Kook, en partant d'Avraham Avinu, premier à faire de la morale une exigence transmise à sa descendance. Il montre que la morale est pour Am Yisraël une nature profonde, cristallisée par le don de la Torah, et que l'étude de la Torah sert à la retrouver plutôt qu'à acquérir une discipline nouvelle. Le cours invite aussi à fixer un temps régulier d'étude dans la vie quotidienne, et à voir dans la discipline de la Torah un cadre qui libère plutôt qu'il ne contraint.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Avant de commencer, j'essaie de donner le cours en hébraïque, mais je ne veux pas, vous ne comprenez pas, j'arrête, d'accord ? Daniel, vous êtes d'accord que j'essaie de donner le cours en hébraïque, ou c'est… Bon, mais il s'agit de bien comprendre quand même. Si vous ne comprenez pas, il faut que… je ne veux pas. Ça fait beaucoup. Bon, on va voir, d'accord. Bon, merci.

C'est de quelle façon un Israël veut respecter les critères… Il y a des livres en bas, mais il faudrait que j'en reprenne, parce que je ne sais pas… D'accord. Ce que tu peux faire, si tu veux, c'est que tu dessines un étage simplement. Et dans les Sefrim, dans les textes du Rav, tu sais où c'est ? Il y a deux ou trois livres qui sont là-bas, c'est le Sefirin.

Bon, on est au début. On est à l'Orot, page même Zayin, page même Zayin, au paragraphe Gimel. Le message que le Rav développe, il le développe longtemps, mais il tourne autour du fait qu'il y a, à l'intérieur d'Israël, une vitalité très naturelle à l'homme Israël: c'est le respect de la morale. Quand on voit, au niveau de la tradition, par rapport à l'humanité de façon générale,

Avraham Avinu est peut-être un des premiers moralistes, dans le sens de respect du Divin, qu'il y ait eu dans l'humanité. La grandeur d'Avraham Avinu, c'est non seulement de vivre cela à son niveau, mais de faire des élèves et de faire une famille qui porte ce message. Disons que l'ensemble des critères des valeurs morales en Israël s'est cristallisé

par le fait que le peuple d'Israël a reçu la Torah. En réalité, la relation à la morale et aux valeurs morales a précédé cela, à l'intérieur de la famille d'Avraham. Depuis Avraham Avinu, ça a continué: il y a une transmission d'une loi de vie morale. Si vous regardez, par exemple, les textes juste un peu avant, dans le Ekhlecha, juste un peu avant que HaKadosh Baroukh Hou décide

d'en finir avec cette ville. Il y a tout un texte dans lequel Avraham Avinu prie devant Hachem pour essayer de sauver la ville: s'il y a dix personnes, finalement, s'il y a dix tsadikim, ils sont prêts à… Mais il n'y en avait pas. Dans le texte du Ekhlecha, HaKadosh Baroukh Hou se dit: est-ce que je le dis à Avraham, ou je ne le dis pas ? Il faut que je le dise, parce que c'est lui qui va enseigner à ses enfants

mes lois de morale. C'est-à-dire que déjà, autour de la personnalité d'Avraham Avinu, il est sûr que cette éducation, cette construction, cette structure que l'on fait peu à peu chez l'homme de valeurs morales, et qui est faite pour commencer depuis l'enfance, c'est quelque chose de très spécifique à Am Yisraël. Et ça ne se retrouve pas chez les goyim. Peut-être y a-t-il quelque chose qui ressemble un peu à cela. Un peu.

Parmi les peuples de l'Extrême-Orient, il y a quelque chose qui ressemble, mais selon nos traditions, les grands transmetteurs des messages mystiques et moraux qui sont arrivés en Extrême-Orient, ce sont les enfants d'Avram avec Agar. On dit qu'Avram Avinu a envoyé ses enfants et n'a laissé que Yitzhak autour de lui comme héritier

unique de toutes ces valeurs. Les enfants de Hagar ont été envoyés au loin; ils portaient des valeurs morales eux aussi. Et tout cela sort d'Avram. Mais quand on reste à l'intérieur d'Israël, c'est sûr que la structure morale est beaucoup plus forte. Et, en particulier, une fois que la Torah a été donnée. Et ce désir qu'on porte en nous de respecter ce message divin,

c'est ce qu'on appelle Yirat Chet ou Yirat Shamaïm chez nous: la crainte de toucher à quelque chose qu'il faut faire vivre, le respect des valeurs de la vie. Et on verra, c'est un terme dont on reviendra souvent, mais cette notion de Yirat Shamaïm à l'intérieur d'Israël, il ne faut pas la comprendre comme une petite peur de la faute. Il faut la comprendre comme un désir

de respecter la vie. La crainte de toucher quelque chose de beau: ne pas faire quelque chose qui va contre un potentiel de vitalité qui existe dans le monde, qui est porté par la morale, et qu'Am Israël veut porter pour lui-même et aussi pour le monde entier. Alors, rentrons dans le texte. Yira treit ativ it.

Yateva ha-enoshi ya-barii, be-yachas la-moussar ha-klali. Yirat chet, te mevinim, dans le sens de la crainte du péché, la crainte de la faute. Le mot chet est différent du mot avon. Le mot chet parle de la faute involontaire, l'erreur. Le mot avon, qui va paraître aussi un peu plus tard dans le texte,

c'est la nature humaine. Cela apparaît avec l'homme. C'est le message de l'homme

de cet être qui, quelque part, a été créé à l'image de Dieu. C'est la nature de l'homme, abari, quand il est saint, avec un N, S-A-I-N. Peyahas la Moussaraq l'Ali, en relation aux critères de la morale générale. Ne rentrons pas ici dans le contexte de la Torah: on parle de l'humanité. L'homme porte en lui le désir de respecter une structure morale.

Cela s'est traduit chez lui par la crainte de faire une faute. Et dans le contexte d'Israël, où les vitalités humaines et spirituelles sont concentrées, la valeur morale s'est cristallisée sous la forme de la Torah. Yerachet, à l'intérieur d'Israël, se rapporte essentiellement à la Torah. Et Yateva Yisraeli Yameyohad, c'est la nature

de l'homme Israël, spécifique à lui, en relation à toute faute éventuelle, et même avon: vous voyez, les deux degrés de la faute, chet et avon. Mais en relation à la Torah, quand on prend comme critère des valeurs morales la Torah et la mitsva.

Moracha Keilat Yaakov, qui est dans la tradition du collectif d'Israël, de Keilat Yaakov, le peuple d'Israël, Knesset Israël. Le Rav insiste sur le côté naturel de cette façon de vivre. C'est normal, c'est naturel chez le Juif, en Israël, d'être a priori touché par le respect de la morale.

Alors que, quand on se promène parmi les peuples, il y a des peuples où il est visible que ce n'est pas du tout leur problème. Seulement, dans la mesure où c'est quelque chose qui est un acquis qui n'est pas immédiat, il y a une façon de le retrouver, de le réapprendre à nouveau: c'est à travers l'étude de la Torah. Mais je reviens à ce thème dont on a déjà parlé souvent, celui de l'étude de la Torah.

Ce n'est pas le fait de faire apparaître une discipline nouvelle, mais beaucoup plus de redécouvrir ce qu'on porte en nous-mêmes, en potentiel. L'étude de la Torah est beaucoup plus une rencontre avec quelque chose qui est déjà en nous, qui nous permet de le révéler à nouveau, qu'une rencontre avec quelque chose de complètement neuf, qui ressemblerait par exemple à

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