La bonne volonté, fondement de la techouva selon le Rav Kook
Le Rav montre comment la volonté du bien, portée par l'âme, est l'essence même de la techouva.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva, création et nature humaine selon le Rav Kook, 50 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le chapitre « Erech HaRatzon » d'Orot HaTechouva du Rav Kook : la techouva fait remonter la bonne volonté, qui est la part la plus profonde de l'âme, et oriente l'homme vers un mode de vie guidé par l'âme plutôt que par les désirs superficiels. Il explique que l'homme de bonne volonté est reconnu pour ses efforts même lorsqu'il ne peut pas réaliser ce qu'il veut, et que sa volonté peut agir sur la réalité de façon directe ou indirecte. Le cours s'achève sur l'idée que cette bonne volonté, répandue dans une communauté, donne un sens à toute la société.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Je vous propose de commencer le chapitre. Dans nos éditions d'Orot HaTechouva, que vous avez devant vous, d'Oretz Yon, ça se passe à la page Samech Gimel. Vous voyez le titre devant vous: Erekh haratson, amitgaleh aliadeh haTechouva. C'est sûr que le thème essentiel,
Le Rav dit quelle est la dimension de la volonté qui se révèle à travers l'expérience de la techouva. Essentiellement, avant de rentrer dans les détails, la notion la plus proche de l'expression de l'âme chez nous,
c'est la conscience intérieure et la bonne volonté. L'homme qui récupère sa vie spirituelle récupère son âme, mais il la récupère avec une exigence de la part de cette âme, qui a ses critères, et cette âme essaye de faire faire à cet homme le mieux possible.
Et son expression, c'est une expression de bonne volonté, au fond d'elle-même. C'est le fond de la bonne volonté, c'est l'âme. L'homme qui fait techouva le fait parce qu'il sent qu'il n'est pas comme il faut, il se corrige. Il n'a pas fait ce qu'il fallait faire.
Shalom. Bienvenue. Prends un texte avec toi. Vous allez voir la façon dont le Rav présente ça. Donc, premièrement, le titre: Erekh haratson, la valeur, c'est-à-dire le genre de volonté,
la valeur de la volonté telle qu'elle se présente à travers la techouva, la place qu'elle prend au fond de nous-mêmes. Je lis le texte en hébreu, doucement:
Al habassis sharoukhani, bahayim ou bametsiout. On va traduire ça d'abord. Parle un peu plus fort, je t'écoute. Dans la volonté. On verra qu'au niveau de l'âme qui se révèle à travers la techouva, c'est une autre dimension. C'est vrai que le yetzer hara se présente sous la forme d'une volonté, d'un désir. Mais c'est quelque chose qui est en général superficiel et très sensuel.
Mais ça peut être plus profond que ça. Il y a des dimensions du yetzer hara au niveau de l'orgueil, par exemple, qui sont beaucoup plus fines que ça. Mais l'homme qui fait techouva, quand on parle d'une techouva authentique, c'est quand même quelqu'un qui est au courant de
ce qu'on appelle le bien, ce qu'on appelle le mal. C'est quelqu'un qui a devant lui, ou autour de lui, en faisant techouva et en choisissant l'endroit qu'il faut, des critères du bien et du mal qui sont devant lui. Si c'est un yetzer hara, ça va se présenter sous la forme d'une envie. Mais cette envie est, pour quelqu'un de suffisamment engagé et éclairé, connue en tant que telle. Il sait de quoi il s'agit.
Il peut y avoir, à un certain niveau, chez une personne qui en est à ses débuts, une méconnaissance du yetzer et le risque de se tromper dans la direction du bien et du mal. Mais je pense que si on parle déjà d'un contexte de Torah,
quand tu parles du yetzer hara, c'est premièrement un yetzer hara qui est connu en tant que tel. Tu le reconnais en tant que tel. Il a sa force. Tu as ta force à toi. Tu es ce que tu es, tu ne l'écoutes pas. Ce qu'on essaye de faire en faisant techouva, et en grandissant dans le monde de la Torah, c'est de créer des motivations qui deviennent de plus en plus naturelles dans le sens du bien.
C'est-à-dire que, peu à peu, quelqu'un qui fait techouva, un gadol de la Torah, c'est quelqu'un qui est motivé et capable d'avoir des forces qui le dirigent dans un sens positif. C'est vrai qu'il va être tenté, mais il est conscient de la tentation. Vous voyez ce que le Rav dit ici. Je relis encore notre texte.
Je traduis: le fait d'arriver à fixer, nous, une pensée orientée vers la techouva. Machava, c'est penser. Shel techouva, orienter dans le sens de la techouva. La techouva, c'est essentiellement le fait d'essayer de changer un engagement quand on réalise qu'il n'est pas comme il faut, et d'accentuer une force quand on réalise qu'elle est bonne. Et quand on se rend compte qu'il y a une dimension de paresse ou de faiblesse qui n'alimente pas suffisamment, on fait techouva pour en faire plus.
Mais le fait de fixer la pensée de la techouva, dit le texte, mi yassed ve'etofio, yassed vient du mot yessod, qui est une base. Le caractère de l'homme, ofi,
al yessod hatsilout, sur la base de quelque chose que le Rav appelle Atsilout. Le mot Atsilout peut être traduit par la notion de noblesse. Vous avez certainement entendu parler du thème de l'Atsilout, dans des contextes de messages ésotériques du monde juif: des mondes qui s'appellent Atsilout, Beria, Yetsira, Assia.
Ce sont différents mondes spirituels. Le monde le plus proche d'en haut, le plus proche du moment où se révèle une lumière, d'une dimension qui nous est cachée, qu'on a l'habitude d'appeler Ein Sof, une dimension qui nous dépasse. Les premières dimensions qui apparaissent et qui sont les plus proches de ces dimensions-là, c'est ce qu'on appelle l'Atsilout.
Cet Atsilout, d'un côté, c'est un message de lumière. C'est aussi un message en rapport avec la relation qu'il y a entre ce qu'il faut faire et ce que l'on fait réellement. On traduit Atsilout par le mot « noblesse », mais ce qui spécifie la noblesse, essentiellement, c'est la capacité de faire les choses comme il faut.
Le monde de l'Atsilout, c'est un monde dans lequel on dit yihoud koutsabekhol, c'est-à-dire que notre volonté de faire, shelo, les forces qu'on porte en nous-mêmes, et HaKadosh Baroukh Hou, qui représente le message de ce qu'il faut faire, tel qu'on le reçoit au niveau de la Torah, de la Révélation. Et quand il y a coïncidence entre ce qu'il faut faire et ce que tu veux faire,
à ce moment-là, tu fais un yihoud, et c'est quelque chose qui est de l'ordre de l'esprit de l'Atsilout. L'Atsilout, c'est un monde dans lequel se réunissent la volonté de faire et ce qu'il faut faire. Le Rav nous dit donc que la techouva fixe l'homme, le caractère de l'homme, sur la base
de cette dimension de l'Atsilout, de cette noblesse. Et, indépendamment du fait qu'il fait les choses comme il faut, le fait de faire les choses comme il faut s'accompagne d'une certaine bénédiction spirituelle. C'est ce qu'il dit ensuite: vehou sofeg az. Le mot sofeg, vous savez ce que ça veut dire ? Il n'y a pas de réponse. Sfog, c'est une éponge. Souffek, c'est ce que fait l'éponge: elle absorbe, elle reçoit. C'est un verbe ici: souffek, gaze, il aspire, dans ce cas, tamid, toujours, el toho, qui est un verbe lui-même. Rouah adin, un esprit fin, délicat. Oumam adato houbazé, et
elle situe l'homme qui fait techouva, on en reparlera, al habassis sharoukhani, sur une base spirituelle, bahayim ou bametsiout, dans la vie, le courant de tous les temps, ou bametsiout, dans sa façon de se mettre en contact avec l'existence. Qu'est-ce que quelqu'un de spirituel ? Qu'est-ce que quelqu'un qui fait techouva ? C'est finalement quelqu'un qui décide de vivre avec son âme.
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