Volonté de vivre et étude de la Torah
Le Rav Kook relie le désir de connaître la Torah au désir de bien vivre, dans l'engagement concret de la vie.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : La bonne volonté, fondement de la techouva selon le Rav Kook, 47 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le thème de la volonté dans le Pérékh et la Péréchet de Rav Kook : la volonté de vivre éveille la volonté de connaître, et la Torah est une manière d'apprendre à vivre dans ce monde, non une connaissance abstraite. Il montre que la faute bouche le cheminement de la volonté vers le bien et vers la rencontre avec le divin, et que la téchouva remet cette volonté en mouvement. Il explique enfin que l'homme qui a fait pour le mieux selon sa bonne volonté a réussi, même si les circonstances extérieures font obstacle.
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On est en train de quitter, pour autant que je sache, le Péreq. On a commencé un petit peu tout. Je reviens un tout petit peu en arrière quand même, à l'intérieur du Péreq, pour contacter un peu le thème de la volonté, au niveau du paragraphe Yod Dalet, dans le chapitre Khet. Ça se passe dans nos éditions, à la page Samech Aléph.
Le thème, on va voir le texte de l'intérieur, mais le thème parle essentiellement de la dimension de la volonté de connaître pour apprendre à vivre et à s'engager. C'est à l'intérieur de la motivation de vivre que se situe l'envie de connaître. Ce n'est pas dit ici, mais vous allez comprendre que c'est ce qui est dit ici.
C'est-à-dire qu'à travers la volonté de vivre se réveille la volonté de savoir comment vivre, et autour de ça se situe l'étude de la vie. Le monde de la Torah n'est pas une connaissance abstraite qui n'est pas en relation avec la vie. Tout le message de la Torah, c'est une proposition, un enseignement d'engagement dans la vie.
La Torah te parle de comment vivre dans ce monde. Et c'est autour de la motivation du vouloir vivre que se situe finalement la connaissance. La connaissance vient apporter le message de comment vivre. La Torah a été écrite, elle s'étudie, et elle a été donnée au monde à travers Am Yisraël pour enseigner au monde comment vivre. C'est un emploi, c'est la façon de vivre dans ce monde.
Ok, David. Quelle est la différence entre vivre et mieux vivre ?
— Je ne pense pas qu'il y ait une différence. Je crois qu'il y ait une différence entre vivre et mieux vivre. Du moment que tu veux vivre et que tu es normal, tu veux mieux vivre.
— Pourquoi ?
Oui, la Torah te dit comment bien vivre, et mieux vivre, et encore mieux vivre, et donner un sens complet à ta vie. Elle donne une réponse à ta puissance, à ta potentialité d'existence.
Cette potentialité d'existence, qui est développée à travers le message de la Torah, c'est comment vivre. Je te dis: apprends la Torah. Elle te dit: bachar ta bachayim. Et l'étude de la Torah n'est pas simplement la rencontre spirituelle avec le Noten à Torah. Le Chon, c'est sûr que c'est ça. Mais c'est à travers tout l'engagement de la vie. Comment faire pour bien vivre ?
Je mange casher, j'étudie des dinim de cacheroute, j'apprends comment manger. Il y a plein de dinim, et toute une pensée, toute une connaissance qui est derrière tout ça. Mais finalement, c'est pourquoi ? Pour m'apprendre à vivre. J'apprends Chabbat, ce que c'est que Chabbat, mais c'est une rencontre avec le temps, avec l'espace, avec le repos, avec toutes sortes de choses dans un équilibre de la vie, et cela rentre à l'intérieur de mon équilibre général dans la vie. Et c'est à travers mon désir de profiter du fait que le Créateur a révélé comment vivre, que je développe ma volonté de savoir, qui va à la rencontre de ce message de la connaissance, de la Chokhmah.
Alors, dans ce paragraphe Yod Dalet, que je lis doucement: « En leshaer ». Vous y êtes ? Oui. Ça va ? « En leshaer etatsaar ».
« C'est le manque de la volonté pour la bonne et la sainte. Et la sainteté n'est pas élevée, mais comme la bénédiction de la volonté qui vient. Et les avocats suivent la volonté pour qu'elle ne s'améliore pas. Et il faut revenir à la techouva pour vérifier la volonté, pour que la sainteté s'améliore comme c'est nécessaire. Et en particulier, il faut revenir à la, de l'homme à son ami. »
Ici, il y a un regard très spécial par rapport au problème du vol. Dans la mesure où le vol est quelque chose qui est profondément contraire
à la volonté de s'unir ensemble pour apprendre à vivre en collectivité. Le désir de vivre en collectivité, de regarder l'autre comme mon frère, qui sont des points de base dans notre approche d'Israël dans la vie, est complètement remis en question par le vol. Dans le vol, au contraire, tu mets devant toi uniquement ton égoïsme personnel, aux dépens de ta relation avec l'autre, que tu coupes.
Bon, le Rav donne quelque chose de spécial autour de ça. Mais je prends le début ici. En leshaer, le mot shaer, leshaer, c'est quoi ? Chiour ? Mesurer. On ne peut pas mesurer. Etatsaar, la souffrance, shel chissaron haratson, le manque de volonté, létova, vélé douchah. Alors voyez ici les deux grands thèmes qu'on rencontre constamment en parallèle chez le Rav.
Il y a une dimension qui est la dimension morale de faire les choses comme il faut: c'est le thème du bien. Une autre dimension, qui est la rencontre réussie avec le monde spirituel: c'est le thème de la kédoucha. Et l'un et l'autre sont parallèles. C'est à travers le fait que tu apprends à faire les choses bien faites que s'ouvrent les portes de pouvoir réussir ta rencontre spirituelle.
C'est à travers le fait que tu résous tes problèmes de conscience que, finalement, ça te permet une porte ouverte, une fenêtre ouverte devant la relation au divin et à la vie spirituelle. Alors il y a Tova vékdoucha. Et El Eshayet HaTzar shel Chisaron: quand ce manque de volonté vers le bien et vers la recherche de la rencontre spirituelle manque, c'est une souffrance profonde.
Parce que si cette volonté n'existe pas, l'expérience de l'étude ne se vit pas. C'est la seconde phrase: « Que la Chokhmah ne grandit devant nous, ne s'installe en nous, à la mesure, si ce n'est qu'à la mesure de la
bénédiction de la bonne volonté qui a en nous. Véhavonot, émméakvim be'ad haratson, shelo yital. Véhavonot, faute, péché; émméakvim, ils font obstacle, s'opposent; be'ad haratson, en ce qui concerne la volonté; shelo yital, empêche la volonté
de bien vivre comme il le faut, d'apparaître. Parce que dès qu'on n'est pas suffisamment conscient, quand l'homme fautte, il ferme tout un processus de droiture dans lequel notre volonté est profondément liée à la Torah, dans l'étude de comment faire les choses bien faites. La faute dévie notre monde intérieur. Elle détourne finalement cette capacité
de lier notre volonté avec notre connaissance, et la volonté de Dieu, et de mettre sur le même diapason notre volonté et la volonté d'Hachem. Parce que ça, c'est la mitsva. La mitsva, c'est justement une façon de rencontrer la volonté divine en ayant notre propre volonté. Ça, c'est la mitsva. C'est un peu ce qui est dit à travers le grand terme, le Chem Yihoud: Kouds'cha Brikh Hou, c'est finalement la volonté divine qui se révèle à travers la Torah; Chekhina, c'est sa présence en nous, c'est la vie qui est en nous. Et unir l'un avec l'autre, c'est finalement notre volonté avec la volonté d'en haut.
Mais quand cette chose-là n'existe pas, il y a une grande difficulté à étudier. Il faut faire chouva pour libérer. On fait chouva pour …
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