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Volonté et conscience dans la pensée du Rav Kook

Comment la liberté de l'homme permet à la présence divine de se révéler dans le monde.

29 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Volonté et conscience dans la téchouva selon le Rav Kook, 27 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente un passage du Rav Kook sur la souffrance du tsadik, qui ressent dans son cœur le manque de lien avec le divin et une soif qu'il n'arrive pas à étancher. Il explique que la Shekhina demeure dans le peuple d'Israël et que sa révélation dans le monde dépend du mérite de l'homme et de sa volonté libre, sublimée en actes. Il montre enfin que la préoccupation du tsadik est moins sa propre joie que le mérite collectif qui peut libérer le divin et apporter la joie là où régnait la souffrance.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Lecture du texte

On a fait Orot Tsiyon, à la page Mem Noun Zaïn, au Pérek …, au paragraphe Hé, au bas de la page. Et nous, on est sur le d'Osma.

Tsa'ar ha-gadol, she-margish kol tsadik be-atzmo al mi'ut ha-dvekut ha-elohit, she-hu'ach be-atzmo she-eno shover et tsimono ha-gadol.

Et à cause de cela, tous les Ravs s'éloignent toujours d'une grande quantité d'esprit, et ils n'ont pas de calme dans toute la joie et la joie de l'univers. C'est vraiment la précieuse qui, dans les vies de tous les univers, s'appuie sur l'autonomie de Dieu la plus grande qui se découvrira en eux. Et cette découverte, avec sa prospérité et son amour, est offerte …

Shé-hricha le-shichloul, a-ratson ha-choushi shel bné adam, ve-kol ha-kishron ve-ha-ma'aseh ha-tov, ve-hé-yadour ha-taloui bo. Al ken, meshtokikim hem ha-tsadikim le-tshouvat ha-klal tadir, ve-tochiout levavam rodfim hem lezakot le-chayavaya, ke-man de-radev batah chaya. Ki be-emet, hu chayenu.

Je vous ai dit: quand on commence à lire des textes du Rav Kook, il faut se préparer quand même un tout petit peu, à prendre des œufs. C'est un grand mystique qui vit ses aventures spirituelles avec une intensité énorme. Et quand il nous donne des messages, quelquefois on les reçoit de loin, et puis ensuite on se chauffe à ces messages.

Des difficultés à assimiler tout de suite. Ça parle très grand, et c'est plein d'idéaux, mais ça nous permet finalement d'avoir un but à la longue. On va vers une dimension très haute, très grande, dans laquelle il y a une dimension de petite croûte et de relations divines extrêmement puissantes, que nous, nous vivons difficilement. Alors je reprends doucement.

Les textes du Rav sont quelquefois très longs, mais de très, très grands enrôles. D'autre part, il ne faut pas oublier, et je vous l'ai dit, je reviens là-dessus, que le Rav Kook est un spécialiste de l'art. Les réponses dans la phrase du Rav Kook sont considérées par tout le monde, aussi bien par ceux qui le vénéraient et l'adoraient que par ses ennemis, comme des chefs-d'œuvre. C'est quelqu'un qui sait ce que c'est qu'un mot: ce que c'est qu'écrire, peu à peu. Et même si c'est écrit avec d'énormes envolées, ça a un sens d'essayer de toucher chaque mot et de voir un peu le message. Ce n'est pas trop facile.

Allons-y, je vais doucement. Tsa'ar ha-gadol, c'est la grande souffrance. Ché-margish kol tsadik be-atzmo. On est dans une référence qui est la référence de Béréch. Béréch, c'est le sentiment.

## La souffrance du tsadik

Il s'agit de ce qui se passe au niveau du cœur. Ce sont des vitalités, ce ne sont pas des pensées. Ce que sent chaque tsadik, et le Rav … chaque tsadik.

Al ni'ut, al dvekut, al ekut: sur le peu de liens qu'il peut avoir avec le divin. Dvekut, c'est le mot devek en hébreu, qui veut dire collé, union. Devek veut dire quelque chose. Dvekut, c'est le lien, le lien avec le divin. Chaque tsadik sent quand il n'a pas assez, quand il n'arrive pas à abreuver son besoin, comme deux relations au divin: il sent ce manque. Ché-ouhach be-atzmo, il sent en lui-même, ché-no shover et tsimono ha-gadol, qu'il n'arrive pas à étancher son énorme soif de Dieu. Le mitsar est de cette souffrance-là, où il n'arrive pas à répondre aux besoins de son âme.

Ko le-varav mishtabrim tamid merov kilion nefesh sedem. Il est extrêmement puissant, et tous ses membres se brisent de ce désir qui n'arrive pas à s'ouvrir. Il n'a pas de menoukha, il n'a pas de repos. Dans n'importe quelle joie et dans n'importe quel désir, rien ne peut remplacer ce qu'il y a.

Ça, c'est ce qui est vécu par l'homme, dans son cœur. Mais, dit le Rav: cette immense souffrance, Rachem, qui est apparemment vécue par le monde, en fait c'est l'aspect de quelque chose qui nous dépasse. C'est la souffrance d'une dimension divine. Ça s'appelle Rachem.

## Le lien au divin et la présence dans le peuple

Le projet divin en grand: quand on nous dit que le peuple d'Israël doit construire un temple, Ve-'asou li mikdash ve-chakhanti be-tokham: « Qu'ils Me fassent un sanctuaire, et Je résiderai parmi eux. » Be-tokham, c'est un pluriel. Le Rav insiste sur ce mot: be-tokham.

Il est écrit ici la Torah, le don de la Torah. Ce n'est pas « Je crée un temple, et je résiderai dans mon temple ». C'est: « Je vais créer un temple, et Je résiderai en eux ». Qui sont « eux » ? Le peuple d'Israël. Autrement dit, le peuple d'Israël porte en lui une présence divine. Chacun a sa dimension, mais chacun porte en lui ses dimensions divines. Et porter ses dimensions divines, c'est, quelque part, aussi communier avec une vitalité divine qui se vit à tous ses niveaux.

On ne parle pas d'une dimension divine qui nous dépasse, et qui est tout à fait à part de nous, en hauteur. C'est sûr qu'il existe une dimension divine inaccessible. Mais entre ces dimensions absolument inaccessibles, qui nous dépassent, il y a tout un domaine, dans le mysticisme juif, d'émanations de vitalité spirituelle, qu'on appelle Sefirot, qui sont des vitalités spirituelles existantes. Et nous participons à ces dimensions-là. C'est ce que le Rav appelle la relation. Ces dimensions qu'ils appellent sont la présence qui habite le cœur humain. Et zeh utsar … c'est la souffrance de la Chekhina. Comment le Rav va-t-il la décrire ?

Tokhen ha-chayim shel kol ha-olamim kulam, ve-ha-shlimout ha-elohit ha-yonah, she-ha-ingalev. Le contenu de vie de tous les mondes créés est une vie. Cette vie désire la rencontre avec son Créateur. Dans la techouva, vous connaissez le mot houmiya: le désir, l'aspiration. Tout le contenu de vie du monde entier aspire vers la plénitude divine supérieure, pour qu'elle se révèle en eux, en tous les mondes.

Seulement. Seulement, ça dépend de qui c'est. Seulement, ça dépend de son mérite. C'est un symbole, cette histoire.

Mais le Rav veut le dire: pour arriver à cette révélation du divin… … et cette révélation.

## La volonté de l'homme et la condition de la révélation

Dans l'extension, dans toute son extension, dans toutes ses joies: mouténé, moutnaï, moutna, ça vient de moutnaï, qui veut dire « condition ». Elle est conditionnée par quelque chose. C'est tsritcha: elle demande de notre part. Ara-tso na fochish, et mi-yadam: la volonté libre de l'homme, et kol ha-kishron ve-ha-ma'aseh ha-tov: toutes les aptitudes, les propriétés, et l'acte, le bon acte, le bel acte qui dépend de lui.

Il faut que la volonté arrive à sublimer la volonté de l'homme, et que cette volonté sublimée s'exprime par des comportements à la hauteur de cette volonté.

À ce moment-là, la Présence divine peut se révéler dans le monde. Mais il faut que l'homme mérite cette dimension. Alors, la lumière d'en haut attend, attend …

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