Étudier la Torah pour la mettre en pratique
Michna de Rabbi Ismaël : l'intention d'agir transforme la compréhension du texte et la manière de le transmettre.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Torah et techouva : l'une ne va pas sans l'autre, 52 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente la Michna de Rabbi Ishmael et Rabbi Tsadok sur l'étude de la Torah dans l'intention de la mettre en pratique. Il montre que celui qui étudie pour agir comprend mieux, peut transmettre et garde la Torah prête à l'usage. Le cours aborde ensuite la question de vivre de l'enseignement de la Torah, à travers les avis de Rachi et du Rambam, sans trancher définitivement.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Étudier dans l'intention de faire
Mishna Hé, perek. Amoud Ayin Vav, Shalom Yirik, Baruch Haba. Rabbi Ishmaël omer: Al-omed al-menat lelamed, mespikim beyado lilmod velelamed… C'est le texte, c'est ça, David ? Ve'al-omed al-menat la'asot, mespikim beyado lilmod velelamed. C'est la première partie.
On avait vu ça la dernière fois, pour autant que je sache. Ça rejoint les textes qu'on étudie. Cette semaine, on n'a pas le cours d'Orot HaTechouva, qui est en général le jeudi, et jeudi, vous partez demain en vieille ville. Peut-être qu'on verra ça Chabbat, on verra. Mais dans les textes que nous faisons actuellement dans Orot HaTechouva, on insiste énormément sur l'interdépendance qu'il y a entre la volonté d'accomplir ce qui est dit dans le texte et la façon d'aborder ce texte.
Vous savez, on avait vu ça dans Orot HaTechouva à différents endroits: l'interaction qu'il y a entre l'étude de la Torah et la techouva, dans la mesure où la techouva, c'est ce qui met en vie la volonté et l'engagement de l'homme.
Parce que l'étude de la Torah, c'est une étude engagée. Et comme je vous dis, et je vous redis: une étude de Torah qui est comme il faut, on commence au haut de la page et, à la fin de la page, on n'est plus le même. On a évolué. Si on étudie comme il faut, on a décidé de changer. Parce qu'à travers ce texte, le texte nous propose d'être meilleurs et de changer.
Et c'est pour ça que la façon d'accompagner un texte de Torah de la façon la plus authentique et la plus élégante, c'est d'accompagner notre étude d'une volonté de nous adapter à la proposition de comportement. C'est ce qu'on appelle une techouva, constamment. On est là, la main sur le cœur, prêt à assimiler ce qu'on nous propose de faire et prêt à évoluer, à changer.
Ce qui n'est pas du tout évident dans d'autres conceptions humaines et dans d'autres conceptions de civilisation. Alors que chez nous, la position positive, noble, comme il faut, c'est que l'oreille est à l'écoute de la proposition de comportement: on fait techouva selon ce qu'il faut faire, et on évolue en étudiant notre texte.
## Celui qui étudie pour faire
À un moment donné, dans cette Michna, on voit, au nom de Rabbi Ishmaël – on a vu ça la dernière fois, mais j'insiste – al-omed al-menat la'asot, c'est-à-dire celui qui étudie un texte dans l'intention de faire ce qui est proposé par le texte. Michna Hé, perek, qu'est-ce qu'il dit ? Al-omed al-menat la'asot… Ben, c'est la paracha.
Qu'est-ce qu'il dit ? Mespikim beyado – lilmod ou lelamed ? Lishmor et la'asot. C'est celui qui étudie dans l'intention finale, qui est la bonne intention, de faire ce qu'il faut faire. Al-omed al-menat la'asot, c'est celui qui étudie dans l'intention de faire ce qu'on lui propose de faire. À ce moment-là, s'ouvre devant lui la berakha, c'est-à-dire: mespikim beyado, on lui donne entre ses mains, on met entre ses mains lilmod, lelamed, lishmor, la'asot: c'est tout un monde.
C'est-à-dire, mespikim, premièrement lilmod: l'étude est plus facile.
On comprend. L'attitude intérieure de vouloir faire fait qu'on capte le message d'une façon très, très différente. Celui qui étudie dans l'intention de faire, c'est-à-dire dans l'intention du pourquoi la Torah a été donnée – elle a été donnée pour qu'on l'accomplisse. Natati lifneikhem et hayim vehamavet: hayim si tu fais, mavet si tu ne fais pas. Celui qui étudie dans l'intention de faire, mespikim beyado lilmod…
Il arrive à comprendre. Non seulement il arrive à comprendre, mais c'est une compréhension qui a un sens humain, au point qu'elle est prête à être donnée à l'autre. On lui donne aussi la possibilité d'enseigner: ce qu'il a étudié s'assoit en lui, s'installe en lui avec le bon goût des choses, le bon sens des choses, et ça peut être vendu – je dis vendu, c'est-à-dire donné à l'autre. Ça peut être proposé à l'autre.
Donc, ve'lelamed, non seulement tu peux l'apprendre, mais tu peux mettre ça à la portée de l'autre, parce que tu as appris les choses comme il faut, dans le sens qu'il faut, droitement.
Et on continue: lishmor. Lishmor, c'est garder. Lishmor, qui veut dire – et c'est pas évident – que tu as une berakha spéciale.
Si tu as étudié dans l'intention de faire, il s'ouvre en toi une chambre dans laquelle les paroles de Torah sont en attente. C'est une chambre d'attente. Là-bas, ça reste, ça attend l'occasion de faire. Et quand l'occasion de faire se présente, tu le fais. Mais en attendant, c'est gardé là-bas, et c'est prêt à être utilisé.
Mespikim beyado lishmor, c'est-à-dire garder ces paroles de Torah vivantes, prêtes à être accompagnées, accomplies. Ve'la'asot, et tu peux faire le jour où tu veux. Et ça, c'est la façon la plus droite d'étudier la Torah. La Torah a été donnée pour être accomplie. Celui qui étudie la Torah dans l'intention de l'accomplir, il a la berakha dans la Torah. Et cette Torah s'installe en lui, prend sa place.
Elle reste en lui. Le moment où il faut faire, il fait. Quand il faut enseigner, on enseigne. Elle est comprise avec bon goût, de bon ton, kasher. Elle n'est pas déformée. Contrairement à toutes sortes d'enseignements qui se promènent et qui existent. En particulier, le monde dans lequel on étudie la Torah pas dans l'intention de l'accomplir. Malheureusement, ça existe, par exemple au niveau de certaines universités.
Dans lesquelles on étudie la Torah pour savoir, mais on n'étudie pas dans l'intention de se plier à ce qui est dit. Alors que ce qui est le signe de l'authenticité d'une yeshiva, c'est que dans cette yeshiva, la vraie Torah qui arrive se transforme en comportement.
On continue sur cette Michna. Rabbi Tsadok. Ça, on l'a vu jusqu'à maintenant. Maintenant, ce qu'on voit maintenant: Rabbi Tsadok …
Qu'est-ce qu'il y a, le texte devant lui ? Il lève sa main droite. Tu n'as pas le texte devant toi ? Benyamin, tu as le texte devant toi ? Tu vois ? Alors, levez la main, ceux qui ont le texte à côté d'eux.
Tu n'as pas le texte, Yonatan ? Alors toi non plus, Moshé ? Tu n'as pas de livre ? C'est difficile, quand tu as le texte devant toi sans livre. Toi, tu n'as pas le texte, Eric ? Non, non, il faut… Demande, c'est toi, ce n'est pas ça. Alors, c'est de Ron Yofi. Qu'est-ce qu'il dit, Rabbi Tsadok ? Al ta'asem. Qu'est-ce que c'est, al ta'asem ? Ne les fais pas, ne les transforme pas: c'est la vraie Torah que tu as étudiée.
Une atara, le'hitgadel ba'hem. Qu'est-ce que c'est qu'une atara ? Une couronne. Ben Atar, c'est le fils de la couronne; on dit que ce sont des descendants de David. Atara, c'est la couronne. Non, ne fais pas une couronne le'hitgadel ba'hem, pour t'agrandir aux yeux des autres. Moi, je suis talmid Hachem. Et ça, on va voir comment c'est compris. Ve'lo kardom larpor ba'hem. Il y a différentes versions dans ce texte …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Étude du traité Orot HaTechouva du Rav Kook. La téchouva comme force cosmique de réparation et d'élévation, au-delà de la simple repentance.
- 13
Le Gaon de Vilna et la pensée du Rav KookComment la pensée du Gaon de Vilna nourrit la vision du retour d'Israël chez le Rav Kook. - 14
La descente de l'idéal et sa remontée dans l'histoireOrot HaTechouva, chapitre 10 : pourquoi un idéal doit descendre dans l'acte avant de remonter plus haut. - 15
La conscience, cri intérieur et point de départ du retourComment la voix de la conscience et la psychologie ouvrent la voie à la techouva naturelle. - 16
Torah, techouva et l'amour de Hachem selon le Rav KookLe Rav Kook montre que la Torah et la techouva ont besoin l'une de l'autre pour atteindre la relation intime avec le divin. - 17
Étudier la Torah pour la mettre en pratiqueMichna de Rabbi Ismaël : l'intention d'agir transforme la compréhension du texte et la manière de le transmettre. - 18
Torah et techouva : l'une ne va pas sans l'autreLe Rav Nahon montre pourquoi la Torah donne le critère du bien et la techouva permet de corriger nos appétits. - 19
Yerouret Techouva : la prémisse du repentirComment la volonté de se corriger ouvre le chemin vers son âme, la Torah et la volonté divine. - 20
Volonté et conscience dans la pensée du Rav KookComment la liberté de l'homme permet à la présence divine de se révéler dans le monde. - 21
Volonté et conscience dans la téchouva selon le Rav KookPourquoi la prise de conscience du mal freine d'abord la force, puis la rend au service du bien. - 22
Volonté profonde, âme et techouva constanteComment la techouva libère la neshama et fait vivre la volonté la plus intérieure de l'être.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav