La lumière divine, la joie et le mérite selon le Rav Kook
Comment l'effort de la techouva rend transparent le voile entre l'homme et la lumière divine.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Rav Kook : techouva individuelle et techouva collective, 1 h 02
En bref
Le Rav Yaakov Nahon présente la thèse centrale de Orot HaTechouva du Rav Kook : la rencontre avec la lumière divine est une joie spirituelle et sentimentale que l'homme acquiert par son effort, en rendant transparent le voile que ses fautes épaississent. Il distingue trois niveaux de faute (khet, avon, pesha) et montre que la techouva peut être de réparation ou d'élévation. Il conclut que la simple volonté de faire techouva déjà ouvre une porte de salut, et que l'étude de la Torah s'en trouve transformée.
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Et bien, on va prendre le Hayy, qui n'a pas été vu, donc. Un des grands thèmes sur lesquels le Rav revient souvent dans l'Orot HaTechouva, c'est la relation aimante, vivante, dans laquelle on a le droit, ou pas, de goûter pleinement la joie de la rencontre avec la Lumière divine.
La rencontre avec la Lumière divine n'est pas un phénomène physique, c'est un phénomène spirituel et sentimental. Papa Rouven dit que la rencontre avec la lumière divine, ce n'est pas… C'est vrai que cela se dit en termes de lumière, qui ressemblent à une rencontre physique, mais la rencontre avec la lumière divine est une rencontre spirituelle et sentimentale. Et on porte en nous une princesse, qui est notre âme, qui est de source divine et qui a besoin de retrouver son lien avec la maison royale, c'est-à-dire le divin. Et quand elle revient dans cette rencontre, elle est heureuse au possible.
Mais il y a, pour cette princesse, le devoir d'arriver à mettre en marche le bonhomme qu'il mérite, de permettre à cette âme de goûter la rencontre avec la maison royale. Le problème chez l'homme, c'est qu'il risque de faire des fautes et de perdre ce droit de rencontrer son âme et de lui permettre la rencontre avec le divin.
Le Ramhal, dans un livre qu'on n'a pas étudié, et je ne crois pas que vous l'ayez étudié, mais je vous conseille de le faire, qui est un livre de philosophie aussi, du Ramhal, qui n'est pas Mesillat Yecharim, et qui s'appelle Derech Hachem. Vous avez entendu parler de lui. Dans Derech Hachem, il insiste sur le fait que la joie par excellence, c'est goûter la lumière divine, mais qu'il y a une profonde différence entre quelqu'un qui mange un pain qu'il a acquis par son travail, et quelqu'un qui mange un pain qui lui est donné, un cadeau sans effort.
Et finalement, le Maître du monde, pour nous donner le droit le plus puissant à vivre la rencontre avec la lumière divine, cache d'une certaine façon cette lumière et demande à nous de, peu à peu, nettoyer cette espèce de voile qu'il y a entre la lumière et nous-mêmes.
À travers notre effort, nous transformons ce voile en une fenêtre transparente. Et cet effort de rendre le voile transparent, ou limpide, se dit en hébreu zah, c'est ce qu'on appelle le zehout. C'est le mérout, le mérite. Et le mérite, c'est finalement l'effort que l'on engage pour arriver à transformer ce voile qui est, au départ, entre nous et la lumière divine, en une vitre transparente, en shrurit, en shrut. C'est-à-dire que la rencontre avec la lumière, qui est notre joie, se fait à travers l'effort de l'acquisition de cette chose-là. Et c'est une acquisition totale.
C'est comme ça que l'on goûte le plus pleinement la lumière divine, en l'acquérant par notre effort. Donc la lumière se cache pour qu'on la cherche, pour que l'on rende limpide, par notre effort, le voile qu'il y a entre nous et cette lumière. Et quand finalement on y arrive, on a la double joie de la lumière et de l'avoir méritée. C'est ce qu'on appelle le srout. Mais le contraire du srout, c'est au contraire de salir le voile.
Le se lire par défaut, grâce à l'échelon. Et à ce moment-là, ce potentiel de lumière et de joie s'éloigne. Et la seule façon de récupérer, c'est de refaire Techouva, re-nettoyer, recommencer, mettre Techouva là. Vous êtes dans le cas… En fait, on peut comprendre la Techouva de deux façons. L'une d'elles, c'est le fait de récupérer une situation précédente que l'on a salie par des fautes.
Il y a une autre dimension de la Techouva qui nous est proposée: c'est de nous efforcer de changer la relation que nous avons avec la lumière divine en augmentant nos mérites. Et de cette façon, cela aussi est considéré comme une Techouva. Bon, je vous rappelle qu'au niveau de la faute, il y a trois niveaux de faute, qui se présentent en général sur le plan de la rencontre, ce qu'on appelle Het, Avon et Pesha.
Het, c'est la faute de shogueg, par inadvertance. Il y a une faute parce que tu as dû faire attention, mais ça s'est passé comme ça, je n'ai pas fait attention.
Avon, c'est la faute par tentation. Ce n'est pas ma femme, elle est tellement belle que j'ai envie de la voir. Mais ce n'est pas ta femme. Je n'ai pas réussi à me retenir. Je ne sais pas. Je n'ai pas fait une grande bêtise, mais je l'ai vu. Mais il n'est pas à toi. Il n'est pas à toi de l'avoir, c'est à son mari de l'avoir. Et il y a péché, hein, qui est le péché, par là.
Pesha, c'est: qu'est-ce que tu m'interdis de jouir de la vie ? Ça, c'est le péché. Je me rebelle contre le fait que je dois mériter par l'effort de jouir de la vie, alors que tu m'as mis dans un monde plein de gens. Laisse-moi goûter la vie. Parce que ce n'était pas à toi. Je m'en fous. Ça, c'est le péché, ça c'est la révolte. C'est grave. Mais la Techouva, c'est de corriger tout ça.
Disons que la faute grave la plus courante, c'est la faute par tentation. Je sais que je ne dois pas le faire, j'en suis conscient, ça me fait de la peine de le faire, je ne peux pas, j'aime trop. Je sais que les crevettes, c'est interdit, ce n'est pas caché. Je me souviens, avant de faire Techouva, j'en avais mangé. C'est vrai, il s'est fait Techouva, ma femme. Bon, aujourd'hui, je prends des crevettes. Ça, c'est le Avon. Et puis il y a le péché: laisse-moi tranquille, je fais ce que je veux. Si tu m'as fait, ben, tu m'as fait, ben voilà, maintenant moi je… Laisse-moi tranquille. C'est pas facile, la vie. Laisse-moi goûter la vie.
C'est mal ce que tu fais. Je m'en fous. Non, ça c'est grave.
Il est certain qu'à un autre niveau, certainement au vôtre, vous avez fait votre chemin à la recherche de Yérouchalaïm, à la recherche de la lumière divine. Vous êtes allés chercher comment nettoyer le chemin et arriver au divin de la façon la plus belle, par notre effort humain. Mais ceux qui, malheureusement, ne font pas les choses comme il faut, se trouvent devant un voile.
Alors prenons notre texte, Hei, tel qu'il se présente devant nous. On n'a pas encore lu le Hei ? Non. Ok. Tu as envie de le lire ? Non. Tu as envie, ok ? Un peu. Tu lèves la main. Tu essaies de lire, vas-y, essaie. Mais doucement, doucement, et fort.
— Bon, c'est le Rav qui parle, hein. Et ce n'est pas parce que le Rav fait des fautes qu'il ne sait pas ça. Il sait ça du Roua HaKodesh. Mais il voit les choses. Ce n'est pas un pécheur qui parle. C'est un illuminé qui connaît le monde. Qui connaît le monde. Vas-y.
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