La techouva collective et le génie d'Israël chez le Rav Kook
Comment la techouva individuelle ouvre à la conscience de la providence qui guide le peuple d'Israël.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva personnelle et techouva collective chez le Rav Kook, 43 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente une page d'Orot HaTechouva du Rav Kook sur la techouva individuelle et la techouva collective. Il montre que la Providence divine agit à la fois sur l'individu et sur le destin du peuple d'Israël. Il explique que faire techouva permet de comprendre le salut collectif d'Israël et la direction que prend son histoire.
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Je vous renvoie au titre du paragraphe, à la page Lamed Hé. Gary, tu peux nous lire le titre, tout simplement. Je traduis: techouva pratit yechidit, la techouva particulière, individuelle, de chacun.
Et pour comprendre, on va rajouter quelque chose. D'abord, je traduis: va'tchouva kelalit ta'olamit, la techouva générale, collective, à un niveau mondial, ba'olam ou be'knesset Yisraël. Il faut être bien conscient qu'on est devant un texte du Rav Kook. Et le Rav Kook, zikhrono tsadik livrakha, avait une notion du collectif qui faisait partie d'une partie essentielle de son âme.
Le Rav Kook, depuis qu'il était enfant, tout le monde… Je n'ai pas connu le père, j'ai connu le fils, des années Baou Hachem. Le père, on ne l'a pas connu, mais c'était quelqu'un qui était connu comme ayant, depuis son enfance, la plus tendre, un sens collectif d'Israël, essentiel. C'est lui qui l'a dirigé toute sa vie. Donc pour lui, des notions telles que la techouva collective font partie de choses évidentes. C'est un homme qui est au niveau de la compréhension de ce qui se passe au niveau d'une providence derrière le collectif d'Israël. Chaque particulier, nous avons une providence spéciale qui nous accompagne. Mais il y a des grands mouvements dans l'histoire, qui sont essentiellement les mouvements du collectif d'Israël. Et l'âme d'Israël se confond avec le Kissé HaKavod, c'est la résidence divine qui traverse l'histoire à travers l'histoire du peuple d'Israël.
Dans le contexte de ce périple d'Alet, on avait déjà avancé un tout petit peu. Je voudrais reprendre vite un texte en quelques lignes, trois, quatre lignes, du paragraphe Dalet, à la page Lamed Vav, en bas. Je crois que tu as peut-être vu avec moi, Gary. On va le relire, si vous voulez. Page Lamed Vav, pour voir dans quel état d'esprit on lit ce texte. Tu lis, Gary: Atéva olami.
Atéva olami. Je traduis. On a vu ce texte, mais c'est un texte qui est bien pour rentrer dans le contexte de ce paragraphe. La nature du monde entier, c'est-à-dire le monde entier pris dans sa grandeur d'un côté, et à côté de lui, chaque yetsir prati, chaque créature, qu'il y a une toute particulière. Et parallèlement à ça, dans la notion du temps, historia enoshit, d'une part l'histoire de l'humanité de façon générale, et kol ish yehidi houma asav, et chaque homme, individuel, et ces actes très précis qui correspondent à cet individu-là, dit le Rav.
Ces hayyot mesukarim beskira ehad* doivent être analysés sous le même regard et mis en référence avec la même source de vie. Ça, je rajoute, mais c'est ce que le Rav veut dire: ketochen ehad, comme un même contenu, bal prakim shonim, qui a différents éléments. Et alors, quand on regarde ça comme ça, me'hereth or hada'at (), la lumière de la connaissance se presse, laquelle connaissance, quand elle s'impose d'elle-même, apporte les mouvements essentiels de l'âme, à savoir la techouva. C'est ce qu'il dit: ame'viya lidei techouva. Cette connaissance, qui est capable d'apporter la techouva, me'hereth lavo, se presse de venir. Comprenez ?
L'idée qui est derrière là, c'est de prendre conscience de l'immensité de la Providence divine, qui est quelque chose qui, à notre niveau humain, doit être compris comme, j'allais dire, une foulée. C'est incroyable… au niveau de l'homme, cette capacité qu'a le Maître du monde de suivre l'aventure d'une petite fourmi dans les détails de sa problématique personnelle, ou de suivre l'histoire de l'humanité dans toute sa grandeur, et de poursuivre finalement les événements, de suivre tout un programme qui doit se développer jusqu'à la fin des temps, yemot hamachiah, à la fin duquel va se libérer, de façon générale, la prise de conscience de la grandeur divine. Et ça, c'est le but de la création. Le but de la création, c'est, comme on en a parlé souvent, de faire connaître les Noms de Dieu.
Je reviens encore sur des thèmes dont j'ai parlé souvent, mais cette idée, cette prise de conscience que le Maître du monde a un nom, ça veut dire qu'avant la création même du monde, dans cette vitalité essentielle qui est la vitalité divine, la notion de l'autre en face de nous-mêmes est une notion essentielle au niveau de la vitalité. Qu'est-ce que c'est qu'un nom ? Un nom, c'est quelque chose à travers lequel l'autre te connaît. C'est-à-dire que, essentiellement, dans cette création, il y a, entre autres, mais certainement
un point essentiel, la rencontre entre l'un et l'autre. Et c'est quelque chose qui est essentiel. Ça se traduit ensuite dans les niveaux les plus puissants de la vitalité divine. Par exemple, au niveau de la mystique divine, c'est un des thèmes essentiels: c'est le thème du couple. Pour ceux qui ont un tout petit peu une connaissance de ce qui se passe au niveau, par exemple, de la prière dans la mystique juive, ce sont des dimensions masculines et féminines qui grandissent de façon à se rencontrer.
Et qui se rencontrent et qui produisent ce thème-là. C'est un thème de connaissance et d'unité, une unité qui est une unité pleine de richesse. Ce n'est pas du tout, quand tu vois, par exemple, une mosaïque qui te donne un dessin: cette mosaïque, avec ce dessin, c'est quelque chose qui est unifié, mais c'est plein de dimensions qui sont l'une en rapport avec l'autre. Ce n'est pas de la purée de pommes de terre. Ce n'est pas une unité comme une purée de pommes de terre, ḥass véchalom. Ce n'est pas du tout ça. C'est une vitalité d'une intensité énorme, avec la richesse du multiple dans la vitalité, et tout ça est quand même réuni dans l'unité.
Un des exemples, en petit, c'est ce petit texte dans lequel, d'une part, on parle de la rencontre avec un élément tout petit. Quel ? Yetsir prati, un être tout petit. Ça peut être une fourmi, ça peut être les cellules d'une fourmi. Si on commence à se rendre compte de la quantité d'intelligence qu'il doit y avoir pour mettre en vie la cellule d'une fourmi, il doit y avoir une centaine de milliers de « patentes » d'intelligence qui font vivre cette cellule. Et d'autre part, quand tu regardes l'immensité du cosmos dans toute sa grandeur, et la façon dont c'est évolué, tout ça se réfère au même Maître du monde. Alors, quand on prend conscience de cette immensité de connaissances, on est obligé de baisser la tête et, si on n'est pas à la hauteur, de faire des choses.
Je relis le texte, si vous voulez, doucement. Kol ish yehidi houma asav, sikhim liyot mesukarim beskira ehad. Le mot skira veut dire « analyser », « inspecter », « comprendre ». Comment ? Je te dis liskor, skira c'est le verbe, liskor c'est « analyser », « comprendre en profondeur ». À travers la même analyse. Tu dois essayer d'utiliser tes moyens de connaissance, d'analyse, de prise de conscience de la création divine, aussi bien au niveau d'un petit élément, où tu auras déjà un travail énorme, que dans l'analyse de mouvements collectifs énormes à l'intérieur de l'histoire. Et tu verras que l'un et l'autre se réfèrent au même …
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