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Volonté et création : l'union avec le Divin

Le Rav Kook décrit la dvékout, union de l'âme avec son Créateur, et le rôle de la techouva dans sa libération.

1 h 00

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : La techouva collective et le génie d'Israël chez le Rav Kook, 52 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente un passage du Rav Kook sur la rencontre vivante avec le divin, à partir de la guématria de Ratzon (volonté) et de Chemot (nom), qui sont égales à 346. Il explique que la techouva sert à libérer en l'homme la capacité d'union (dvekout) avec son Créateur, et que faire la volonté divine crée un lien de connaissance intime. Il relie ce thème à la période de l'Omer, entre Pessa'h et Chavouot, où se conjuguent travail sur les midot et réception de la Torah.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## La rencontre vivante avec le divin

On est dans un de ces textes dans lesquels le Rav Kook se lance dans une description très mystique de la rencontre vivante avec l'Esprit-Divin. C'est vraiment très de l'Aqba Homer. C'est fait pour aujourd'hui. J'ai dit avant que j'étais à Méron hier soir. Je me suis retrouvé en train de danser avec plus de cent mille personnes, vraisemblablement presque deux cent mille, je suis sûr. Dans la même esplanade, avec un orchestre d'une quinzaine de personnes, en train de chanter. Et tu sentais Erets Israël, vraiment. C'est le surtout, c'est leur spécialité. Mais là, c'était très fort. Je crois que ça correspond vraiment à ce texte-là.

Il y a quelque chose de cet ordre: tu appelles quelqu'un par son nom. Tu le connais et tu l'appelles par son nom, et il se fait un contact entre toi et lui à travers ton appel. Tu appelles, il attend, et tu sens que cet appel a créé un lien. Il y a un lien très intime qui se passe à travers cette expression-là, le fait d'avoir appelé quelqu'un et que le contact se soit fait après l'appel. Et je vous ai dit…

On en a parlé, on va en reparler encore. C'est une guématria toute simple. Le mot Ratzon a la même guématria, d'accord, que le mot Chemot. Le mot Chemot, c'est 346. Et le mot Ratzon: Resh, c'est 200, Tsadi, c'est 90, Vav…

Il y a quelquefois une dimension de rencontre intime, de l'ordre de ce que l'on vit quand on appelle quelqu'un et qu'il vous répond: le fait qu'Am Yisraël accomplisse la volonté divine. À travers le fait que je sais ce que Hachem veut que je fasse et que je suis prêt à le faire.

Il y a dans cette situation quelque chose qui relève de la rencontre entre deux êtres qui se sont appelés l'un l'autre. Et c'est un peu ce que le Rav évoque ici et développe en termes de dvekout. Ceux qui ont lu un peu de littérature de Chassidout savent que la Chassidout donne beaucoup d'importance à cette expression, dvekout. Le mot dvekout vient du mot devek. Le mot devek, ça veut dire ? La colle, c'est-à-dire l'union.

Il y a chez nous, chez l'être humain, du fait qu'on porte en nous-mêmes une âme d'ordre divin, sans aucun doute, une âme divine, et en tant que telle, à l'intérieur d'Israël aussi collective, parce que c'est ça: l'âme d'Israël est collective. Il y a une capacité de rencontre entre cette âme et sa source, qui relève de la dvekout, de l'union pleine, pleine de relations, de considérations, de connaissances, entre l'âme et son Créateur. Et le Rav décrit ici le fait que la techouva, finalement, a pour but de libérer ce potentiel d'union. Parce qu'il faut quand même être conscient que l'homme a été créé

au départ, a priori, pour être conscient de la grandeur d'une union très profonde, et pour être conscient, à travers cette union, de la grandeur divine. Je vous ai dit, et ça fait un peu peur, à la limite: quelle est la raison d'être de la création ? On en a parlé plusieurs fois. Mais quelle est la raison d'être de la création ? Dans les livres saints… Le fait que ça fait partie de l'existence dans son expression la plus essentielle: d'être connu. Je vous ai dit plusieurs fois cet exemple, et je fais toujours très attention parce qu'il risque d'être dévié. Mais c'est comme une femme d'une beauté inouïe. Imaginons quelque chose: une femme qui porterait une beauté énorme en elle ne pourrait pas être vraiment elle-même si elle n'est pas connue. Une partie de son être sait qu'elle doit être connue, parce que cette beauté, cette splendeur-là, est faite pour être vue.

Maintenant, quand tu penses à ça avant la création, c'est très difficile à comprendre: qu'est-ce que ça veut dire, le monde avant la création ? C'est très difficile. Mais dans les textes saints, on te dit que cette création était nécessaire, parce que, quelque part, il était nécessaire que cette splendeur soit connue. Et c'est à travers l'union de connaissances qui se fait chez nous, en faisant Sa volonté et en connaissant Son nom, que se crée ce lien entre Am Yisraël et son Créateur, une connaissance d'une puissance énorme, dans laquelle se révèle

qu'on nous permet de révéler quelque chose qui apparemment est absolument nécessaire: la splendeur divine. Il faut qu'elle soit connue. Et c'est à travers nous que cela se fait.

Il peut, dans Son intelligence inouïe, faire vivre à une créature l'impression d'être une. C'est un peu ça. Il y a une apparente contradiction entre la notion de Tsimtsoum d'un côté et l'omniprésence divine de l'autre. Mais disons que la réponse se trouve autour de ça.

On peut donner à une création, quand on est le Maître du monde, l'impression d'un Tsimtsoum. Mais je crois que l'être créé, dans ces conditions-là, vit la rencontre. Sinon, il n'y aurait pas de rencontre. Il y a un mouvement qu'il faut permettre, et ce Tsimtsoum vécu comme apparent permet, de la part de la créature, ce mouvement-là. C'est un peu dans ce sens-là, je crois.

Tu t'imagines qu'on ait tous travaillé ce genre de choses depuis… On avance dans le texte, c'est bien. HaTechouva, Moukha Hachati, la Askala Elokit. Askala Elokit, disons que c'est la capacité qu'a l'être créé de comprendre et de connaître le divin.

Là, c'est ce qu'on appelle Askala Elokit: c'est le fait de cette rencontre consciente du divin. Alors on nous dit: la techouva est nécessaire chez la créature. Elle doit vivre cette dimension de techouva pour accomplir cette rencontre de connaissance. Maintenant, ce que je vous ai dit entre Ratzon et Chemot, ça veut dire: Sa volonté à Lui, quand je l'accomplis et que je La rencontre,

ça me permet de Le rencontrer dans une rencontre qui relève de l'ordre de la rencontre après une connaissance de Son nom. Je Le connais. Alors le Rav dit ici, dans cette phrase: Imoutz ha-ratson. L'itamed, c'est l'effort, c'est-à-dire le fait de mettre en force notre volonté. En passant, vous le savez, mais on l'oublie parfois: le mot Ratzon est quand même lié au mot Ratz,

qui veut dire courir. En tout cas, il y a dans cette notion de Ratz quelque chose qui est mouvement. C'est-à-dire que, quand je veux vouloir, c'est quand même un mouvement vers. Cette volonté mise en marche, et le fait qu'elle est éclairée dans sa dimension de vouloir,

c'est un événement très « cœur ». Vous comprenez ce que je veux dire ? Vouloir, c'est très « cœur ». C'est le cœur qui veut. Yimatsa sékhel: mettre de la force dans la conscience, essentiellement dans la conscience de la volonté divine. C'est ce qui passe à travers l'expression yimatsa sékhel chez l'homme: le fait que l'homme est conscient, il est grand, dans sa conscience de la volonté divine. Ils sont liés l'un à l'autre.

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