Le goût du fruit déjà sur le chemin
Le Rav Kook montre que l'idéal se vit dès le départ, comme le parfum du but qui porte l'effort, et que la paresse en est le contraire.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva, tikoun du futur et contact avec Hachem, 51 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le texte du Rav Kook sur la création et la volonté divine : le monde est orienté vers un but, et l'idéaliste vit déjà sur le chemin la joie de ce but, à l'inverse du paresseux. Il explique que l'imperfection de la matière et l'effort qu'elle impose ne sont pas un échec, puisque la techouva peut rétablir rétroactivement la valeur idéale d'un chemin même difficile. Il rattache enfin cette idée à la construction d'Eretz Israël, présentée comme le chemin collectif où se réalise le projet divin.
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## L'idéaliste et le but
Alors, le thème qui s'exprime là-bas, en termes de ex perio se peri, c'est le thème de la façon dont on arrive vers une Megama, dont on conduit une Megama vers un certain but. Qu'est-ce qu'un idéaliste ? L'idéaliste, c'est quelqu'un qui vit déjà sur son chemin avant même d'arriver au but final. Il vit déjà la joie du but final, même s'il n'est pas encore arrivé. Quelqu'un qui monte en Israël, c'est un idéaliste: déjà en France, il sent Erets Israël depuis là-bas. Ce qui le prépare à venir en Erets Israël, c'est le Etz Péri, et venir en Israël, c'est le Péri. Mais sur son chemin, il sent ça, il vit cette dimension-là.
Et c'est pour ça que le Rav insiste sur le fait que cette dimension de Etz Péri au Sey Péri est le parallèle de la notion d'idéalisme. Et le contraire, c'est la paresse. La paresse, c'est ce qui, finalement, cache cette capacité de sentir le but. En réalité, les buts ont un sens. Mais le paresseux se dit: bon, il est bien prêt, il est prêt à manger le repas à la fin. Mais tout le travail de préparation du repas, il n'est pas tellement prêt à le faire. Par contre, la bonne cuisinière, la bonne mère, et tout ça, elle porte déjà, elle chante déjà dans sa cuisine pendant qu'elle prépare son mets. Et quand le mets arrive, il arrive avec tout son goût; il est déjà sur le chemin, il est porté par lui. Il n'y a pas d'idéal… On va voir le texte du Rav. C'est très net, c'est très net dans le texte du Rav.
## Lecture du texte
Je commence un tout petit peu plus loin, à la page même tête de notre édition jaune. Même tête. Tu as ça ? Nathanel, tu as le texte là-bas ? Alors, au début, on nous dit Mitrilat Abriya; au début, Ayata Maetz. Bon, ça, c'est aussi une question. Aya ou Ayatsarir ? Le Rav dit Aya, mais est-ce que c'est Aya ? Raoui, Aya. Au début, on pensait qu'on arriverait à ce que… Raoui aya tam ha etz. Tiens, j'ai un livre pour toi aussi.
Nous apprécions fortement votre venue. Dans Mitrilat HaBriya, raoui aya tam ha etz liyot gam hou ke tam piriyot. Vous comprenez ce que ça veut dire ? Raoui, c'est digne. Le goût du etz, qui est celui qui va mener au fruit: liyot gam hou ke tam piriyot, et c'est le terme de etz piriyot, c'est tout.
Mais finalement, ça n'a pas marché. Maintenant, le Rav traduit cette notion-là au niveau de tout ce qui s'appelle aller vers une Megama, vers un but. Tu le fais avec chaleur quand tu es prêt, tu comprends. Je dis vrai, je t'assure, je ne traduis pas. Le Rav reprend ça de façon générale. Ce thème-là est repris à la seconde ligne.
Dans Zahim, seconde ligne de Zahim, Pachmemtet, Perek Vav, Pachmemtet, tout sur ta gauche, le petit Seif Zahim; on est à la seconde ligne, Kolaim Zahim. Donc Kolaim Zahim, c'est-à-dire tous les moyens, Amarziki Mezo Megama, qui tienne, qui soutienne une Megama. Megama, c'est un but. Ici le Rav parle au niveau spirituel, mais c'est même notre monde. Un but spirituel supérieur, klali.
## La dimension collective
Le Rav, quand il veut insister sur la puissance spirituelle de ce dont on parle, parce que ça, c'est la grandeur du Rav Kook, c'est son grand, grand, grand message: le fond et le plus beau de notre âme, c'est la dimension collective. Dès que l'on rentre dans une dimension collective, se trouve le doigt divin qui est là. Dans l'individu, ce n'est peut-être pas la hachgaha divine, parce que la hachgaha divine ne joue pas toujours au niveau de l'individu. C'est vrai que oui, mais pas dans les mêmes façons. Mais la façon dont HaKadosh Baroukh Hou mène le collectif d'Israël, c'est vraiment la main de Dieu qui dirige. La sortie d'Égypte, c'est le Bon Dieu qui a décidé. Qu'est-ce qui sort ? Là, Israël. Si un homme rentre ou ne rentre pas dans ce médium-là, il participe ou pas à cette dimension très profonde.
Quelqu'un qui a une neshama, une vraie neshama yéhoudite, c'est celui dont la vitalité de l'âme est profondément liée à la dimension collective d'Israël. Et le Rav insiste sur ça tout au long. Dans Orot HaTechouva, c'est un leitmotiv, et c'est aussi le grand message du Rav Kook. C'est ce qu'on entendait, béssouf, de la bouche de son fils, Rihonot, Tzadik, Divakha, Rav Siouda. Combien il était… Tu le voyais, on voyait le Klal Yisrael vivant. C'était vraiment impressionnant. Entrer chez lui, dans la chambre, tout à coup, le kot était là, la shekhina était là, etc. Mais lui, son fond, son monde intérieur, il portait en lui Nichmat Israël. C'était très fort.
Le Rav dit ici que c'est la dimension collective, ça devrait être… Réouim, Ayyumut Chashim, et il faut être Mou Chashim. Mou Chashim, c'est quoi ? La chouche, sentir, sentir. Bechouche nishmati, avec un sens spirituel d'olam. Be'otoh haGov haNoam, avec la même hauteur et la même grâce. Che etsem haMegamah, que le but lui-même mourgé shedvor, quand on le désigne devant nous. Je pense au but dernier, final.
Quand je pense au but final, sur mon chemin, j'oublie quelquefois vers quoi, vers le chemin. Normalement, un idéal qui est à la hauteur devrait, tout au long de son chemin, nous soutenir avec une joie qui ressemble à la joie de ce que l'on recevra quand on arrive vraiment au but final. Et les idéalistes, ce sont ceux qui sont capables de faire vivre sur leur chemin toute l'intensité de la spiritualité, même avant d'être arrivé au but final. C'est clair, non ? Le Rav dit que la vie, dans ses difficultés, fait que ce n'est pas toujours possible.
Il y a là des thèmes philosophiques d'une profondeur sans fin autour de ça. Qu'est-ce que ça veut dire que, quand ça rentre, c'est intention divine ? Quand l'intention divine se met à créer…
## La difficulté de la volonté divine dans le monde
Il y a quand même une certaine difficulté. Il y a un temps, il y a un travail, il y a un temps de conception pour arriver à quelque chose, avec ces difficultés aussi. Même au niveau de la façon dont la volonté divine se réalise dans le monde. Dans ce monde, malgré l'immensité et l'infini inouï de la grandeur divine et de sa qualité… on n'en parle pas, c'est de la folie. Mais, apparemment, malgré tout ça, il y a quand même quelque chose qui fait qu'il y a encore un chemin à faire.
Alors, le mot se traduit par Réoui Mayou. Ça aurait dû être comme ça, mais ça n'a pas été comme ça. Finalement, la terre n'a pas fait ça. Comment sait-il que la terre n'a pas fait ça ? Comment est-il possible que la terre, créée par le Maître …
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