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Création, volonté et élan intérieur vers le but

Le Rav Kook montre que chaque chemin authentique porte déjà la joie de son but, et que la volonté divine agit dans le collectif d'Israël.

1 h 04

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Le goût du fruit déjà sur le chemin, 49 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le chapitre 7 d'Orot HaTechouva du Rav Kook, consacré à la création et à la volonté divine. Il montre que la techouva, le retour et la correction intérieure, est au cœur du projet humain : l'homme est à la fois animal et ange, et la possibilité de corriger rétroactivement ses fautes rend ce projet viable. Il s'appuie sur le verset de la Genèse où la terre produit des arbres « qui donnent un fruit » plutôt que des arbres dont le fruit porte déjà le goût du fruit, pour expliquer qu'un idéal authentique doit déjà être vécu dans le chemin vers le but.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, si vous voulez, on va commencer. Eyal, si tu veux, on va commencer à lire le début du Pérek, d'abord le titre. Chaque fois, le titre, tout ça, ça a été mis en page par des guedolim, c'est-à-dire que pratiquement toute la pagination d'Orot HaTechouva, je vous en ai parlé, c'est un peu le résultat d'un travail commun entre deux géants, papa et son fils. Parce que Rav Siouda a beaucoup travaillé avec son père pour la présentation des textes de son père. Et Rav Siouda, c'était quelqu'un qui

avait vraiment le sens du tsibour, un maître de l'enseignement. Ce n'est pas tellement quelqu'un qui écrivait. Il y a de très beaux textes de Rav Siouda, mais sa grandeur n'est pas tellement dans la direction de l'écriture, elle est dans le fait qu'il se déployait vraiment dans son enseignement. Il y a plein de cours toute la semaine. Et il était profondément conscient et fou d'admiration pour la grandeur de son père. Et sa sœur encore plus. Ceux qui me connaissent, sa sœur… Je vais raconter une anecdote comme

ça, comme c'était. Nous, on a étudié une partie de notre temps dans le contexte de Merkaz HaRav. Quand Merkaz HaRav était au début en vieille ville, il n'était qu'en ville, à la Hevra Rav Kook, à côté de Kikar Tsion. Vous connaissez un peu l'édifice, là-bas ? Vous n'avez jamais été là-bas ? Puis ensuite, Merkaz HaRav s'est trouvé ici, à côté. J'ai une anecdote que je vous ai racontée une fois, mais elle est… J'étais présent, et je n'oublie pas ce que c'était.

La sœur du Rav Siouda est une tsadik, Bitya. Elle a eu des enfants, enfin des talmidé hakhamim plus tard. Une fois, on voulait donner un cours dans la maison du Rav Kook, là-bas. Dans cette salle, qui était la salle centrale dans laquelle les cours se donnaient, s'est aussi organisé un tout petit peu, un tout petit peu comme un musée. Il y a un endroit avec la chaise du Rav Avraham Its'hak HaCohen Kook. Une fois, quelqu'un est rentré et s'est assis sur cette chaise. Tu te souviens

de ça ? Mais je me souviens, je n'oublierai jamais la façon dont la fille a réagi. Elle n'arrivait pas à comprendre qu'on puisse s'asseoir sur cette chaise. Ceux qui étaient rentrés ne savaient peut-être pas. Mais pour elle, c'était impensable que quelqu'un puisse s'asseoir sur la chaise où son père s'est assis. Parce que son père, c'était… Ceux qui l'ont connu de près, le grand Rav Kook était vraiment transporté par sa grandeur. Et la façon dont ensuite le Rav Siouda parlait de son père, Abba, quand il disait

Abba, c'était du miel qui coulait dans l'eau.

Notre génération a eu beaucoup de chance. Ceux qui connaissent le Rav Kook et qui cherchent à l'utiliser comme il faut pour comprendre notre époque, c'est vraiment une aubaine. Ce n'est pas tout le monde qui le fait, ce n'est pas tout le monde qui rentre dans ça, mais vivre en Erets Israël actuellement, être près de la pensée du Rav Kook, c'est être près de toutes sortes de portes positives, pleines de lumière. Des bonnes portes. On a déjà fait quelques paragraphes dans ce chapitre, mais on prend le titre du Pérek Vav. C'est toi qui lis, Ayam. Pérek Vav.

Je traduis ensuite, on va un peu insister sur le message qui est présent ici. Metsiout, c'est la présence, l'existence. Pe'ula, l'action, l'action intérieure chez la techouva. Be'omqé guinzé Adam: omqé, c'est le mot omeq, qui veut dire « profondeurs ». Donc, dans les profondeurs, guinzé Adam, des trésors intérieurs, ou du monde intérieur. L'idée de guenisa, vous la connaissez: une guenisa, c'est un endroit où on a caché, où on a gardé. Guinzé Adam, c'est dans les profondeurs cachées de l'homme, ou profondes de l'homme, mais pas uniquement de l'homme. Regardez ce que dit le Rav. Guinzé Adam, il continue.

Il continue. Il parle de l'homme. Et quand il parle de l'homme, puisqu'il y a ensuite Knesset Israël, il parle de l'homme dans l'ensemble de l'humanité. Ve'olam, quelque chose qui existe au niveau de la création du monde elle-même. Je crois que c'est comme ça qu'il faut comprendre: pas l'homme uniquement, mais des dimensions de toute la façon dont la création avance dans l'histoire, avec un projet divin. Et Knesset Israël, c'est le collectif d'Israël. Fermez la porte, je pense. Ça, on peut le prendre, certainement. Si vous voulez encore des livres, je sais qu'il y en a trois à un étage en dessous. Tu sais où c'est ? Tu sais, là-bas. Je ferme la porte parce que je veux avoir une présence.

Et ce qui vient vraiment du mot metsiout, cette notion de présence de la techouva au fond de nous-mêmes… [silence]

Ça insiste sur ce sur quoi je vais sans arrêt parler: le fait que cette vitalité et cette utilisation de la techouva sont indispensables si on comprend l'immensité et l'espoir qu'il y a dans le projet de l'homme. Parce que la complexité de l'être qui s'appelle un homme, et la diversité et l'extension des différentes valeurs qui, en principe, devraient vivre en accord et en harmonie dans cet être, sont tellement nombreuses qu'il est impensable de croire que le projet de l'homme est valable si on ne peut pas l'unir à la notion de techouva, qui est le fait qu'on apprend peu à peu à vivre.

Tous ceux qui ont fait un travail, par exemple de peinture, de dessin, ou d'écriture, quand on veut écrire un texte, savent à quel point on commence, et qu'ensuite on évolue jusqu'au moment où on décide d'écrire finalement ce qu'on veut faire. On se rend compte qu'il y a tout un travail de préparation, qui est important comme tout, et qu'on peut, qu'on doit nous permettre de vivre.

Ce qui se passe d'un autre côté, c'est qu'une partie de l'humanité n'est pas instinctivement consciente du potentiel de la techouva, et de à quel point l'humanité est concernée par la techouva. La preuve, c'est que nous avons des civilisations énormes, comme par exemple la civilisation grecque, qui méconnaît la techouva. Les gens qui ont fauté sont coincés dans leur enfer, et ils ne peuvent pas en sortir. Alors que, quand on rentre à l'intérieur de la mystique juive, non seulement la techouva est quelque chose d'essentiel dans la vie, mais elle couvre même l'histoire de l'humanité. Quand on lit de grands textes, par exemple sur les Guilgoulim, du Ari, on voit à quel point une personne vient, elle a fauté, elle n'a pas encore corrigé, et une autre génération lui vient.

Dans l'intention de corriger, elle doit corriger encore, et encore, elle peut corriger. C'est-à-dire que l'intention du Créateur est d'arriver peu à peu à mettre sur pied un être réussi. Malgré sa complexité, malgré sa sensibilité, et la différence des mondes qui s'unissent autour de lui, le projet humain est un projet valable.

Je ne vais pas revenir sur le sketch, je vais revenir en une minute, mais je vous ai dit: cette espèce de sketch, qui dit que HaKadosh Baroukh Hou, avant la création du monde, dit …

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