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Prophétie fausse et idolâtrie selon le Rambam

Le Rambam distingue le prophète qui parle au nom d'une idolâtrie et celui qui modifie la Torah au nom de l'Éternel.

55 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Halakha Moshe MiSinaï : ce qui relève vraiment du Sinaï, 53 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente la préface du Rambam (Qala Michna) sur la prophétie : il distingue les faux prophètes qui prétendent servir une force étrangère à la Torah, qu'ils parlent au nom d'une idole ou au nom d'Hachem lui-même, et ceux qui prétendent modifier une mitsva ou la lecture traditionnelle de la Torah. Il explique que la Torah ne changera pas, que sa transmission orale et ses méthodes d'exégèse fixent ce qui est ajouté ou retiré, et qu'un prophète ne peut créer une halakha nouvelle, même accompagné de miracles. Le cours annonce la suite sur la manière dont un prophète authentique se reconnaît à l'accomplissement exact de ses annonces.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chalom. Nous reprenons notre étude du texte de la préface du Rambam, Hakdama LaMichna, dont le thème central est la transmission de la Torah. La dernière fois, nous sommes arrivés à un point essentiel, en particulier en relation avec toute une série de personnages qui sont apparus dans l'histoire et qui ont voulu, d'une certaine façon, influencer notre Torah en prétendant qu'ils étaient des prophètes, et que leurs prophéties pouvaient modifier la Torah que nous avions déjà reçue de Moshe Rabbénou. Le Rambam consacre quelques pages à nous expliquer ce qu'est la prophétie de façon générale. Quel est le rôle de la prophétie à l'intérieur du peuple d'Israël ? Quelles sont les prérogatives du prophète à l'intérieur d'Israël ? Dans quelle mesure peut-il intervenir, ou ne pas intervenir, dans le cadre de la Torah ?

Je vous le dis déjà à l'avance: préparez-vous, car un point essentiel va être souligné pour nous. En aucune façon, un prophète, aussi grand soit-il, ne pourra changer la Torah telle qu'elle a été donnée par Moshe Rabbénou. Et les lois de ramification de la Torah, dont nous avons parlé la dernière fois, les Yod Gimel Midot, c'est-à-dire les méthodes de l'exégèse de la Torah, sont des méthodes logiques qui ne sont pas en rapport avec l'expérience de la prophétie. C'est quelque chose qui relève de l'ordre de la sagesse, de la Hokhmah, mais pas de la prophétie.

Dans les quelques pages qui suivent, le Rambam présente de façon très claire le rôle du prophète à l'intérieur du monde d'Israël et sa relation à la Torah. Mais avant de parler de la prophétie à l'intérieur d'Israël, le Rambam situe la prophétie de façon très générale. Nous nous trouvons donc dans notre texte de Hakdama LaMichna, dans l'édition de Rav Kook, à la page Teth Vav (ט"ו), et le Rambam va nous présenter ici les différentes façons dont la prophétie s'est manifestée dans l'histoire.

Éliézer, si tu veux bien, tu peux nous lire le début de la présentation sur la prophétie telle que le Rambam la présente. Commence à partir de la deuxième ligne de la page Teth Vav, sur notre gauche.

> Mitnabé b'chem avodah zarah ou mitnabé b'chem Hachem … Ve'haparacha avodah zarah ha'mitpaelet be'shnei hel'kim. Hel'kah harishon sheh'hanavi mitnabé … Ve'hel'kah hasheni … Yomar Hachem…

(Le passage hébreu lu à voix haute n'est pas exploitable de manière fiable dans l'enregistrement; les formules ci-dessus restent incertaines.)

Ayah el ayil levah Hachem la'avod. Ou yorid koach ploni la'inyan ploni. Ve'yagid lahem inyan me'inyanéh avodot la'parahim she'ushim otam kmo avodah harim, kemo shenit yasev et zelenu ba Torah. Gam ze mitnabé b'shem avodah zarah. Shireh Hachem kulam. Mi she'yomar she'yit be'atumar tzivta la'avod otam.

On s'arrête ici à ce niveau. Nous entrons un peu dans le texte. Le Rabbin dit que l'essentiel de notre connaissance, de notre émouna en ce qui concerne le thème de la prophétie, repose sur ce qui va être dit maintenant. Il s'agit de ce qui se rattache à ce qu'on appelle la prophétie. On peut diviser cela en deux catégories.

Il y a ceux qui font une prophétie au nom d'une idolâtrie. C'est ce que l'on appelle ici Bechen Avodah Zarah. L'expression Avodah Zarah signifie un culte étranger à celui de la Torah, extérieur. Zar veut dire étranger. L'Avodah Zarah est un service qui dirige vers une force supérieure, mais c'est quelque chose qui nous est étranger, qui n'est pas à l'intérieur de la Torah. C'est ce que nous appelons une idolâtrie. Quelqu'un prétend parler au nom du Dieu d'Israël; c'est ce qu'il dit: Mitnabé bachem.

Dans la première partie, il s'agit donc de prophètes qui se prononcent officiellement au nom de l'idolâtrie. Dans ce contexte, le Rambam distingue deux types d'idolâtrie.

Premièrement, dit le Rambam, Khelek harishon: Ki yakoum navi, quelqu'un qui se prétend prophète de quelque chose. Il y a une voix, il y a un message porté par sa voix, et une force supérieure qui l'habite. Il dit cela au nom de cette force supérieure. Notre prophète se lève et dit: une certaine étoile, là-bas, dans le ciel, m'a envoyé un message. Ki-ve'hof ploni … natan alay ruho: elle a mis son esprit sur moi, et m'a dit: Avod oti be'fekar … Sers-moi, fais tel service, de telle ou telle façon. Ou bien, si tu veux m'implorer, si tu veux t'adresser à moi, adresse-toi à moi en ces termes, comme ceci ou comme cela, et je te répondrai.

Cette personne prétend qu'il existe une force quelque part dans le ciel, et qu'elle en est le Shaliach, l'envoyé. C'est une étoile, avec sa puissance, qui existe dans le ciel. Dans l'histoire, toutes ces choses sont venues avec des puissances plus ou moins réelles et des mensonges plus ou moins grands.

Ou bien, il s'agit de Hamkriv be'nishlavot be'tzelem minei hamazalot, c'est-à-dire se prosterner et servir une statue parmi les statues, ou un talisman parmi les talismans, une pierre, quelque chose de ce genre. Il dit alors: Ze odyan ibeka'er ve'yigid lekha, c'est-à-dire: il m'a dit de le servir de cette façon-ci, comme le faisaient par exemple, à l'époque, les prophètes du Baal, qui était une force connue à cette époque, ou bien l'Achéra, une idolâtrie qui tournait autour du culte des arbres.

Voilà pour la première partie, dans le cadre de l'Avodah Zarah.

La seconde, dit le Rambam, c'est Ayah el hidavar Hachem la'avod. C'est-à-dire qu'il s'agit vraiment de quelqu'un qui prétend que celui qui l'envoie est le Dieu d'Israël, Hachem. Il dit: Hachem m'a dit de servir de telle façon, ou de servir telle force à propos de tel sujet. Il explique plus ou moins tout le type de service qu'il faut accomplir. Mais au lieu de parler de Torah, il parle d'un service qui est un service idolâtre, mais au nom de Hachem.

Dans le premier cas, l'inspiration est au nom d'une Avodah Zarah elle-même. Dans le second, il dit Davar Hachem, la parole de Hachem, HaKadosh Baroukh Hou, et il prétend que c'est Hachem. Cette idolâtrie est une idolâtrie dans laquelle on peut prétendre soit que c'est notre Hachem qui a dit de servir cette idolâtrie humaine, soit que cette force elle-même prétend pouvoir agir sur quelqu'un, l'inspirer, et lui dire de la servir.

Le Rambam insiste pour dire que cela est considéré comme de l'idolâtrie, même si celui qui prétend qu'il faut servir le fait au nom de Hachem, car la façon dont on le sert n'est pas dans le cadre de la Torah. Le fait de servir telle ou telle force, tel ou tel statut, au nom de Hachem, cela existait.

Le Baal, ou l'Achéra, étaient des Avodot Zarot en elles-mêmes, qui prétendaient être indépendantes du HaKadosh Baroukh Hou. Mais il existe d'autres formes d'idolâtrie dans lesquelles les gens prétendaient, au nom du HaKadosh Baroukh Hou, accomplir tel ou tel service idolâtre en servant telle ou telle force. Par exemple, on peut imaginer que quelqu'un vienne dire que Hachem lui a dit qu'il faut servir Vénus, qui est finalement une étoile du ciel créée par le HaKadosh Baroukh Hou, et que celui-ci lui …

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