La téchouva par amour de Dieu, au-delà de la douleur
Rav Benshoushan distingue la téchouva naturelle, fondée sur la souffrance, de la téchouva par émouna, puis par amour.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : La téchouva soudaine, jaillie de la profondeur de l'âme, 1 h 13
En bref
Le Rav Yossef Benshoushan distingue la techouva naturelle, qui naît de la souffrance corporelle ou morale, et la techouva fondée sur l'émouna, qui vient de la tradition et de la peur du châtiment. Il présente une troisième voie, la techouva sichlit, née d'une conscience claire du but du monde et de l'histoire. Il y explique que faire les mitsvot ou étudier la Torah n'est pas une fin en soi, mais une contribution à l'avancement du monde vers la lumière divine, en particulier à travers le peuple d'Israël.
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Donc on a parlé de la techouva naturelle, qui elle-même se divise en deux branches: la techouva naturelle corporelle et la techouva naturelle spirituelle. La corporelle, c'est très simple. Par exemple, tu manges des saletés et après tu as mal au ventre. Tu conclus que tes douleurs sont des conséquences directes de tes comportements inadéquats envers ton corps, et tu fais techouva: tu arrêtes de manger des saletés.
La techouva naturelle psychologique, mentale, c'est la même chose. Chaque fois que tu vexes ton copain, tu te sens mal dans ta peau, tu ne sais pas où te mettre, tu lévites, et il y a un fardeau qui te pèse sur le corps. Alors tu comprends que cette douleur est la continuité directe de ton comportement inadéquat, et tu décides à partir de ce moment-là de ne plus le faire. Ça, ce sont les deux branches de la techouva naturelle.
La question que je vous pose: quel est le dénominateur commun de ces deux techouvot ? Puisqu'on les a mises dans le même sac, naturelles. Qu'est-ce qui motive ce bonhomme à faire techouva ? Ça lui fait du mal. Là il a mal au ventre, là il a mal à la conscience. Donc pour épargner sa douleur, il fait techouva. Ça ne vaut pas très haut, comme on dit. C'est juste pour ne pas souffrir. Ce n'est pas par l'amour de Dieu, par l'amour du bien, par l'idéalisme.
C'est déjà pas mal. Mais il y en a qui souffrent et qui continuent à souffrir, et qui continuent à faire des idioties. Par exemple, il y a des gens qui fument. Il y a des gens comme ça dans ce monde, qui n'arrêtent pas de tousser, qui ont après les poumons tout noirs. Il y en a d'autres qui meurent du cancer, etc. Mais ces idiots continuent quand même à fumer. Ils sont donc encore plus nuls que ceux-là. Il y en a qui boivent de l'alcool, et chaque fois qu'ils boivent de l'alcool, après ils se sentent mal, ils font des bêtises, ils ont des accidents de voiture.
Et ils voient qu'il y a des gens qui meurent sur la route dans des accidents de voiture à cause de l'alcool, et ces idiots continuent encore à boire de l'alcool. Ils sont donc encore plus nuls que ceux qui sont cités ici. Oui. Sans aucun doute, cela te rapproche d'Hachem. Mais qu'est-ce qui a motivé le bonhomme à le faire ?
— Oui, c'est ça. Parce que ça paraît tellement improbable de se dire « je vais bien manger pour Hachem ». Non, non, ça c'est un niveau très très haut, ce que tu dis là. Oui, c'est ça: j'ai bien mangé pour Hachem. Le Rambam dit que c'est proche du niveau de la prophétie. Le dire, c'est vite fait. Mais le vivre, c'est une autre paire de manches. Et le vivre non pas de temps à autre de manière artificielle, mais constamment.
C'est la kedoucha. Dans le Sefer HaChaarim, c'est le plus haut niveau, le chapitre 26: tout ce qu'il fait, même dans le domaine de la consommation matérielle, de ses loisirs, tout est dans l'objectif de se rapprocher de Dieu. C'est le plus haut niveau. Mais là, on n'en est pas du tout là. On parle de quelqu'un qui a au moins un peu de cervelle pour faire la corrélation entre ses comportements et les conséquences.
Il arrive à la conclusion que toutes mes douleurs dépendent de ces comportements inadéquats, à ma nature corporelle ou à ma nature psychologique et mentale. Top. Maintenant, on revient un petit peu en arrière. Akharei hatechouva ativit: vous voyez dans le texte, troisième paragraphe, page 4. Akharei hatechouva ativit: donc après la techouva naturelle, tu sais où on en est ?
Page 4. Tu fais du dessin ? Non ? Ah, je croyais. Je vous conseille vivement d'avoir les yeux braqués sur le texte, sinon ça ne sert à rien. C'est clair ? Donc: akharei hatechouva ativit. Après la techouva naturelle vient la techouva fondée sur la émouna. Elle nous provient, dans ce monde, de la tradition et de la religion.
Ici, dans le Sefer Hatechouva, qui traite énormément du sujet de la techouva, la Torah promet à ceux qui font techouva le pardon. Les fautes de l'individu et du collectif sont effacées par la techouva. Les prophètes parlent énormément de choses très hautes et très nobles au sujet de la techouva. De manière générale, le fait qu'il y ait parfois des réprimandes, çà et là, dans la Torah, est fondé sur la techouva émounit. S'il n'y avait pas de possibilité de réparer, à quoi bon se faire réprimander ? C'est ce qu'on appelle un concept compris de lui-même: il y a possibilité de réparer.
Le détail... Hachem, le Saint, béni soit-Il, la Torah, la Guemara, la Michna, le Rambam... Alors que déjà, les généralités, les principes de base, nécessitent énormément d'explications. Pour résumer, la techouva émounit, c'est la techouva dont vous avez toujours entendu parler: la techouva religieuse. Tu t'es mal comporté, c'est pas bien, Dieu va être en colère contre toi, fais techouva. C'est clair ? Maintenant, on gravit un échelon. Et c'est à cela que, bézrat Hachem, nous en arriverons tous suite à cette étude.
La techouva tsichlit, c'est la techouva fondée sur une compréhension intellectuelle profonde. Elle ne peut évidemment arriver qu'après avoir acquis la techouva naturelle et la techouva fondée sur la émouna. C'est ce qui nous amène, selon Baal HaMadrigat et Yona, à un niveau suprême, qui ne découle pas seulement d'une souffrance corporelle ou mentale.
Quelle est-elle ? C'est la techouva tivit, la techouva nafchit. C'est ça ce qui m'a motivé à faire techouva. Ce n'est donc pas ça le facteur. Ni non plus l'influence de la tradition qui me motive à faire techouva. Que ce soit par la peur du châtiment, ou par l'espérance d'une récompense, ou tout un pacte autre, ce ne sont pas ces facteurs qui, dans l'intégralité de mon âme, entraînent chez moi la techouva. D'abord on fait donc la négation de ce que ce n'est pas. Maintenant, je vais expliquer ce que c'est: une conscience profonde, une conscience claire.
Elle provient d'une conception du monde et de la vie parfaite. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Une conception du monde et de la vie parfaite. Qu'est-ce qui me motive à faire techouva ? Ce ne sont ni les souffrances corporelles suite à des comportements inadéquats du point de vue médical, ni les souffrances mentales suite à un comportement immoral, ni l'influence de la tradition et de la religion, par peur du châtiment ou par espérance de recevoir une récompense. Mais quel est le facteur ? Une conscience claire qui provient d'une conception du monde et de la vie parfaite. Vous avez une idée de ce que ça peut vouloir dire ?
— Comme le monde, il faut qu'on soit dedans, et qu'on soit déjà dedans. Qu'on fasse des mitsvot dedans, et qu'on les rêve, entre guillemets. Si on ne le fait pas... Qu'on …
Cours d'Orot veKelim
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