Techouva pour les fautes nées d'une faiblesse du corps
Le Rav Kook enseigne qu'il faut faire techouva même pour les fautes dues à la maladie ou à la fatigue, et remonter à leur cause.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : L'âme blessée par la faute et le chemin de la techouva, 1 h 06
En bref
Le Rav Yossef Benshoushan commente le paragraphe 13 du chapitre 14 d'Orot HaTechouva du Rav Kook : même une faute née d'une faiblesse du corps (maladie, fatigue, insomnie) exige la techouva, car elle entraîne toujours des conséquences. Il explique qu'il ne faut pas se décourager ni s'abriter derrière la maladie pour se dispenser des mitsvot, et qu'il faut d'abord chercher les causes concrètes et proches d'une difficulté avant les causes mystiques. Il développe enfin l'idée que la techouva, même petite et motivée par la simple crainte, fait pénétrer une lumière qui transforme peu à peu la personne.
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Alors, allons-y. Orot HaTechouva, Perek Yud Dalet, Pisca Yud Gimel. C'est bon ? T'as trouvé ? Donc, chapitre 14, paragraphe 13. Afal kabim she'esodam u'chalishut haGouf, tsechim la shuvit tshuva alehem, Yud Gimel. C'est bon ? Pas ? Non. Paragraphe Yud Gimel. C'est bon ? C'est la page Kouf Vav. On y va, on y va.
B'yichud mip'inav gamim alalou, shah mezeg hacholeh shel ha gouf ou sivatam. Seh gvar, eef petach gadol, le chesed elyon. Seh lo yachshor Hachem lo avon, et ma sheba le yado be'ones ha mezeg. Ben b'ma shu b'maaseh, ben b'sheval taaseh. Ushem she tova yimardoud be'liboh shel adam, kach nichutza yi, yitamtsuta levavit.
Donc, de quoi s'agit-il ? Le Rav nous enseigne que même des défauts qui prennent leur source dans une faiblesse du corps, eh bien, pour eux aussi, il faut faire techouva. Qu'est-ce que ça veut dire ? Il peut arriver parfois que, à cause d'une faiblesse corporelle, tu sois amené à commettre une avera ou bien à ne pas accomplir une mitsva. Tu as un exemple ? Que le fait même qu'il y ait une faiblesse corporelle, tu te sens faible, cela peut t'amener à faire une avera ou bien à t'empêcher de faire une mitsva. Tu as un exemple ? Vas-y.
— Par exemple, tu t'es cassé le bras, tu ne peux pas arrêter de filer. Voilà. Ou bien tu te sens très mal, ou bien tu es un petit peu nerveux.
Et qui s'y frotte s'y pique. Tout ce qui s'approche, tu es querelleur envers lui, et tu l'as blessé, injurié, etc. Tu es faible. Tu n'es pas dans ta zone. Tu n'es pas dans ta meilleure forme. Tu es fatigué. Ou bien tu es crevé de fatigue, tu t'es levé en retard, et tu n'es pas arrivé à la tefila, au minyan.
Je ne parle pas d'un fainéant qui a dormi huit heures et qui dit « je vais encore dormir trois minutes ». Je parle de quelqu'un qui a dormi deux heures seulement, parce qu'il a eu des insomnies toute la nuit, des maux de ventre, il a passé la nuit aux toilettes. Et voilà qu'arrive l'heure de la tefila, à sept heures; il vient juste de s'endormir, à six heures et demie, donc il s'écroule. Il n'a pas fait sa tefila avec le minyan. C'est clair ? Ça arrive, toutes sortes de choses. C'est de ça qu'il s'agit dans le paragraphe. Afal pugamim, même dans des défauts qui prennent leur source dans une faiblesse corporelle, eh bien, même pour eux, il faut faire techouva.
Et pas te dire: bon, tu te fais nerver, je n'y suis pour rien, donc rien ne s'est passé. Non. Il s'est passé quelque chose de grave. C'est vrai qu'il y a des circonstances atténuantes, mais il s'est quand même passé quelque chose de grave. Tu as fait une avera. Une avera, c'est aller à contre-nature, et aller à contre-nature détériore ta personnalité.
C'est vrai que tu n'es pas totalement coupable, mais de fait, tu as fait une action qui est contre ta nature. Donc il faut aussi faire techouva. C'est-à-dire ? Non seulement pour ces actions, mais aussi pour leurs conséquences. Parce qu'une avera entraîne une autre avera, toujours. Ça va par…
C'est exactement de ça qu'il va parler après. Mais malgré tout, tu n'as pas mis tes tefilin. C'est comme si tu me disais: regarde, je suis excusé. J'ai été coincé dans le désert, je n'ai pas eu le temps de me préparer un repas, et donc je n'ai pas pu manger. Alors, D.ieu, pardonne-moi de ne pas avoir mangé, et fais en sorte que je n'aie pas faim. Tu n'as pas mangé, tu as faim.
Il faut se rentrer dans le crâne que la Torah n'est pas une religion mais une nature. Ce sont les lois de vie de notre nature. Donc quand tu vas à l'encontre de ces lois de vie, ça détériore ta vie. C'est vrai que tu n'es peut-être pas totalement coupable. Peut-être que tu… Non. Non. Parce que tu as annulé. Et malgré tout, il y a un dégât qui est fait. Ce jour-là, tu n'as pas mis de tefilin. Il y a un manque. Il y a un manque.
Ça, c'est béchel al tassé. Mais yech békoum baassé: quand tu as fait, tu as fait une avera, bamash. Voilà. Tu étais colérique parce que tu es souffrant. Ça arrive: quelqu'un qui est souffrant est moins sensible aux autres. Il est colérique, il a vexé son prochain. Tu as même commis une avera. Une avera, c'est très grave. Donc, c'est ça que j'ai voulu dire. Allez, m'al kouta terim. Il faut faire techouva sur elle, sur ces averot, et sur leurs conséquences. D'accord ?
Cependant, il faut se renforcer, ne pas trop sombrer dans la peur, dans le désespoir, dans la tristesse. Ne pas avoir trop peur, spécialement quand il s'agit d'une maladie. Une maladie t'a entraîné dans cette situation. Tes fautes… la bonté de D.ieu.
Donc, il ne considérera pas ça comme une avera, ma sheba le'ado be'ones mezeg: ce qui est venu de manière indépendante de sa volonté. Il est malade, il a la fièvre, il est dans le coma. Bon, évidemment qu'il ne peut pas aller à la tefila, il est dans le coma. Mais même dans une situation moins grave, il a la fièvre, il ne peut pas se lever. Bon, il peut prier allongé, mais il n'a pas pu aller au minyan. C'est-à-dire qu'il a manqué.
— Donc, ce n'est pas pour autant que ça n'a rien fait. Ça a fait des dégâts. Mais tu n'es pas coupable de ces dégâts.
— Oui, toujours.
Pas besoin de faire une introduction, parce qu'on peut poser une question, sinon on ne terminera jamais. Je sais qu'elle n'est pas bête, ça ne m'étonne pas de ta part, d'ailleurs. Ça ne risque pas d'être bête vu ton intelligence. Hein ? Qui ? Il a l'idée… Est-ce qu'il pense que, dans le cadre de la tefila, on peut faire venir une autre personne ?
Si les gens sont sympas et veulent bien venir, tant mieux pour lui, et il n'est pas obligé de les déranger. Il y a des gens qui font ça, de grands tsadikim qui sont malades. Leurs élèves, leurs adeptes, ne veulent pas les laisser prier sans minyan, parce qu'ils savent quelle peine cela leur cause. Donc ils viennent faire la tefila avec lui. C'est un grand chessed. Mais ils ne sont pas obligés, et lui, encore moins, n'est obligé de les obliger. C'est d'ailleurs très bien.
Donc on peut compter sur la bonté de D.ieu, qui ne considérera pas ça comme il le verra. Ben b'ma chou b'ma assé: que ce soit une action négative que tu as faite, comme on l'a dit, tu as été mis en colère contre quelqu'un; ben b'shev alta assé: ou bien par le fait que tu t'es empêché de faire une action positive à cause de ta situation. Hou kem chetova yimardoud b'dibour l'adam. De la même manière qu'avoir des remords après avoir fait une faute est quelque …
Cours d'Orot veKelim
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