Orot Israël : l'étude de la Torah et l'âme d'Israël
Pourquoi la compréhension de la Torah dépend de la pureté de l'âme, et comment les fautes font obstacle au flux divin.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Techouva par crainte ou par amour de Dieu, 42 min
En bref
Le Rav Yossef Benshoushan ouvre la série sur Orot Israël en expliquant que l'étude de la Torah n'est pas une enquête humaine ordinaire : l'intelligence divine dépasse la nôtre, et ce n'est que par humilité et crainte de Hachem que l'on peut espérer recevoir un enseignement venu de Lui. Il montre aussi le lien entre intellect et volonté, puisque les défauts de l'âme et les fautes obstruent la compréhension. Il conclut que la véritable compréhension suppose un travail sur soi, car chaque faute empêche le flux divin d'atteindre l'étudiant.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bon, on y va. Béréchit Oudalet, Iska Beit, Pash Kouf. Ça va ? Ça va ouverte ? Pash Kouf. Béréchit Oudalet, Iska Beit. Bon, c'est prêt ?
Alors, au pronom et à biseau, au revoir. Pach Kouf, Aleph Ehad.
Histaklout rouhanit. De quoi s'agit-il ? Donc ici je traduis littéralement: on observe d'une observation spirituelle. De quoi s'agit-il ? L'étude. Une observation, c'est-à-dire, tu vois ce que je veux dire ? On dit: tu vois ce que je veux dire ? Tu comprends ce que je veux dire, d'accord ? Donc une observation spirituelle, c'est l'étude.
Il arrive parfois qu'on commence à étudier les choses profondes de la Torah, et on se rend compte que nos yeux spirituels sont obstrués. Ça veut dire, en d'autres termes, qu'on ne comprend rien. Ça arrive. On ne comprend rien. On commence à étudier, on s'efforce à comprendre, on se ré-efforce, et ré-efforce, et ré-efforce, et on ne comprend rien.
Les staklout rouhanit, ce sont des études spirituelles de la Torah, ce qu'on appelle l'émounah, et plus haut que ça, la Kabbale. Je vous explique: qu'est-ce qui entraîne le fait que, tout d'un coup, on se rend compte que nos yeux spirituels, c'est-à-dire notre capacité intellectuelle de comprendre ces thèmes, mipnei pgam hanefesh, à cause des défauts de l'âme, garmou la'avonot, qui ont été engendrés par nos péchés.
Il s'avère qu'il y a une corrélation très étroite entre la volonté et l'intellectualisme. Il y en a qui pensent, dans le monde profane, c'est l'égoïsme, que ce sont deux parallèles qui ne se rencontrent jamais. Ça veut dire que tu peux être quelqu'un de très intelligent bien que tu sois une canaille, une crapule. L'un n'empêche pas l'autre. Ça n'a aucun rapport.
Ça, c'est une faculté intellectuelle, et ça, c'est la morale. Ça n'a pas de rapport. C'est une erreur. Car à la source, tout est lié. Il y a une seule racine qui donne naissance à plusieurs branches. Une des branches de cette racine, c'est l'intellectualisme, une autre, c'est la volonté, une autre, c'est le sentiment, une autre, c'est l'imagination. Mais à leur source, ils sont tous liés.
Donc ce qui fait que, c'est que, si une des branches est pourrie, la pourriture se propage jusqu'à la racine et fait pourrir les autres branches. C'est vrai de manière générale pour toutes les sciences, mais à plus forte raison pour les sciences divines: la connaissance de la volonté divine qui nous arrive à travers la Torah.
C'est-à-dire qu'à la différence des autres sciences, la Torah, l'étude de la Torah, ce n'est pas une investigation de bas en haut, humaine. Je m'explique. Si j'essaie de comprendre un livre qui a été écrit par Einstein, j'aurai un petit peu de difficulté à comprendre, parce qu'il est bien plus initié en matière que moi, et il a investi énormément de temps d'études et d'apprentissage, c'est très compliqué. Mais malgré tout, bien que ce soit très compliqué, j'ai des chances de comprendre, parce qu'il appartient à la même catégorie que moi: c'est un homme comme moi. C'est vrai, c'est un homme qui a plus mis à l'œuvre son intelligence, c'est quand même un homme. Si je m'efforce énormément, j'ai de fortes chances de comprendre parfaitement ce qu'il explique.
Ce qui n'est pas du tout le cas concernant la Torah. La Torah, a priori, je n'ai aucune chance de comprendre ça. Car la Torah est une intelligence divine, alors que ma cervelle est humaine. Donc, a priori, aucune chance de comprendre.
On croit malgré tout qu'on étudie la Torah, parce qu'on espère, avec beaucoup de modestie et de crainte de Dieu, que Dieu nous enseigne la Torah. Baroukh Ata Hachem notèn hatorah: béni soit-Il, l'Éternel qui donne la Torah, non pas qui a donné la Torah au Mont Sinaï il y a 3000 ans, mais qui donne la Torah de manière constante. Haïm olam natoua betokhenou: cette vie éternelle de la Torah qui est ancrée en nous, qui est enracinée en nous. Baroukh Hachem notèn hatorah: Dieu donne la Torah.
Atah honen le-adam da'at, dit-on dans la Torah: toi Dieu, tu donnes à l'homme de l'intelligence. Et comment ça marche ? Vous savez que dans la formulation de la bénédiction, selon le rite ashkénaze, le matin dans les Birkot HaShahar, ils disent La'asok bedivrei Torah. Les séfaradim disent Al ha-Torah. Tout ça, c'est familier: La'asok bedivrei Torah.
Qu'est-ce que ça veut dire, la'asok ? C'est peut-être plus faible encore. C'est le mot le plus faible qu'on trouve dans la langue hébraïque, la'asok. Je vais m'expliquer. Par exemple, on parle des hilhot Chabbat, de le faire au niveau de gravité. Au niveau le plus grave, dans lequel tu es le plus… enrôlé dans tes actions, c'est ce qui s'appelle mezid, intentionnellement: je sais que c'est Chabbat, je sais que c'est interdit, et malgré tout, je le fais. Donc je suis totalement coupable.
Plus bas que cela, on a shogueg: j'avais oublié qu'on était Chabbat, j'avais oublié qu'on était dimanche. Ou bien je ne savais pas que c'était interdit. C'est vrai que j'ai voulu le faire, mais je ne pensais pas que c'était interdit parce que je ne savais pas que c'était interdit.
Moins grave: il y a ce qui s'appelle ones. C'est que quelqu'un m'oblige à le faire sous peine de me tuer. Donc, évidemment, je veux énormément faire cet acte pour garder ma vie. Mais cette volonté n'est pas une volonté libre, c'est une volonté programmée par une cause extérieure à moi.
Et il y a le niveau le plus bas, qui s'appelle mitasek. On retrouve là la même racine que osek. Ce n'est pas mitasek: j'ai mal au dos, je m'étire un petit peu, et avec mon cou j'appuie sur l'interrupteur, j'allume la lumière de Chabbat. Est-ce que j'ai une responsabilité quelconque ? Rien. Parce que l'osek n'a pas été ordonné par Dieu d'appliquer le Chabbat. C'est ma personnalité qui a été ordonnée par Dieu de faire le Chabbat. Ce bouddhos n'a aucune volonté libre, et ça s'est fait de manière totalement inintentionnelle. Ça s'appelle mitasek.
Donc comment est-il possible de comprendre que, dans la parasha de l'étude de la Torah, on se sert du terme mitasek, qui est le terme le plus faible, le plus pauvre ? Mitasek, je ne sais pas comment traduire ce problème: s'occuper vaguement. Tu vois ? Osek, agir de manière totalement inintentionnelle. C'est le kavod que tu dois à la Torah. Si tu dois la Torah de manière totalement inintentionnelle, sans aucune pensée au préalable, évidemment que non. La Torah, tu dois l'étudier de toutes tes forces, et mettre à l'œuvre ta capacité intellectuelle dans son optimum.
Message par avance: tous les efforts que tu pourrais investir pour comprendre la Torah, relativement à ce qu'elle est véritablement, c'est de la rigolade. Aucune chance. C'est comme si tu demandais à une fourmi de comprendre Einstein. Elle peut s'efforcer pendant quatre milliards d'années, elle ne comprendra jamais Einstein. Elle n'a pas le potentiel en même temps.
Cours d'Orot veKelim
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