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Morale divine et lien entre l'individu et la nation

Comment la conduite de chacun renforce ou affaiblit la force collective du peuple d'Israël, selon le Rav Kook.

58 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : L'âme d'Israël, miette de Knesset Israël, 40 min

En bref

Le Rav Yossef Benshoushan commente le chapitre 2 de Kesher HaYerchit VaKlal BeYisrael de Rav Kook, consacré au lien entre l'individu et la collectivité dans le peuple d'Israël. Il explique que la morale juive est une morale absolue, fondée sur la volonté divine, et que la force nationale d'Israël dépend directement du comportement moral de chacun. Il montre enfin comment la délivrance (Guéoula) commence sans techouva mais s'achève par elle, à travers le retour en Erets Israël et la diffusion de la pensée juive.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc, on va faire ça vite fait. Tetzayim, en pachkouf, même guimel. Aléat Knesset Israël be Madrigatay, Lyonar Kozman, Tsheshitilouk, Amim, Baolam, Tzotim, Madrigat, Nekoudat, Tzion. Ça veut dire: le fait qu'il y ait maintenant une division entre les peuples, ce n'est pas un idéal, c'est quelque chose de provisoire. L'idéal, c'est de transformer toute l'humanité en une seule famille. Et ceci aura lieu grâce au peuple d'Israël.

On va voir avec la fisca, Youdalef, en page Kouf Noun Vav. C'est bon, ça va ? Il n'est pas là, Thalys ?

C'est aussi pour récupérer des choses d'égoïsme, de ténesse ? A posteriori. On aurait pu y arriver à cinq ans, là-bas. On n'est pas ici, mais si, déjà on est sortis. Qu'on ne vienne pas dans ma vie. C'est un sujet très, très long, qu'on développera quand on arrivera à la page Kouchmoun Vav. Tu me rappelleras de quoi on a l'air. Quelle page ? Non, maintenant ?

Maintenant on est dans la page Kouf Mem Guimel. Voilà. On va commencer le Perek Bet, Kesher HaYerchit VaKlal BeYisrael. Tiens. Vous avez trouvé ? Oui. Page Kouf Mem Guimel, 143, Aleph. Donc Perek Bet, Kesher HaYerchit VaKlal. De quoi va-t-il traiter ? Une fois qu'on a défini c'est quoi le peuple d'Israël, bien que ce soit impossible à définir, c'est infini.

On a parlé plus ou moins de l'essence du peuple d'Israël. Maintenant, on va parler de la relation qui existe entre l'individu et le collectif dans le peuple d'Israël. C'est le sujet du chapitre.

Alors, on va déjà traduire, c'est long.

Des bonnes manières des uns envers les autres, le bon comportement. Qui, très souvent, dans la conception humaine, est une morale utilitaire. Ça veut dire qu'il vaut mieux se comporter moralement, sans quoi la société ne peut pas se dérouler comme il faut. On parle d'une morale absolue, une morale divine. Ça veut dire que même si tu vis sur une île déserte totale, tu dois quand même être moral. Alors que si on parle d'une morale utilitaire,

quand tu es sur une île déserte, ça peut bien faire que tu sois nerveux ou agaçant, etc. De toute façon, tu risques au maximum de donner un coup de pied dans les arbres, et pas plus, quand tu t'énerves. D'où, quand on parle de morale, de moussar, ça veut dire être en communion avec Dieu. C'est développer nos traits de caractère, de manière que notre âme soit couronnée des bonnes midot. Et donc, il s'agit de valeurs intrinsèques, absolues, divines.

Et quand on parle de morale, ce n'est pas seulement être plaisant les uns envers les autres, ou bien ne pas voler, ne pas tuer. Chez nous, allumer la lumière de Chabbat, c'est un acte immoral. C'est clair ? Manger ta rêve, c'est immoral. Non ? C'est pour ça que j'ai fait cette introduction. De manière générale, quand on entend le mot morale, on pense au bon comportement interpersonnel.

Chez le Rav Kook, l'amour moral, moussar, veut dire, en fait, la volonté divine. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'on ne fait que pour Dieu. On ne dévore pas sa femme. Essentiellement pour Dieu, et quand tu fais pour Dieu, tout marche bien. Tes relations interpersonnelles sont bonnes, tes relations avec ta femme sont bonnes, tes relations avec tes enfants sont bonnes, tes relations avec toi-même sont bonnes, etc. Donc, être moral envers soi-même, envers son prochain, envers son peuple, envers son État,

et envers Dieu. Voilà. Donc l'essence d'Israël, le peuple d'Israël, la collectivité du peuple d'Israël, est fondée tout entière sur la base de la morale divine la plus suprême. Et donc il en découle ceci: Kol itnasout mousharit. Tout ce qui, sur le plan spirituel et moral, se retrouve chez les individus de la nation ajoute de la force à la nation. Chaque fois que tu te comportes

moralement, et j'explique « moralement », ça veut dire en adéquation totale avec la volonté de Dieu, par là même tu renforces le collectif israélite. Ou, à l'inverse, nefilat moussar, quand tu dégringoles du point de vue de la morale. Kol Resha, toute méchanceté ou cruauté, nefi ere chakio vara shabetoko, donc relativement à la laideur et au mal qu'il y a en eux. Ainsi,

tu affaiblis la force de la nation d'Israël et la relation qui existe entre les individus et la collectivité. En d'autres termes: chaque fois que tu transgresses une halakha, tu affaiblis tout le peuple d'Israël et tu déconnectes les individus de la nation. Chaque fois que tu accomplis une halakha, tu accomplis une mitsva, ou bien tu t'empêches de faire une transgression,

tu rajoutes de l'énergie positive dans toute la force nationale, et tu renforces les liens entre les individus et le collectif. Car Mahout Nishmata, Chaiten Israël, l'essence de l'âme d'Israël, c'est la morale absolue. Donc quand tu touches à cela, tu détériores l'énergie essentielle de l'âme d'Israël. Tu affaiblis tout le peuple d'Israël et tu déconnectes les individus.

C'est-à-dire que les individus n'ont plus tellement envie d'être liés à la nation, et n'ont plus tellement envie de se dévouer pour elle. Donc chacun doit ressentir cette responsabilité très lourde sur ses épaules: chaque fois qu'il décide de se laisser aller à une sottise ou à une bêtise, qui le dévie du bon chemin, qu'il sache que, par là même, il ne fait pas que s'autodétruire, mais qu'il détruit tout le peuple d'Israël avec lui. D'accord ?

Hachem, c'est ce qui explique que la délivrance du peuple d'Israël dépende de la techouva. Elle dépend de la bonification morale, aussi bien au niveau de l'action que du sentiment et de notre intellect. Ce n'est pas le cas des autres peuples. Il peut y avoir un peuple

qui est en situation d'oppression, et qui prend les armes, arrive à repousser l'ennemi, et trouve sa délivrance. Dans le peuple d'Israël, ça ne marche pas comme ça. Si on fait techouva, alors on est délivré. Si on ne fait pas de techouva, on s'enfonce davantage. C'est plus ou moins le résumé de tout le livre de Sefer Chofetim. Il y a une rengaine qui ne se termine jamais dans Sefer Chofetim: le peuple d'Israël dévie, subit toutes sortes de malheurs qui lui tombent sur la tête.

L'ennemi l'envahit. Après quelque temps arrive un homme grand, puissant, un délivreur, qui arrive à repousser l'ennemi et à éveiller le peuple d'Israël à la techouva. Et ils ont la paix pendant quarante ans. Après quelque temps, ils retombent dans la faute, et encore une fois ils s'embarquent dans une nouvelle galère. Et encore une fois, et après, tout le Sefer Chofetim parle de ça.

Il y a un lien étroit entre notre situation nationale et notre niveau de morale. Dès que l'Israël tombe dans une décadence morale, plein de malheurs lui arrivent sur la tête, et finalement il en arrive à être expulsé de sa terre, et toute sa machine nationale se décompose. Car l'âme même de la nation d'Israël est la morale. Donc quand on se déconnecte de cette morale, on perd l'essence même de notre nationalisme, et tout se décompose.

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