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Nefesh Israël : l'âme et le corps d'un peuple

Le Rav Kook montre que le judaïsme miraculeux et le judaïsme naturel sont unis, comme l'âme et le corps.

50 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Nefesh Israël : l'âme qui désire la proximité avec Dieu, 1 h 09

En bref

Le Rav Yossef Benshoushan explique que deux courants de pensée au sein du peuple juif, l'un tourné vers le miracle et le spirituel, l'autre vers le naturel et le matériel, ne sont pas antagonistes mais complémentaires, à la manière de l'âme et du corps. Il montre, à partir du texte du Rav Kook et du Midrash du jardin et des deux gardiens, que l'excès de l'un nuit à l'autre et finit par nuire à l'âme elle-même. Le cours conclut que l'harmonie, qui est l'unité voulue par Hachem, se réalise dans l'étude de la Torah, à la lumière de la Torah de la Kabbale, et dans l'engagement concret du peuple sur sa terre.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ça va, on peut déjà lire une première fois. On va voir la dernière fois.

Oufkhit lechazek et hagviya, ve-neshama souvelet meheshkat ha-gashmiyout, ve-chozeret nishmatit leofiya, u-bechol otan ha-aliyot ve-yeridot, shivuy ha-mishkal olekh u-mitkarev, kemohen u-va yahadout ha-klalit. Ksha rayonot toldot ha-yahadout ha-nisit mitgabrim, haray ha-yahadout ha-tivit nilka. U-mimela, mergeshet gamihi ve-chisaron ze. Sh'bilikoui ze sh'al yadout ativit, oved hou ahod sh'bekomata arrochanit sh'l yadout et besiso. Umimela, ve-adioutza, laki karba. Ve-nilka gam ken anetzah sh'ba yadout. Anissiout sh'ba ve-ahlach machchevotav. Omek rikshotea.

Et le signe de son acte. Jusqu'à ce qu'avec la force de la renouvellement, de la renouvellement, la renouvellemen

Bechlala, bishnei aracheei ha-klalim, Yeroula al shenayem, bimaraout ha-itchalkout shelayem, u-mizoh artifer et Yisraël, ari soufeget et ora. U-mimela, mitmazgot hen shte atsourot alalou shel ha-knesset Yisraël, anisit va-tivit, bichol istarafiyot ehem, bimarmad kaze, shekol achat malchiva eta gevoul shel havechta. Bekler ?

Parfait. Je m'en vais. Pas tout à fait ? Ça va, alors je reste. Alors, de quoi s'agit-il ? Deux genres de judaïsme: le judaïsme miraculeux et le judaïsme naturel. Regardez: il y a d'un côté anisit, le judaïsme qui est attaché au miracle. Le miracle, c'est le surnaturel, ce qui est au-delà du monde réel, du monde matériel.

Donc il y a un judaïsme qui est fondé essentiellement sur cet aspect spirituel. Le judaïsme, ce sont les pensées, les conceptions du judaïsme. C'est clair ?

— Qu'est-ce que tu avais posé comme question ? Autre chose ? Un synonyme ?

— C'est justement ça: on ne parle pas du peuple.

On parle des conceptions du peuple, des courants de pensée qui existent dans ce peuple. Il y a deux courants de pensée qui ont l'air antagonistes, et c'est de cela qu'il va traiter. Il y en a qui élèvent l'étendard de la spiritualité la plus catégorique, la plus extrémiste, et d'autres qui disent: non, au contraire, le matérialisme, le réel, le concret. A priori, ce sont deux groupes totalement antagonistes.

Et ce que le Rav a essayé de montrer, c'est qu'en fait il n'y a pas de contradiction: ils sont complémentaires. Donc le judaïsme miraculeux, anisit, a trait au miracle, au sens de ce qui est au-delà du monde matériel et des lois normales de la nature. Et le judaïsme naturel, hen meshulavot zubazu, sont entrelacés, achouzat ahad b'chaverta, unis l'un à l'autre.

Ke-achizat neshama bagouf, de la même manière que l'âme est unie au corps. L'âme n'est pas l'organisme du corps, et le corps n'est pas l'organisme de l'âme. Les deux ensemble ne font qu'une seule entité. C'est clair ?

Une erreur, très très courante. C'est pour ça que le Rav a besoin d'écrire. Si c'était clair, il n'aurait pas besoin d'écrire. Justement, pour qu'on ne tombe pas dans cette erreur de croire qu'ils sont censés se tirailler et se faire la guerre de manière constante, c'est pour ça qu'il écrit ce paragraphe.

Juste pour illustrer ta question, il y a une histoire dans le midrash. Un roi avait un jardin avec des arbres fruitiers qu'il aimait énormément, et il avait peur que les passants lui piquent ses fruits. Donc il a mis un gardien. Il se lève le matin: il n'y a plus de fruits. Qui a volé les fruits ? Bien évidemment le gardien.

Alors il a eu une idée ingénieuse: il met deux gardiens, un estropié, qui ne peut pas bouger, et un aveugle. Il se lève le matin: rebelote, il n'y a plus de fruits. Il va voir l'aveugle et lui dit: « Tiens, mange mes fruits ! » L'aveugle répond: « Tu rigoles, je ne vois rien. » Et l'estropié: « Je ne peux pas bouger, ce n'est pas moi. »

Alors qu'est-ce qu'il fait le roi ? Il met l'estropié sur les épaules de l'aveugle et il les juge les deux ensemble. C'est compris ? Pendant la nuit, l'estropié a grimpé sur les épaules de l'aveugle, et l'aveugle a dirigé, c'est-à-dire que l'estropié a dirigé l'aveugle. C'est comme ça qu'ils sont arrivés, et ils se sont partagé le magot. Ça, c'est la métaphore.

Après 120 ans de vie, on arrive au jugement céleste, et Dieu demande: pourquoi as-tu fauté ? Il s'adresse d'abord à l'âme. L'âme répond: « Tu vois bien que, depuis que j'ai été séparée de ce sale corps, je suis toute pure, toute sainteté dans les cieux; ne me fais pas de reproche, c'est lui qui a fauté. » Puis il s'adresse au corps, qui dit: « Mon Dieu, tu vois bien que, depuis que je suis gentiment installé dans mon lit profond, dans la terre, je suis tout gentil, je ne fais rien de mal. C'est elle qui m'a incité à fauter. Moi, je ne peux pas bouger, je suis infirme. »

Vous avez compris l'astuce. Dieu remet ensemble le corps et l'âme, et les juifs ensemble. Qu'est-ce que raconte cette métaphore ? Elle veut dire que ce ne sont pas deux entités différentes, contradictoires ou antagonistes: ils ne font qu'un. Il y a une complémentarité. C'est clair ?

Dans ces deux courants de pensée qui existent dans le peuple d'Israël, il y en a qui élèvent l'étendard de la spiritualité la plus extrémiste, et l'autre, celui du matérialisme. On a dit que cela ressemble à la tension qui existe entre le corps et l'âme. Oukam il khamasheba adam apnimi ? Vous avez le texte sous les yeux ? Page Kouf, Aleph, en bas. Allez dans le texte, on a plus de chances de comprendre. Deuxième ligne: Oukam il khamasheba adam apnimi ? Tout comme la guerre qui se trouve au sein de l'homme, la guerre entre le corps et l'âme.

Parfois, l'âme a le dessus. C'est-à-dire qu'elle a des tendances très spirituelles, elle arrive à contrecarrer toutes les volontés du corps et à avoir le dessus, et c'est elle qui gère la personnalité. Elle est claire. Mais d'un autre côté, cela peut entraîner que le corps en sorte un petit peu opprimé. Il n'aura pas assouvi ses besoins, parfois les plus élémentaires. Parce que l'âme, elle, n'en a que faire d'une bonne assiette de couscous, ou d'un bon lit, ou d'une bonne douche, ou de toutes sortes de satisfactions corporelles.

Donc si elle prend le dessus, elle pourrait faire en sorte de négliger les besoins les plus vitaux. Cela peut arriver parfois: on est mal dirigé, l'âme exagère, elle tombe dans un extrémisme, et cela nuit au corps.

— Où est-il écrit qu'il ne mangeait que le Chabbat ? C'est connu où ?

— Ah ! On y arrive, tout doucement. J'ai compris ta question, on y arrive. À la fin de la Pisgah, c'était encore la même question, tu la reposes.

Donc, de la même manière qu'il y a une guerre interne dans l'homme entre l'âme et le corps, parfois l'âme a le dessus, et elle est claire, mais d'un autre côté cela nuit au corps. Et par conséquent, quand le corps se trouve opprimé, il demande à prendre sa revanche. Ba netiyah ofrit, on se retrouve dans une tendance inverse: le-chazek et ha-gouf, le …

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