Deux tendances en conflit dans l'âme humaine
Rav Kook et le paragraphe Nefesh Israël : le bien et le mal se disputent la même personnalité, et comment s'y retrouver.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Sainteté collective : la morale et la source divine d'Israël, 51 min
En bref
Le Rav Yossef Benshoushan commente un passage de Orot haTechouva (Kouf Lametet) sur les deux tendances qui habitent l'âme humaine : l'attrait vers le bas, matériel ou mental (jalousie, haine, recherche de kavod), et l'aspiration vers le bien. Il montre que ces tendances ne doivent pas être étouffées mais ramenées à leur source sainte, et que la vraie solution n'est pas de les soumettre mais de les élever. Le cours aborde aussi la juste mesure de l'orgueil et de la modestie (hanava), et la distinction entre souffrance et tristesse.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bon, vous êtes prêts ? Donc on est à la page Kouf Lametet. Ça veut dire que vous ouvrez la page ? Si, si, en haut à gauche. Kouf Lametet. Tout le monde est prouvé ? La pizka va en bas.
Ben mitzad hachomer, ben mitzad haRuach. Shehen od mitkharvot u mesabchot be'ozan et adam. Kakinah, besinah, be'kayotzeh behen. U leoumata, lo nukhal ittalem mi lir'ot et sh'ifat ha-tov. Amitgala lifami be'rucho shel adam. Shekol ha'olam koulou, kedayou la. Le askilou u lehetivou.
Et les malades autour, Chesed, Ahava, Veora. Sauf que comme le paragraphe est assez long, on ne va pas tout lire, on va déjà traduire. Donc, Stenetiot. Il y a deux tendances qui se font la guéguerre dans notre personnalité. Mitrotzot, c'est-à-dire, ils sont en ébullition constante. Donc, on rencontre deux tendances au sein de notre personnalité, dans l'âme humaine, qui tendent vers deux objectifs totalement différents.
J'te megamot mechou lafot. Donc la première, netia le malet kol shifat haram. Il y a dans l'homme une tendance à combler toutes ses aspirations les plus mâles, les plus mauvaises, les plus animales, les plus bestiales. Et kolakta avot et etershvelot, les envies les plus basses. Ben mitzad hachomer, que ce soit des envies
matérielles, corporelles, ben mitzad arouar. Ou des envies plus spirituelles, on va dire. Spirituelle, ça veut pas dire pour autant sainte. Ça veut dire abstraite, psychique, mentale. Cheynod mitrarvot misabrod berouzan etadam. Qui, elles, ces dernières, ces tendances, pas corporelles mais disons mentales, s'élargissent et compliquent
l'homme dans des conflits compliqués avec beaucoup de vigueur. Comme, deux secondes, de quoi s'agit-il ? Comme la kina, la jalousie. Ce n'est pas une envie matérielle, la jalousie. Sina, la haine. Kavod, rechercher les honneurs. Ce sont des envies qui se trouvent au fond de l'être humain.
Ce ne sont pas des envies matérielles, ce sont des envies mentales, spirituelles. Et elles sont bien plus compliquées et risquent d'effondrer l'homme encore plus que les envies matérielles, comme l'envie de manger, les envies sexuelles, etc. Mais l'émouna là-contre, face à cela, on ne peut pas ne pas en tenir compte, on compte le fait que
il y a aussi dans l'homme des aspirations vers le bien, qui apparaissent de temps à autre dans l'esprit humain. Jekol Orlam, Koulok et Naïgoula, qui donnent un sens à ce monde. Le fait qu'il y a dans l'homme ces aspirations vers le bien, ces aspirations sont là pour l'askilo ou l'ejetivo, pour l'élever à une intelligence.
Qu'est-ce que tu voulais dire ? Qu'est-ce qu'elle veut dire ? Ça y est ? Elle a répondu ? Ok. Il y a deux tendances totalement inverses. Une tendance qui te tire vers le mal, vers le bas, vers tout ce qu'il y a de plus moche et de plus bestial. Une autre qui tend à t'élever vers les sphères
de la bonté, de la générosité, de l'idéal, de la pureté, de la sainteté, etc. Et donc, il y a deux forces qui s'entrechoquent au sein de ta personnalité de manière constante. Non ? Bien sûr, c'est du bien. Faire du sport, c'est du bien. Manger à juste mesure, c'est du bien. Avoir des relations sexuelles à juste mesure, c'est du bien. Tout ce qui est matériel n'est pas automatiquement mal. Ça, c'est ce que prétendent. Voilà.
Je ne voulais pas dire le nom, mais tu l'as dit. Les deux se trouvent dans l'être humain, c'est-à-dire au même endroit. Qu'est-ce que tu entends par « au même endroit » ? Dans l'âme ? L'âme, elle est toute pure. L'âme, ce n'est pas ce qui l'intéresse, un plat de macaroni. Pas du tout. Vraiment pas du tout. C'est la dernière chose qui l'intéresse. Elle aime tout ce qui a trait à l'éternel. Tous les idéaux divins. Par exemple, reconstruire Jérusalem, apporter les exilés perdus en France.
Les Rameleurs d'Israël. Ajouter une date, la connaissance, la bonté, tout ce qui a une valeur intrinsèque à envergure éternelle, c'est ce qui intéresse l'âme. Mais le corps, ce n'est pas exactement ce qui l'intéresse. Il aime bien manger, bien dormir, bien s'amuser, c'est tout. Et entre les deux, mon cœur balance. Quoi faire ? Tout homme est conçu de la sorte. Il est tiraillé entre le bien et le mal.
Donc il est tout le temps en conflit interne. Qu'est-ce que vous proposez pour arrêter ce conflit ? Qu'est-ce qu'on peut faire ? Parce que c'est insupportable. Ça nous déchire de manière constante. Tu fais le bien, tu te dis « ma mince, alors j'ai raté pas mal de plaisirs ». Tu fais le mal, oulala, qu'est-ce que je suis naze. Tu te culpabilises. Quoi que tu fasses, tu te sens mal dans ta peau. Conflit constant au sein de ta personnalité.
Tu fais le mal, donc tu es satisfait corporellement, d'accord ? Et ton âme, tu l'as bâillonnée, elle hurle. Ça va à l'encontre de sa nature. Mais tu peux essayer de penser: ton âme aussi, c'est une entité indépendante et autonome qui a le droit de penser. Et elle pense, elle souffre, elle hurle de souffrance, d'accord ? Tu ne peux pas faire la politique de l'autruche, « je vois pas, j'écoute pas, y'a rien ». Ça existe.
Et d'autant plus que ça existe: ça n'existe pas en dehors, ça n'existe pas à l'intérieur. Et c'est l'essence la plus forte de ma personnalité, mon âme. Donc elle se sent très mal dans sa peau, quand elle est obligée, en plus, de venir avec toi dans ces sales endroits. Parce que, n'oublie pas, quand tu fais le mal, supposons par exemple que tu prennes un couteau et que tu assassines quelqu'un: qui est en train de te donner la force pour l'assassiner maintenant ? C'est ton âme.
Donc tu obliges ton âme à venir avec toi dans des coins sales. Elle pourrait dire: « Toi, vas-y, je te lâche, vas-y tout seul. » Et tu meurs. Il y avait une réplique de libre arbitre. Elle vient avec toi. L'âme, tu peux, c'est le cimetière. Ou bien, quand tu vas dormir, partiellement. C'est clair ? Il en parle aussi, la seconde ? Choya, Choya. Il va tout expliquer. Donc c'est compris ?
Il y a au fond de l'être humain deux forces qui le tiraillent. Une vers la droite, une vers la gauche, une vers le haut, une vers le bas. Et ces deux forces se divisent elles-mêmes en deux. La force vers le mal peut être matérielle ou mentale, psychique, spirituelle. De même, la force vers le bien. Le mal spirituel est beaucoup plus destructeur. C'est aussi qu'à manger un plat de macaroni tard.
Ça t'a peut-être esquinté le corps et un petit peu l'âme, mais si tu es jaloux, je ne sais pas comment on dit, tu recherches le kavod toute ta vie, tu es envieux tout le temps des autres, tu t'autodétruis de manière constante. Ça te tiraille bien plus que des envies matérielles. Combien de sang, des tonnes et des tonnes de sang sont versés à cause de cela ? Combien de meurtres à cause de la jalousie ?
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
L'âme collective d'Israël. Ce qui fait la singularité du peuple juif à travers les sources de la pensée du Rav Kook.
- 28
Qu'est-ce que le peuple d'Israël ? Introduction à Orot IsraëlLe Rav Benshoushan pose la question de l'identité juive : descendance, émouna, terre ou âme collective, avant d'aborder le texte de Orot. - 29
L'âme d'Israël, une force collective qui traverse les générationsKnesset Israël désigne l'âme éternelle du peuple, puis le peuple lui-même, selon le Rav Kook. - 30
La graine essentielle de l'âme d'IsraëlLe peuple d'Israël est né pour procurer le bien à toute l'humanité, comme le montre l'appel adressé à Avraham. - 31
L'âme d'Israël et la visée morale du mondePourquoi le peuple d'Israël veut vivre : pour le but moral de l'existence, selon Orot. - 32
Deux tendances en conflit dans l'âme humaineRav Kook et le paragraphe Nefesh Israël : le bien et le mal se disputent la même personnalité, et comment s'y retrouver. - 33
Sainteté collective : la morale et la source divine d'IsraëlPourquoi la morale ne tient que reliée à Dieu, et pourquoi la haine entre Juifs menace l'unité d'Israël. - 34
La Chekhina et l'âme d'Israël selon le Rav KookPourquoi le peuple d'Israël est dit vivant : la Chekhina, la racine et le potentiel de chaque Juif. - 35
Le Zivoug Shelim : l'unité de l'âme d'Israël avec HachemComment l'âme collective d'Israël s'unit à Hachem, et pourquoi l'amour et la crainte doivent s'y joindre. - 36
Le rayonnement de l'âme d'IsraëlComment la nefesh d'Israël rayonne sur les nations, selon le Rav Kook dans Orot. - 37
L'âme d'Israël au-delà des lois de la naturePourquoi Knesset Israël triomphe par sa force morale, au-delà de la causalité, et non par la seule nature.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav