La chute de Jéricho et les sept tours
Pourquoi Dieu fait tomber Jéricho après sept tours, et pourquoi la conquête a lieu un jour de Chabbat.
Rav Yehouda Benishai
Ensuite : La faute d'Akhan et la responsabilité collective, 30 min
En bref
Le cours étudie le récit de la conquête de Jéricho au chapitre 6 de Yehoshoua, en s'attachant à deux questions : pourquoi le verset emploie le passé (« Natati ») pour une promesse future, et pourquoi la ville tombe au septième jour, après sept tours et au son du shofar. Le Rav Yehouda Benishai montre que la parole divine, en dehors du temps, est déjà réalisée, et que l'effort humain va jusqu'à sa limite naturelle avant que le miracle n'intervienne. Il relie aussi la chute de Jéricho, un jour de Shabbat, au don de la Torah au Sinaï, dans les mêmes conditions quarante ans plus tôt.
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Chapitre 20. On est arrivé à la conquête de Jéricho. Pasouk, verset d'introduction: la ville de Jéricho est fermée, est surfermée devant les enfants d'Israël. On ne laisse personne sortir ni entrer.
Les habitants de Jéricho ont tellement peur de la venue des Bné Israël qu'ils se sont enfermés derrière des murailles énormes. Selon une tradition, les murailles de Jéricho avaient une largeur égale à leur hauteur. Ce n'était pas une petite affaire.
Comment conquérir Jéricho ? À ce moment-là intervient l'aide divine, qui avait été promise de toute façon. Va Yomer Adonai El Yehoochoua, Dieu s'adressa à Yehochoua: Re'eh, Natati beyadecha Yericho ve'et malkah, guiborei hayil. Regarde, j'ai mis entre tes mains Jéricho, son roi et tous les héros qui s'y trouvent. Yehochoua reçoit donc à l'avance l'information que la ville va lui être livrée.
Il y a dans ce verset un verbe qu'il est important de remarquer. Regardez: Vayomer Hachem el Yehochoua, Re'eh, natati. Natati, en hébreu, c'est un passé. Or, a priori, on aurait dû trouver eten, un futur. Comment se fait-il que, dans ce verset, Dieu se serve d'un passé et non d'un futur ? La ville de Jéricho n'a pas encore été livrée aux enfants d'Israël, ils n'ont pas encore réussi à pénétrer dans la ville. Quand on veut dire que quelque chose va arriver, on se sert d'un futur, et pas d'un passé. Je suppose que vous avez appris ça à l'ulpan.
Alors, comment expliquer cela ? C'est très important, parce que cette remarque peut revenir à propos d'autres occasions dans la Bible. Par exemple, Dieu dit à Abraham: « Je donnerai à ta descendance, qui n'est pas encore là, cette terre, Natati et ha'aretz hazot. » Il aurait dû être écrit eten, je donnerai. Pourquoi ce passé ? Est-ce qu'il y a là un passé ?
— Oui, la terre d'Erets Israël avait déjà été donnée au peuple d'Israël ?
Ah, c'est comme ça que tu veux comprendre. Quand ta descendance naîtra, sa part sera déjà donnée, par le fait que je te l'ai donnée à toi. C'est comme ça que tu veux comprendre.
— Oui, mais promise.
Alors, à nouveau, a priori, on aurait préféré un futur. Mais il y a quelque chose là: au niveau divin, il n'y a pas de différence entre ce qui a été décidé et ce qui a été fait. C'est en dehors du temps. Chez les hommes, il y a une différence entre ce qu'on décide et ce qu'on fait. Il faut toujours un relais entre ce qu'on a décidé et ce qu'on a réalisé. Tant que ce n'est pas fait, même si cela a été décidé, cela n'a pas encore été fait. Il y a beaucoup de bonnes intentions qui n'ont jamais été réalisées.
Mais au niveau divin, rien ne peut empêcher la réalisation de la volonté divine. Rien ne peut s'opposer à ce qu'une promesse divine se réalise. Donc Dieu peut se servir d'un passé: quand quelque chose parle de ce qui va se faire, c'est comme si c'était déjà fait. C'est pour cela qu'il y a ici un passé.
Cela montre combien on peut être confiant dans une promesse divine. À notre niveau, c'est déjà du passé: si Dieu nous promet, c'est déjà fait, c'est comme si c'était fait. C'est pour cela qu'on se sert d'un passé.
Remarquez, c'est très important. Vayomer Adonai el Yehochoua: Re'eh, natati beyadecha, j'ai déjà donné entre tes mains Jéricho, la ville, et son roi, guiborei hayil. Ce ne sont pas des gens peureux qui se trouvaient dans la ville de Jéricho. Et pourtant ils sont tellement paniqués qu'ils se sont barricadés à tel point qu'ils n'osent même pas bouger, ni laisser quelqu'un bouger, hors de la ville. Cela prouve que ce n'est pas pour rien qu'il est écrit guiborei hayil, les héros.
Ces héros-là sont maintenant pris de peur devant un peuple qui était esclave, qui a parcouru le désert pendant quarante ans, qui ne s'était pas préparé à faire la guerre pendant tout ce temps. Et malgré cela, comme on l'a appris la semaine passée, parce que Dieu envoie aussi, par le fait que le chef de Son armée est là, cette peur est déjà ressentie parmi les habitants de Jéricho. Yehochoua va donc recevoir les instructions qui vont faire que cette ville, a priori imprenable, va être conquise.
Akef ve'ahar pa'am ehat. Ko ta'aseh shesh yamim. Vou tournerez autour de la ville une fois par jour, et vous ferez cela pendant six jours. Ve chiva kohanim yissou chiva chofarot yovelim lifnei Aron. Oubayom hachvi'i tassovou et ha'ir chèv pe'amim, vehakohanim yitk'ou bachofarot. Sept kohanim porteront sept trompes de chofar et se tiendront devant l'Arche sainte. Le septième jour, vous tournerez autour de la ville sept fois, et les kohanim sonneront du chofar.
Et voilà donc le septième jour. Lorsque vous entendrez le chofar des kohanim, tout le peuple poussera lui aussi un grand cri, comme à la fin de Kippour, et la muraille tombera d'elle-même, et tout le peuple partira à la conquête de la ville.
Pourquoi doivent-ils tourner sept fois ? C'est-à-dire: pendant six jours, une fois par jour, et le septième jour, sept fois. C'est ça que tu poses comme question ? On va bientôt répondre à cette question, quand on découvrira quel jour la ville de Jéricho est tombée et quel jour les murailles se sont écroulées. Tu verras que cela donnera une réponse à tes questions.
Vayikra Yehochoua et hakohanim, vayomer alehem: Yehochoua convoqua les kohanim et leur dit: prenez l'arche sur vos épaules, et sept kohanim prendront sept chofarot, sept chofarot yovelim, et se tiendront devant l'Arche de l'Éternel, en éclaireurs. Puis le peuple est convoqué. On leur demande de tourner autour de la ville, et les éclaireurs seront devant l'Arche sainte. Vayomer el ha'am. Comme cela a été indiqué, tout le monde se met en route et on commence à tourner autour de la ville.
Donc, on en est à ce moment-là: les éclaireurs sont devant, les kohanim sonnent du chofar, et derrière l'Arche il y a aussi ceux qui sonnent du chofar.
Et le peuple... je ne sais pas si vous vous rendez compte du spectacle. Yehochoua dit: vous, le peuple, bien que chaque jour on tourne autour de la ville et que les kohanim sonnent du chofar, vous gardez un silence absolu, jusqu'au jour où je vous dirai de crier.
Imaginez-vous: chaque jour, tout le peuple d'Israël se met en marche, les kohanim devant sonnent du chofar, et on n'entend pas une mouche du côté du peuple. Bien. Ve'et ha'am tsiva Yehochoua: comme on vient de l'expliquer, le peuple devait marcher en silence. Vayassev haaron Adonai, et il tourna la ville une fois, ha'kef pa'am ehat.
L'arche tournait donc autour de la ville une fois, et ensuite le peuple rejoignait le camp pour y dormir. Yehochoua se lève le matin, les kohanim prennent l'arche sur leurs épaules. Vayissa'u hakohanim nossei aron Adonai. Ils sonnent du chofar et reprend le même cortège. Vayassou ha'chofarot, et le lendemain, le deuxième …
Cours d'Orot veKelim
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