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Toldot : Isaac, prière et engendrement

Pourquoi la Torah dit qu'Isaac a prié pour sa femme stérile, et ce que la tefila apprend du manque.

41 min

Rav Yossef Attoun

Ensuite : Vayehi : les bénédictions de Jacob à ses fils, 41 min

En bref

Le Rav Yossef Attoun commente la paracha Toldot à travers la prière d'Isaac pour Rivka, stérile, et le verbe « vayé'ater » qui la désigne. Il montre que la tefila n'est pas seulement un moyen de combler un manque mais une finalité en soi, un lien à Hachem qui peut retourner la rigueur divine vers la miséricorde. Il relie enfin la stérilité à la longue préparation nécessaire à la naissance de la lignée d'Israël, ouvrant sur le rôle de Yaakov.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tov, shalom. Alors nous ouvrons la paracha de Toldot. Vous vous rappelez que nous avons vu le principe des parachiot qui vont par paire, par couple, zougot de parachiot. Nous avons mis en évidence que les deux premières parachiot, Béréchit et Noah, s'occupent de la préhistoire, puisque la préhistoire dont nous parlons maintenant est la préhistoire de l'identité d'Israël. Béréchit et Noah, c'est encore avant.

Ensuite, nous avons étudié les parachiot de Lekh Lekha et de Vayéra, qui sont consacrées toutes les deux aux personnages d'Abraham, dans ses deux apparitions: l'apparition objective, on pourrait dire, et l'apparition subjective, de celui à qui Dieu adresse la parole dans la paracha de Lekh Lekha. Voilà ce que nous avons étudié auparavant.

Et maintenant nous sommes dans la deuxième paracha de Yitzhak, après Hayei Sarah. C'est dans Toldot que nous allons plus précisément entrer dans la dimension profonde, la dimension que j'appelle subjective, faute de mieux, de la personnalité de Yitzhak. Nous allons voir comment Yitzhak n'est pas seulement un personnage hors du commun, un personnage exemplaire — le mot exemplaire est trop faible, nous l'avons dit dans la paracha de Hayei Sarah — mais aussi un personnage avec lequel on peut, chacun à son niveau et avec une très grande modestie, se relier à quelque chose de sa personnalité.

Qu'est-ce que Yitzhak, notre père, vient nous enseigner, nous qui sommes quelque part aussi ses fils ?

La paracha s'appelle Toldot. Une fois de plus, ce que nous voyons depuis le début de cette étude, c'est qu'il s'agit d'un récit des engendrements, Toldot.

Mais au-delà, et comme nous l'avons expliqué précédemment, il s'agit d'un récit de la manière dont le projet du Créateur — le projet de la naissance, après Adam Harichon, le premier homme, de la naissance d'un Ben Adam, du fils de l'homme, de celui qui va réussir le projet de l'homme — se met en place petit à petit. Comment les éléments de cette réussite se mettent-ils en place ? Et, si j'ose dire, pas sans difficulté, comme on le voit à chaque fois, et cette semaine encore.

Le mot Toldot signifie, nous l'avons expliqué, récit des engendrements, mais aussi récit du progrès messianique de l'histoire: récit de la manière dont se réalise historiquement un projet éternel, transhistorique, et comment ce développement historique va se mettre en place.

Comme nous l'avons dit précédemment, tout se passe comme si ces personnages nous enseignaient à ne pas nous demander qui tu es, mais de qui tu es le fils. À ne pas nous demander ce que tu es présentement, mais ce que tu es capable d'engendrer, ce que tu es capable de mettre en œuvre, en réalité, de ce que tu as en potentiel.

Je fais remarquer que le mot Toldot, dans notre paracha, est relié, selon les enseignements que nous avons eus précédemment, à un Vav au début, mais pas de Vav à la fin. Il y a un potentiel à réaliser, mais ce potentiel n'est pas encore réalisé.

Le premier verset nous dit: Ve'éleh toldot Yitzhak ben Avraham, « Voici les engendrements de Yitzhak, fils d'Abraham ». C'est un verset vraiment très curieux, voici, allez, voilà: voici les engendrements de Yitzhak, fils d'Abraham, c'est-à-dire à quoi on s'attend, ou non, quant aux enfants de Yitzhak. Et voilà que, comme si l'on revenait en arrière, c'est Abraham qui a engendré Isaac.

À cette difficulté, il y a de nombreuses réponses, vous les verrez chez Rachi, chez les commentateurs, dans le Midrash Rabba. Mais je voudrais donner ce que je pense être le pshat, le sens le plus simple, le niveau le plus littéral du verset. En reliant avec ce que nous avons dit concernant justement les engendrements, mais surtout les difficultés, les empêchements — on dira en hébreu rikouvim — qui accompagnent ces engendrements, précisément parce qu'il s'agit de quelque chose de sérieux. Parce qu'il s'agit d'engendrer, à chaque fois, une étape de la dynastie ou de la lignée messianique.

Ça ne se fait pas d'une façon idyllique, comme nous l'apprendrons plus tard, quand nous étudierons le sujet à proprement parler: ce qu'est le Melekh Machiah, ce qu'est le Messie lui-même. Nous verrons que ce n'est pas la vision idyllique, toute rose, toute bienfaisante, que certains s'imaginent parfois. Bien au contraire, l'engendrement messianique se heurte à des retours de manivelle, à des difficultés très grandes que l'on appelle dans la tradition chevlei Machia, les douleurs de l'enfantement du Messie.

Deux engendrements, donc. « Voici les engendrements de Yitzhak, fils d'Abraham. Abraham a engendré Yitzhak. » Comment dire ? Il y va dans un sens, et après on retourne en arrière. Tout se passe comme si. Dans le sens le plus littéral du verset, il y a encore un empêchement à ce niveau. Nous parlons d'Abraham, vertu de générosité, comme nous l'avons dit, qui a engendré Yitzhak, la vertu antagoniste, la vertu de justice. Il est nécessaire que ces deux valeurs-là soient yahad, un mot que nous avons employé lorsque nous sommes montés sur le mont Moriah, et que le père et le fils étaient ensemble, yahad.

Tout se passe comme si, dans ce verset encore, avant de passer à l'étape suivante, avant de passer à la troisième valeur, la justice précède et la miséricorde vient ensuite. Il y a la générosité, il y a la justice, et puis il y a la vertu de miséricorde, qui sera évidemment incarnée par le troisième patriarche, par Yaakov.

Mais avant l'engendrement de Yaakov, qui va venir tout de suite, et qui va s'accompagner, malheureusement, de l'engendrement nécessaire du faux jumeau, qui s'appelle Essav, le premier verset s'arrête sur l'image, et il dit: Ele toldot Yitzhak ben Avraham, Avraham holid et Yitzhak. Il faut qu'Abraham engendre Isaac, et il faut que Isaac, d'une certaine façon, engendre Abraham. C'est ce qu'on a vu un petit peu, si peu, dans le récit de la Akedat Yitzhak, du sacrifice d'Isaac. Il y a une espèce d'engendrement mutuel de ces deux valeurs, afin que la troisième puisse naître. Est-ce que ce point est clair ?

Donc, tout se passe comme si le verset nous disait: c'est vrai, il va y avoir engendrement, mais l'incompatibilité des valeurs de Hessed et de Din reste, un instant encore, incompatible, avant de trouver la voie de la compatibilité. OK ? Alors on continue.

Et il est dit: Vayehi Yitzhak ben arba'im chana bekhto et Rivka bat Betouel haarami mi-Paddan Aram, aḥot Lavan haarami lo lishah. Donc Yitzhak avait quarante ans lorsqu'il a pris pour femme Rivka, fille de Betouel l'Araméen, de Paddan Aram, de Mésopotamie, la sœur de Lavan l'Araméen. Il l'a prise pour femme.

Et alors vient le verset que nous allons plus particulièrement étudier, le verset 21: Va-ye'etar Yitzhak la-Hachem lenokhah ishto, ki akarah hi. Va-ye'ater lo Hachem, va-tahar Rivka ishto. Je traduis comme on traduit d'habitude: Vayé'etar, c'est-à-dire « il a prié ».

Vayé'etar est l'une des dix expressions de tefila, de prière. Ça veut dire « il a prié ». D'ailleurs, le Targoum traduit veitsali, comme dans toutes les langues sémitiques, comme en arabe, où la racine sla signifie prier. Vayé'etar est l'une des façons, parmi d'autres, de dire …

Cours d'Orot veKelim

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