De la dépression à la joie par le Nefesh et la émouna
Le modèle anatomique du Nefesh : la confiance de base, le plaisir présent et le lien à l'autre.
Dr. Michael Aboulafia
Ensuite : Relier le corps et l'esprit par les forces de l'âme, 32 min
En bref
Le cours, donné par le Dr Ofer Winter, psychiatre pour enfants, part du dépressif et de la tristesse pour montrer comment en sortir par le modèle des forces de l'âme (nefesh) : l'émouna, le oneg et le ratson. Le Rav explique que l'émouna n'est pas une croyance au sens chrétien, mais une confiance intérieure qui se construit dès la première année de la vie. Il montre aussi que la dépression vient d'un manque de oneg, c'est-à-dire de plaisir et de lien intérieur, et que le travail consiste à développer le bien plutôt qu'à supprimer le mal.
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Je suis très content d'être avec vous. Je suis un peu en retard, toujours parce que j'ai beaucoup d'occupations. La situation est que nous sommes vraiment très occupés. Nous avons un grand Mossad avec plus de 300 ou 400 élèves qui étudient chez nous, et en vérité il y a beaucoup de travail. Ce travail crée finalement beaucoup de bien, parce que beaucoup de gens aident beaucoup d'autres, etc. Nous sommes donc vraiment très contents de ce que nous faisons, mais il faut comprendre que ce n'est pas facile.
Je suis content de vous voir. Encore une fois, je m'excuse pour mon petit retard. Nous allons apprendre aujourd'hui quelque chose de très, très important. Et encore une fois, je suis psychiatre pour enfants. Mon but est donc d'aider les gens le plus possible, et qu'il y ait de plus en plus de personnes en aussi bonne santé que possible. Je vais dire des choses qui reposent sur trois piliers: le Kodesh, le Chol, c'est-à-dire les choses de la kedoucha, les choses de l'université, de l'académie, et le nisayon kliny, c'est-à-dire l'expérience professionnelle.
Si je dis quelque chose qui ne repose pas sur ces trois piliers, vous pouvez croire que je dis peut-être des bêtises. Mais si je dis quelque chose qui se trouve aussi chez nos sages, aussi dans l'académie, et qui marche aussi en thérapie…
Alors, apparemment, j'ai raison. Une des choses que je veux vous apprendre aujourd'hui est très importante. Il y a parmi vous, j'en suis sûr, des personnes qui connaissent très bien tout cela, et d'autres pour qui c'est la première fois qu'elles entendent parler de cela: c'est le modèle qui s'appelle le modèle anatomique, en vérité, du Néfesh. Nous sommes en fait des médecins. Même quand on n'est pas soignant, on est médecin. Nous sommes tous, en fait, les médecins de nous-mêmes. Le travail que nous devons faire est donc d'apprendre à… Quand on reçoit une voiture, on reçoit aussi le guide qui explique comment l'utiliser.
Quand on s'est mariés, il n'y a pas vraiment beaucoup de gens qui nous ont appris comment parler normalement dans un couple. Et quand on est devenus parents, personne ne nous a dit: voilà, pour être parents, il faut faire un, deux, trois, quatre, cinq, six. En fait, c'est pareil pour toute la vie. Il y a dix forces de direction…
On va voir qu'il y a, en haut, trois forces.
La émouna, on la traduit par « émouna », mais ce n'est pas du tout la émouna. Émouna, c'est la capacité de tenir une compréhension qui n'est pas compréhensible. C'est la possibilité, par exemple, si on me coupe un bras, d'avoir un membre fantôme. C'est-à-dire que si quelqu'un passe à côté de ce bras, enfin, à côté de ce souvenir du même membre qui était là…
…je vais avoir mal. Pourquoi est-ce que j'aurais mal ? Je n'ai plus de bras. Mais ici, il y a en fait le dessin du bras. C'est cela, l'émouna. En hébreu, on dit émouna: la capacité de porter la chose qui n'est pas, qui n'apparaît pas. Et donc je crois, en vérité. Par exemple, je crois en moi. Pourquoi est-ce que je crois en moi ? J'ai plein de chutes, plein de difficultés, plein de problèmes. Non, je crois. Je crois. Cette croyance n'est pas une croyance comme un credo chrétien qui dirait qu'il y a un monsieur dans le ciel qui joue avec nous aux marionnettes. Il s'agit de dire que j'ai en moi une force invisible qui agit en fait dans tout ce que je fais. C'est très important, par exemple, dans l'amour entre un homme et une femme. Il y a entre nous quelque chose qui nous lie.
Même si, parfois, on se dispute, même si on se sent mal, même si ça ne va pas bien, il y a dans notre vie, même quand on a beaucoup de problèmes, une émouna, donc une émouna, on va traduire, parce que c'est ça qu'on fait comme traduction, mais ce n'est pas du tout ça. Il y a quelque chose qu'on sait: on va s'en sortir. « Comment tu sais ? Peut-être que tu ne vas pas t'en sortir. » Oui, j'ai la confiance. Voilà, c'est ça le vrai mot: j'ai la confiance que je vais m'en sortir.
Quand va-t-on développer cette formulation du Néfesh, qui est très importante ? Car on peut dire que toute la capacité que nous avons de sortir d'une crise du Néfesh, d'une crise intérieure, passe par cette force-là, et elle se construit pendant la première année de la vie. Le bébé, depuis sa naissance jusqu'à ses un an, c'est-à-dire la bougie sur le gâteau, apprend ce qu'Erikson appelait le basic trust, la confiance de base. Il apprend qu'après la nuit vient le jour, qu'après la fin vient le recommencement. Il apprend aussi quelque chose de très, très important dans notre vie: apprendre à être dans le manque. Apprendre que les choses ne se font pas toujours immédiatement. C'est donc apprendre à être moins impulsif, à être capable de patience.
Cette patience vient de cette confiance que l'on a: même si je n'ai pas encore trouvé quelque chose qui m'est très cher, je sais que je vais le trouver. J'ai confiance que je vais le trouver. En hébreu, on dit « hystérie »… Comment dit-on « hystérie » en hébreu ? « Ester Yah ». Yah, c'est Hachem, HaKadosh Baroukh Hou, Il est Ester, Il est caché. Non, je ne vis pas dans… HaKadosh Baroukh Hou qui est caché. Je vis dans cette confiance que, même si maintenant ça ne va pas, ça ira.
Et cela fait deux mille ans que nous sommes un peuple qui a vécu autant de pogroms et autant de difficultés avec une confiance, je peux dire aveugle, de dire: on sait que ça va aller. « D'où tu le sais ? D'où tu le sais ? » J'ai la confiance. Voilà. Donc quand on dit « en haut », sur cette carte, on dit en fait: profondément.
Ce n'est pas en haut. Ce n'est pas: prenez un télescope et regardez vers le haut. Non. Plus on rentre dedans, plus on découvre ces capacités-là. C'est la première force. En fait, on a trois forces, trois forces qu'on appelle Kéter. On va revoir cela. Mais nous sommes maintenant des médecins, nous apprenons l'anatomie, c'est très important. Nous sommes donc entrés très, très profond, directement, pour comprendre où tout commence. Où tout commence ? Là-bas.
Dans la source, la racine de ce Kéter qui s'appelle émouna. Vous comprenez, c'est très, très important, et cela appartient à la première année de la vie. Il est d'une grande importance qu'un petit bébé grandisse avec sa maman, et que lorsqu'il est en manque, il y ait une maman qui vient l'embrasser, et non pas dix-sept petits bébés avec deux nourrices. Il y a des mots que j'utilise en français et que je n'avais pas utilisés depuis quarante ans. Le mot « nourrit », je ne pense pas l'avoir dit depuis quarante ans. Voilà, c'est après.
Cours d'Orot veKelim
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