Retour au corps, de la galout à la Gueoula
Pourquoi le corps retrouve sa place en Erets Israël et comment le travailler comme une voie de Torah.
Dr. Michael Aboulafia
En bref
Le cours part de l'idée qu'après deux mille ans où la pensée a dominé, le retour en Eretz Israël ramène le peuple vers le corps, la présence et la détente intérieure. L'enseignant y relie la Galut à la Gueoula par le lien au corps, la respiration et la sphère Tiferet. Il conclut que la émouna se vit dans la vie concrète et non seulement dans la tête.
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Un philosophe français que vous connaissez tous, Michel Onfray, a écrit il y a 30 ans L'Art de jouir. La fin du livre est catastrophique, mais l'idée était bonne: il se rendait compte qu'il était philosophe, qu'il était un peu déconnecté du corps, et tout d'un coup il s'est aperçu qu'il avait un corps, parce qu'il y a eu un incident cardiaque. Tout le livre part du fait qu'il faut revenir au corps. Encore une fois, la fin du livre, il ne faut pas la lire. Ce n'est pas très kadosh. Je crois qu'il est en Israël, je crois qu'il a fait techouva. C'est un type apparemment formidable, qui réfléchit bien, qui a de bonnes idées.
On peut dire que la psychologie juive est l'un des… vous savez qu'il y a 150 élèves. Il n'y a pas un institut de psychothérapie qui étudie pendant trois ans en Israël avec 150 élèves. Il y a un autre programme de 80 élèves. Finalement, on a compris qu'il faut relier la personne au côté le plus bas, dans la personnalité, et au côté le plus haut, dans la pensée. C'est ce qui va faire qu'on va traiter les problèmes du Nefesh.
Le grand ridouch, la grande nouveauté de cette génération, c'est qu'on est revenu en Erets Israël, donc on est revenu à notre corps. Et à partir du moment où on est revenu à notre corps, je vous rappelle les sefirot du Nefesh: on est passé du côté gauche au côté droit. Pendant 2000 ans, on était dans une problématique dans laquelle le cerveau doit maîtriser les sentiments. C'est une petite anaga, un petit comportement, une petite réparation, très importante bien sûr, et qu'on n'annule pas, mais ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est le côté droit, qui est encore une fois le Kou'ah ha-méda, mais dont il faudra parler comme il faut. Ce côté droit éclaire en fait notre vie.
C'est le point de la médecine du Nefesh, et il est lié au corps. Parce que Adama, c'est Ménachon Adama. En hébreu, le mot Adama, c'est la terre, c'est le lien à la terre, donc le lien au corps, le lien à la présence. À quel point je suis présent dans ce que je vous dis maintenant, à quel point je suis présent quand je dis bonjour à ma femme, à quel point je suis présent dans ma vie en général, quand je mange, quand je me promène.
Il y a un grand khidouch: on est passé d'une hanaga, d'une conduction du monde qui s'appelait Guevoura, à une autre direction du monde, qui s'appelle Chekhina. La Chekhina est revenue en Israël. Elle est descendue, donc elle est là. Ça veut dire que pendant 2000 ans, on était dans un travail très intense de renforcement de soi dans sa pensée. Mais maintenant, il y a quelque chose de nouveau qui arrive: le corps. Ça fait 150, 200 ans qu'on est dans cette histoire-là, et on doit savoir comment prendre ce corps comme centre de médecine. Je vous rappelle toujours que le ver, c'est le corps. Ce qui est dans le verre est moins énergétique que le verre. C'est-à-dire que le côté extérieur, le corps extérieur, est toujours plus énergétique que ce qui est à l'intérieur du corps.
Sinon, on exploserait. On n'explose pas. Donc le corps reçoit une nitsotz, une étincelle de Kedousha, beaucoup plus élevée que Roua'h, Nechama, Chaya, Yehida. Le corps d'un Juif, quand on l'enterre, devient tamé. Pourquoi devient-il tamé ? Parce que quand il était en vie, il était kadosh. Le corps d'un non-juif, on peut le faire, un non-juif peut marcher sur les tombes dans un cimetière de non-juifs, ça ne va pas le rendre impur. Et pourquoi nous, oui ? Parce qu'il y a une grande Kedousha.
Donc on va commencer à travailler différemment. Tous les ustensiles thérapeutiques qu'on va enseigner, kelim, tépoulim, passent par le corps. Par exemple, on va les apprendre: respirer le corps de l'intérieur, l'expérience somatique, c'est-à-dire l'expérience du corps, qui se relie au corps de l'intérieur, respirer le corps, Nechimot, des respirations. On va faire Arpaya et tout ça, et tout ça passe par le corps.
Pourquoi en plus ? Parce que la base neurophysiologique du côté droit, qui est en fait le côté qui dessine tout de l'intérieur, c'est le système parasympathique, le système de la relaxation. Plus je vais réussir à relaxer, par exemple, l'adolescent, moins il va tomber dans des problèmes de pornographie, d'addiction. Pourquoi ? Parce que son corps, tant qu'il est en tension, va tomber, tomber, tomber encore. Et ce n'est pas lui seul, c'est toute la génération. C'est une génération dans laquelle il y a beaucoup de tensions, et il faut refouar. En hébreu, le mot refouar, la racine reph-pé-ayin, c'est ken, se détendre.
Dans cette nouvelle façon de penser, on va aller jusqu'à la prophétie. Qu'est-ce qu'un corps qui se détend ? Mibessarir hazeh loka. En vérité, tout le travail, c'est de détendre ce côté-là, qui est le côté du corps. Dans ce travail du Nefesh, on a deux directions: HaKadosh Baroukh Hou, donc l'émouna, et le corps. Le plus haut et le plus bas. Ce n'est pas haut au sens où l'on prend un télescope pour voir quelque chose de très loin. C'est le plus profond et le plus extérieur.
Chavaya, qui est un mot nouveau, créé par Gordon il y a combien, 150 ans ? Chavaya, c'est l'expérience de vie. C'est le Nom de Hachem qui vit, en fait. En hébreu, Chavaya, c'est l'expérience de la vie. Qu'est-ce qu'expérimenter la vie ? C'est être présent dans ce que je fais. Le mon'ah, en hébreu, c'est Havaya fois trois. Tout le but, en vérité, c'est la présence, être présent dans ce que l'on fait. Je peux faire Chmirat Chabbat ke-hilkhata, je peux connaître toutes les hilkhot Chabbat, savoir exactement comment on fait Chabbat, mais c'est le côté gauche. Le but de Chabbat, c'est oneg Chabbat. Le but de la vie, c'est devékout, c'est d'être avec Lui. Et pour cela, il faut que je fasse un changement dans ma personnalité. Lekh Lekha, mi-Moledetekha oumi-Beit Avikha. Donc on va remonter en Israël.
Quand on est en Israël, on doit se débarrasser de la galout d'où l'on vient. Qu'a fait cette galout ? Elle nous a déconnectés de notre Chavaya. On ne respire pas bien, on ne dessine pas bien de l'intérieur, etc. Tout ce qu'on va prendre ici, c'est comment développer ce côté droit. C'est l'un des faits: on est revenu au corps. On est revenu à ce qu'on appelle les représentations mentales, dimyonot ou fantasmes — mental representation. On est capable de dessiner la réalité à partir du dessin intérieur qui se trouve dans la réalité. C'est ce que a parlé des archétypes. Il y a donc des dessins intérieurs de tout ce que l'on fait.
Ça s'appelle Yir'at Chamayim. Qu'est-ce que la crainte du ciel ? Ce n'est pas la crainte du ciel au sens courant. Yir'at Chamayim, c'est ira ha-chamayim, reiyat chamayim: voir le ciel. Voir le côté céleste dans la réalité terrestre. C'est-à-dire ne pas s'attacher simplement au …
Cours d'Orot veKelim
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