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Likouté Moharan : la prière qui touche les nations

Rav Oury Cherki explique comment la prière du tsadik ouvre la connaissance de Dieu aux nations.

1 h 01

Rav Oury Cherki

Ensuite : Danser et frapper des mains selon Rabbi Nahman, 58 min

En bref

Le Rav Oury Cherki commente un enseignement de Rabbi Nachman de Braslav reliant la parachat Mishpatim à Pourim : la danse et le frappement des mains adoucissent les rigueurs qui pèsent sur Israël. Il montre que la connaissance de Hachem par les nations passe non par la contemplation de la nature, mais par la maison de Yaakov, c'est-à-dire un lieu de prière et de vie juive, dont le Beit Hamikdash est l'idéal. Enfin, il explique que la prière authentique relève d'un tsadik de la génération, et que l'orgueil qui s'en détache est une forme d'idolâtrie qu'il faut désarmer.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Mishpatim et le fil de la lecture

Nous continuons donc dans le Likouté Moharan, et nous en sommes à une nouvelle Torah, la Torah Youd, qui s'appelle, comme par hasard, Ve'elé Mishpatim Asher Tassim Lifneihem. Il est intéressant de voir qu'il y a probablement un rapport avec la lecture des parachiot, étant donné que la paracha précédente parlait d'un verset du Chirat Hayam, du cantique de la mer. Vous l'avez lu dans Beshalla'h. Là, il est question d'un verset dans Parachat Mishpatim. Il est également question, au passage, de la Meguila d'Esther, puisque c'est à proximité de Pourim. On voit donc que tout cela a été organisé plus ou moins autour de la lecture des parachiot.

Et nous y allons. Ve'elé haMishpatim asher tassim lifneihem: ce sont les lois que tu présenteras devant eux. Il y a là tout un principe, dans le Aleph.

## Adoucir les rigueurs contre Israël

C'est une phrase bien connue de Rabbi Nahman. Lorsqu'il y a, que D.ieu nous préserve, des rigueurs contre Israël, c'est-à-dire des accusations contre Israël, c'est avec la danse et en frappant des mains que s'adoucissent les rigueurs. Voilà. Vous voyez pourquoi les chassidim de Breslev sont des danseurs, et frappent des mains d'une manière un peu exhibitionniste, parfois même un peu exagérée. En tout cas, c'est le principe, Orvin Arman: la danse et les mains qui frappent adoucissent la rigueur contre Israël.

Qu'est-ce que cela a à voir avec tout cela ? En principe, la force d'Israël, c'est la Torah. Mais il y a également une autre force de la Torah, c'est la joie. On pourrait dire que, d'une certaine manière, la Torah, c'est ce qui vient d'en haut, et la joie, ce qui vient d'en bas. Nous verrons par la suite que Rabbi Nahman parle également de la Torah, et que son enseignement principal, là, portera sur la joie. Comment la joie se communique-t-elle à l'ensemble de la personne, et comment, à partir de ce moment-là, y a-t-il un adoucissement des dinim ? Nous le verrons par la suite. Rappelons simplement une chose importante.

La danse se fait avec les jambes, et frapper des mains se fait avec les bras. Si vous prenez le corps humain, vous avez deux prolongements, qui sont les mains et les pieds. Quand tout cela s'agite, il y a une sorte de flux énergétique qui remplit l'ensemble de la personne.

Et qu'en est-il de la tête ? C'est elle qui reçoit la Torah. Là, à nouveau, une autre note de Rabbi Nahman, qui a priori n'a rien à voir, mais qui est également centrale dans son enseignement: Beit kikar gedulato shel HaKadosh Baroukh Hou, ou shegama goyim yeda'ou shech Elohim shalitou. L'essentiel de la grandeur du Saint-Béni-soit-Il, c'est lorsque les nations savent qu'il y a

un Dieu qui gouverne tout. Kamouva b'Zohar, ainsi qu'il est dit dans le Zohar: kad ata Yitro ve'amar, ki ata yadati ki gadol Hachem mi kol ha-Elohim: lorsque Yitro est venu et qu'il a dit: maintenant je sais que D.ieu est plus grand que tous les dieux. Keden it'yekar bit'alash ma'ila: c'est alors que s'est glorifié et s'est élevé le Nom suprême.

C'est-à-dire qu'il y a chez Rabbi Nahman une préoccupation permanente de l'universel. Un universel non pas simplement par fraternité humaniste, mais parce qu'il y a un intérêt divin à ce que D.ieu soit connu dans l'ensemble de l'humanité. Le travail que nous faisons à Brit Olam, par exemple, qui s'occupe des Bné Noah, concerne également les chassidim de Breslev. Il y a des activités

Vous voyez donc que Rabbi Nahman a une vision extrêmement vaste des choses. Il parle, d'une part, d'éliminer les dinim, les rigueurs contre Israël, et, conjointement à cela, il se préoccupe du devenir de l'humanité.

## Le mot goyim et sa lecture

Pour des raisons de censure, parfois intérieure, parfois extérieure, on évitait d'imprimer le mot goyim, considéré comme péjoratif. Les textes disent souvent des choses peu aimables sur les goyim. L'habitude était donc de mettre Hakoum, c'est-à-dire « les adorateurs des étoiles », Ovdé Kokhavim oumazalot, pour que les chrétiens ne se sentent pas concernés.

Mais il faut en fait lire non pas Hakoum, mais goyim. Ve-la goyim ye'efchar la-yeda'ou et ha-Shem ha-Kadosh Baroukh Hou kiv'ilo beh'inat Ya'akov: les goyim ne peuvent connaître la grandeur de D.ieu qu'à travers l'identité de Yaakov. K'mo shé katouv, ainsi qu'il est dit dans le livre de Yeshayahou: Beit Ya'akov, lekhou ve-nelkha be-or Hachem: maison de Jacob, allons, et marchons à la lumière de D.ieu.

Je rappelle que ce verset est écrit juste après la vision du prophète, qui dit qu'un temps viendra où les goyim iront à la montagne de l'Éternel pour demander ses enseignements. Et juste après cette description grandiose, le verset nous dit: Beit Ya'akov, la maison de Jacob. C'est-à-dire que l'on a l'habitude de penser qu'Abraham est le plus universel des Avot, tandis que Yitzhak et Yaakov se concentreraient davantage sur le domaine de la nation d'Israël uniquement. Eh bien, on voit que c'est exactement le contraire. C'est justement à travers la notion de Yaakov que les goyim ont un lien avec le D.ieu d'Israël.

Pourquoi ? Ki hou gila Elohuto shel HaKadosh Baroukh Hou yoter mi-she'a ha-avot: parce qu'il a révélé la divinité de D.ieu plus que tous les autres patriarches. Comment cela ?

Ki Avraham kara'o har: parce qu'Abraham l'a appelé montagne. Ve-Yitzhak kara'o sadeh: et Yitzhak l'a appelé champ. Ve-sadeh hou yoter mousak ve-nitzrakh la-olam mi-har: or, un champ est plus accessible et plus nécessaire au monde qu'une montagne. Ve-Ya'akov kara'o bayit: et Yaakov l'a appelé maison, she-hou makom yishouv livné adam yoter mi-sadeh: lieu d'habitation pour les hommes, plus que le champ.

C'est-à-dire que Yaakov est celui qui a appelé Beit Hamikdash, qui est le lieu de la prière, « maison ». C'est le lieu où habitent les hommes. Il a élevé la prière à la dimension de la maison.

Et parce que, pour ce qui est de la maison, les goyim également y accèdent.

K'mo shé katouv, ainsi qu'il est dit: Ki beiti beit tefila yikarei l'kol ha-amim: ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples. Ouroshou bifrinat bayit, et lorsque le Nom de D.ieu est reconnu comme maison, keden, c'est alors it'yekar shemo ha-gadol, c'est alors que se glorifie le Nom suprême, comme nous l'avons dit.

## Nature et lieu: deux manières de connaître D.ieu

Je vais expliquer un peu ce que cela veut dire avant de passer à la colonne suivante. Ça va trop vite. Ce que je veux dire, c'est qu'on a l'habitude de penser que, pour les goyim, la connaissance de D.ieu passe par la contemplation de la nature: on contemple la montagne, on contemple les champs, on est en admiration devant le monde de D.ieu, et c'est ainsi qu'on connaît D.ieu. Mais c'est une erreur, car c'est précisément l'intuition païenne, celle des païens.

Ils ont le sentiment de connaître la divinité à travers la nature, et c'est la raison pour laquelle ils divinisent la nature, ce qui est le fondement de l'idolâtrie. Tandis que lorsqu'il s'agit de connaître à travers un lieu humain, la maison, c'est alors que l'on commence à connaître ce qui transcende la nature. …

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