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Le Vav de l'Aleph et la double techouva

Le Vav diagonal de l'Aleph comme filtre d'humilité, et la nécessité de faire techouva de sa techouva.

1 h 01

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le Aleph, entre l'idéal et la réalité chez Rabbi Nahman, 1 h 04

En bref

Le Rav Oury Cherki commente un passage du Likutey Moharan de Rabbi Nachman de Braslav sur la techouva, en partant de la lettre Aleph, lue comme figure de l'idéal (le Yod supérieur), de la réalité (le Yod inférieur) et de la séparation qui les relie (le Vav). Il explique la différence entre l'honneur que l'on réclame pour soi, qui appelle l'enquête sur son mérite, et l'honneur divin, reçu par l'humilité et la techouva. Il montre que la techouva consiste à se taire devant l'humiliation, à faire techouva de sa techouva elle-même, et à savoir allier le mouvement d'approche de Dieu et celui de retrait.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Puisque nous en sommes là, nous allons continuer notre étude du Likouté Moharan, et nous sommes arrivés à la Torah Vav. Attendez, il y a quelque chose sur le tchat. Qu'est-ce qui est écrit ? « Toda David, Chavouot tov », dit Dan Zarmati. C'est sympathique. Bon, c'est un texte assez ardu que nous allons étudier. Pour le comprendre, il faut une petite introduction. Tout tourne autour de la lettre Aleph. C'est une interprétation de la lettre Aleph, avec les conséquences qu'elle a au niveau psychologique, sur le comportement intérieur, les midot et tout le reste.

Qu'est-ce que la lettre Aleph ? Je vous rappelle que c'est la première lettre de l'alphabet, et qu'elle représente donc l'origine. Elle est composée d'un Yod en haut et d'un Yod en bas, et entre le Yod d'en haut et le Yod d'en bas, il y a une diagonale. Cette diagonale est classiquement considérée comme un Vav, parfois comme un Vav unique, parfois comme deux Vav collés l'un à l'autre. Vous avez donc un Yod, un Vav et un Yod.

Remarquez une chose intéressante: en guematria, en valeur numérique, cela donne 26, qui est le Nom de Dieu, Youd-Hé-Vav-Hé. C'est-à-dire: le Yod d'en haut vaut 10, le Yod d'en bas vaut 10, et le Vav au milieu vaut 6. 10 plus 10 plus 6, ça fait 26. Et qu'est-ce que cela représente ? Nos maîtres ont donné beaucoup d'interprétations de la signification des lettres. Ici, cela voudrait dire que s'il y a un Yod supérieur et un Yod inférieur, il y a un idéal et une réalité. Et l'idéal, qui est le Yod supérieur, se traduit dans la réalité par le Yod d'en bas, qui est la perfection du monde d'en bas. Et entre les deux Yod, il y a un Vav.

— Vous entendez un bruit ou pas ? J'entends rien.

Bon, je vais essayer, une seconde. C'est pas facile, parce qu'en fait ça ébranle l'ensemble de la maison. Je vais voir. Nous allons faire ça ailleurs. Il n'y a pas, disons, de grande différence, mais on va essayer quand même. Ça va mieux, là ? On aura fait l'échec de l'autre. On va voir. C'est justement le moment où les ouvriers sont arrivés, et bon… que faire ?

Bon, je reviens à ce que nous disons. Le Aleph représente ici le lien entre deux Yod: le Yod supérieur, qui représente l'idéal, et le Yod inférieur, qui représente la réalité. Vous voyez que ma cuisine est belle. Et en fait, le Vav, la diagonale, représente la cloison qui est obligatoirement présente entre l'idéal et la réalité. Il y a toujours un écart, une séparation, et cette séparation nous permet de réaliser des idéaux.

Je voudrais rappeler à ce propos ce que dit le Kouzari quand il parle de la Chekhina, la présence de Dieu. La Chekhina est comparée à un rayon de soleil qui apparaît à travers les nuages, un jour couvert. Et ce que dit Rabbi Yehouda Halevi, c'est que le rayon de soleil témoigne de la présence du soleil, alors qu'on ne voit pas le soleil lui-même. C'est ça, la Chekhina. Il y a une certaine humilité de la part des récepteurs, c'est-à-dire de ceux qui comprennent la présence de la Chekhina. On se rend compte qu'on n'est pas capable de la confronter directement, de la manière dont on rencontrerait le soleil. On a besoin d'un filtre. Ce filtre, c'est ce qui nous permet de connaître Dieu. Ce filtre, c'est l'humilité, et il est figuré par le Vav diagonal qui traverse le Aleph de haut en bas.

Une fois tout cela bien clair, nous allons enfin pouvoir comprendre ce que veut dire Rabbi Nahman de Breslev, leshon Rabbeinu zichrono livracha, c'est-à-dire que ce qui est dit là est exactement ce qu'a dit ou écrit Rabbi Nahman. Vayomer Hachem el Moshé: Kera et Yehochoua, « Dieu dit à Moïse: appelle Yehochoua », ve'hitiatseva, et ainsi de suite. C'est la suite du verset qui est importante aussi: Kera et Yehochoua, ve'el Ohel Moed, « dans la tente de la rencontre », va'atsavé'ou, « et je lui donnerai des instructions ». Remarquez une chose intéressante: d'habitude, quand Dieu dit à Moïse d'amener quelqu'un, c'est pour que Moïse parle. Ici, Dieu dit à Moïse d'appeler Yehochoua, et c'est Dieu qui parle. C'est intéressant, on va comprendre bientôt pourquoi.

Une fois que tout cela est clair, nous allons lire le texte: « Tsarikh kol adam lemaït bikhvod atsmo, ouleharbot bikhvod hamakom »: tout homme doit amoindrir l'honneur de sa personne et abonder en honneur du Créateur.

— Est-ce que le Vav représente les six jours de notre travail ?

Le Vav, c'est la lettre Vav, et c'est le chiffre 6. Tous les prolongements éventuels pourraient nous amener très loin, et cela troublerait la cohérence du cours. Je suis donc obligé de ne pas répondre à cette question. Je reviens à notre texte: tout homme doit amoindrir l'honneur de sa personne et abonder en honneur du Créateur. Ki mi she rodef akhar ha-kavod, celui qui poursuit, qui est à la recherche des honneurs, ve-nozakh likhvod Elokim, ne reçoit pas la dimension qu'on appelle Kevod Elokim, la gloire de Dieu. Il

ne reçoit que kavod melakhim, la gloire des rois. Et il est dit au sujet de la gloire des rois: Kavod melakhim hakor davar, la gloire des rois consiste à ce que la chose soit analysée. Tout le monde fait des recherches sur lui et demande: qui est-il pour qu'on lui donne tant d'honneur ? Et on entre en controverse avec lui, parce qu'on affirme qu'il ne mérite pas cet honneur.

Le sujet, c'est dans quelle mesure on doit prendre conscience de sa propre grandeur. C'est le contraire de l'humilité, c'est en fait l'orgueil. Maintenant, le kavod, l'honneur, n'est pas une chose à mépriser, parce qu'il y a dans l'homme quelque chose qui fait qu'il dépasse les nécessités de la nature.

Je voudrais rappeler un enseignement de Maïmonide. Dans son introduction au Pérek Helek, il nous dit ceci: il est impossible à l'homme, quand il vit sur terre, de comprendre ce que représente le Olam Haba, parce que le Olam Haba n'est pas accessible par les sens, et que toutes nos connaissances nous viennent des sens. Donc, quand on est encore dans notre monde, on ne peut pas comprendre ce qu'est le Olam Haba. Cependant, dit Maïmonide, il y a quand même quelque chose dans notre monde qui nous donne une

idée, ne serait-ce que ténue, de ce qu'est le Olam Haba. Et quelle est cette chose ? C'est la recherche de l'honneur, du kavod. On voit que les hommes sont capables de perdre beaucoup d'argent, ou même la santé, et parfois même la vie, pour des raisons d'honneur. Cela veut dire qu'il y a dans l'homme quelque chose qui dépasse les nécessités de la nature. Jamais un animal, pour des raisons d'honneur, ne sacrifiera sa vie, alors que l'homme est capable de le faire. Donc le kavod, ce n'est pas

n'importe quoi.

Dans le Tanakh en général, le mot kavod représente ce que nous appelons l'âme, la néchama. Ourah kevodi, « éveille-toi, ô …

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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

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