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La joie des mitsvot et le salaire du jour même

Le Rav Cherki explique que la joie de accomplir une mitsva procure déjà le Olam Haba, sans attendre le soir de sa vie.

1 h 01

Rav Oury Cherki

Ensuite : La joie de la mitsva, chemin vers la sagesse, 1 h 00

En bref

Le Rav Oury Cherki commente l'enseignement de Rabbi Nahman de Braslav sur la joie de l'accomplissement des mitsvot, qui fait déjà goûter le monde à venir dans cette vie. Il explique ensuite que le cœur doit être redressé pour recevoir la joie, et que la prière intense, comparée au tonnerre, éveille l'intelligence intérieure et redresse la torsion du cœur. Il montre enfin qu'il faut préserver sa pensée des sagesses extérieures, qui fermentent l'intelligence, et que la crainte juste, la révérence aux valeurs, est la voie de l'écoute.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Eh bien, nous allons continuer, je crois, dans l'Ecoutez-moi arabe, n'est-ce pas ? On est en plein dans la cinquième Torah, la Torah Hé, et on est arrivé à Bézéu Chammou Raboteu, voilà, le Chabbat: Zohréu Mechad BaChabbat. Alors, de quoi s'agit-il ? Rappelons-nous une chose importante. Il s'agit ici du… Bon, la Torah s'appelle BaChasot Serot Doukhol Shofar, et il y a ici une différence entre la prière qui se fait avant le verdict et la prière qui se fait après le verdict. La prière qui se fait avant le verdict est plus facile, la prière qui se fait après le verdict est plus difficile. Voilà, ça c'est ce que nous avons vu jusqu'à présent. Et on peut ressentir, que l'on soit avant ou après le verdict, si on est quelqu'un qui a la joie, la joie de l'accomplissement des mitsvot.

Alors, c'est quoi la joie de l'accomplissement des mitsvot ? Il s'agit de la joie que l'on ressent du fait même que la mitsva que nous faisons est une mitsva, indépendamment de la récompense, du salaire que l'on peut recevoir pour la mitsva. Voilà, c'est ce qu'il dit ici: Vezeu Chammou Ravotei No Zichona Nuvracha BaChabbat. À propos, c'est ce qu'on dit, nos sages, à propos du Chabbat: Zohrehou Me'ehad BaChabbat, c'est-à-dire: souviens-toi du Chabbat déjà depuis le premier jour de la semaine. Haynou, ce qui veut dire: quand on parle du Chabbat, on parle du Olam Aba. Et on doit ressentir la plénitude du Olam Aba déjà au début de la semaine. On doit la ressentir, cette sainteté, cette plénitude du monde à venir, pendant les six jours de la semaine. C'est quoi, les six jours de la semaine ? Ce sont les mitsvot.

Alors, vous voyez ici que ce que fait Rabbi Nahman, il fait tout un codage. C'est-à-dire, nous avons vu que celui qui a la joie véritable, c'est celui qui fait les mitsvot, même sans espérance du Olam Aba, parce que quand il accomplit la mitsva, il est déjà dans l'atmosphère du Olam Aba. Ça me rappelle un enseignement de Manitou qui disait que la génération du désert, d'après Rabbi Akiva, n'a pas de part au Olam Aba. Comment peut-on dire de la génération qui a reçu la Torah qu'elle n'a

pas de part au Olam Aba ? Alors Manitou expliquait que cela voulait dire que la génération du désert a vécu déjà le Olam Aba. C'est-à-dire que leur existence était une existence qui est celle du Olam Aba: donc ils n'ont pas de part au Olam Aba, ils y étaient déjà. Eh bien, c'est un peu la même chose quand quelqu'un a une joie véritable dans l'accomplissement des mitsvot, c'est-à-dire qu'il est capable d'étudier, qu'il est capable d'accomplir les mitsvot.

Alors…

— Le paradis, comment on dit, c'est la Simcha ? Ou c'est la Simcha qui amène au paradis ?

— Donc, qu'est-ce que c'est, le paradis ? Le paradis, c'est la Simcha. Ah, ok, ok. Donc, si je suis capable de ressentir une joie intense de l'accomplissement des mitsvot, c'est que je suis déjà dans le Olam Aba. C'est ça qu'il dit. Et c'est à propos de ça qu'il est dit, Visez-vous, là, à nouveau, c'est une parabole: Beyo moti ten secharo, le jour de son travail, tu lui donneras son salaire. Che Yehé Secharo, Mea Mitzvot BeAtzmane. Il reçoit…

Une petite seconde, j'ai quelqu'un à la porte, je ne peux pas. En attendant, j'en profite pour dire que vos micros, vous pouvez encore les rallumer, et si vous avez une question, vous pouvez les allumer et les éteindre tout de suite après. Voilà. Le cours du Rav Cherki, on aimerait laisser les micros. Voilà, c'est tout. Ok. Excusez-moi, c'était un ouvrier, je ne pouvais pas… ne pas lui répondre.

Beyomo titen secharo: il faut donner le salaire de l'ouvrier le jour même. Vous voyez, c'est l'occasion. Alors, l'ouvrier, c'est nous, nous sommes des ouvriers. Et en général, on attend le salaire après le travail. Mais ce que nous dit ici Rabbi Nahman, c'est qu'on peut avoir le salaire du fait même du travail: Beyomo titen secharo, Chiyeh secharo, ma mitzvot BeAtzmane. Il reçoit sa récompense de la mitsva elle-même. Suite du verset: Ve lo tavo alav hachamesh, il ne faut pas attendre le coucher du soleil. Cela veut dire:

chéhou ein lo ma'asa mitsvot bichvil ha'olam haba, il ne fait pas les mitsvot pour recevoir le monde à venir, chei achar biachim cho, qui est après le coucher de son soleil, achar moto, après son décès. C'est-à-dire que quand j'accomplis les mitsvot, je suis déjà, je n'ai pas besoin d'attendre le coucher du soleil, c'est-à-dire le jour de ma mort, pour recevoir quelque chose après ma vie. Eh bien non, je reçois le jour même.

Voilà. Donc, ça, on a fini avec ça: le deuxième passage de la Torah. Maintenant, nous allons parler ici du cœur. Du cœur et des tonnerres et des éclairs.

Il y a un texte de la Guemara dans Berakhot qui dit que le tonnerre a été créé pour redresser la torsion du cœur de l'homme. C'est-à-dire, ce que suppose la Guemara, c'est que nous sommes tordus, chacun plus ou moins. Et pour rétablir la droiture, on a besoin pour ça des coups de tonnerre. Le coup de tonnerre nous ébranle.

Il y a des coups de tonnerre physiques. Il y a une bénédiction qu'on fait quand on entend le tonnerre, il y a une bénédiction qu'on fait quand on voit les éclairs. Et il y a également un tonnerre intérieur. Ce tonnerre intérieur, c'est un ébranlement de l'être qui fait qu'on se redresse. Une des mitsvot qui sont faites pour justement rétablir cette droiture, c'est ce qu'on appelle la sonnerie du Chofar.

C'est pour ça que tout ce texte tourne autour de la sonnerie du Chofar, mais ce n'est pas seulement le seul élément. Alors, je reprends ici. Pour comprendre de quoi il s'agit, on va parler du cœur, on va parler du tonnerre et des éclairs. Vayikar asimcha rou balèbre: l'essentiel de la joie est dans le cœur. Comment on le sait ? Kemo shekatouv, ainsi qu'il est dit: Natata asimcha belibi, tu as donné de la joie dans mon cœur.

Alors, vous voyez, c'est extraordinaire. Chez Rabbi Nahman, même des expressions communes, il amène un verset pour le dire. J'ai dit que la joie, c'est dans le cœur. Eh bien, sache qu'il y a un verset qui dit que la joie est dans le cœur: Ve'yivshar hallev bismahach, mais le cœur ne peut se réjouir elan ad shi'asirak mimiyyut milibo: tant qu'il ne s'est pas débarrassé de la torsion qu'il y a dans son cœur. Che yélo yashrut lev: il doit avoir un cœur droit. Ve'az yizke le simcha, c'est alors qu'il y a la joie. Kemo shekatouv, ainsi qu'il est dit: Ul yishre lev simcha, la joie est pour ceux qui ont le cœur droit.

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