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Le sage, le pécheur et la rencontre qui délivre

Comment la confession devant un sage fait remonter l'étincelle de sainteté, selon le Rabbi de Breslev.

46 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : L'humilité et la techouva selon Rabbi Nahman, 39 min

En bref

Le Rav Oury Cherki commente un passage du Likutey Moharan de Rabbi Nahman de Braslav : la rencontre entre le pécheur et le sage (talmid hakham) qui l'aide à avouer sa faute, geste qui libère l'étincelle de sainteté enfermée dans les klipot. Il explique aussi pourquoi l'humilité, et non le savoir seul, donne au sage la capacité d'expier, en s'appuyant sur l'épisode du Veau d'or et de Moshé. Le cours aborde enfin la psychologie des quatre défauts, liés à la tristesse, aux passions, à la médisance et à l'orgueil, et la façon dont la tsedaka et la proximité d'un tsadik les dissipent.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Chabbat Chalom. Nous allons donc poursuivre, avec courage, notre étude du Likouté Moharan. Je pense que nous sommes en plein milieu de la Torah d'Alet, qui s'appelle Anokhi Hachem Elokekha. Je vous ai dit que c'est un peu long, mais c'est important. Tout d'abord, je rappelle le thème général.

Anokhi Hachem Elokekha: « Je suis l'Éternel ton Dieu ». Qu'est-ce que Hachem Elokekha ? Hachem, c'est Midat HaRachamim, la miséricorde, et Elokekha, c'est Midat HaDin, la rigueur. Et Anokhi signifie que c'est le même. C'est-à-dire, sans dualisme. On pourrait évidemment imaginer qu'il y a un dieu de la miséricorde et un autre, le dieu de la rigueur, et qu'il y a une lutte entre eux. Or, la révélation de Anokhi Hachem Elokekha nous enseigne que non seulement c'est le même Dieu, mais qu'il se manifeste toujours de la même

manière dans ses différentes modalités. Quand nous voyons la rigueur, il faut savoir que c'est de la miséricorde cachée, et non pas un adversaire de la miséricorde. C'est comme, par exemple, une punition donnée par un père à son fils. Ce n'est évidemment pas par méchanceté ni par inimitié, mais par pitié, pourrait-on dire. C'est donc tout un travail que de savoir comment réaliser l'unité entre Midat HaDin et Midat HaRachamim.

Deuxième point, que nous avons déjà évoqué: c'est cette idée que les péchés sont inscrits sur les os. Etsem, un os, c'est-à-dire aussi l'essence, atzmiyout en hébreu. Le péché touche donc à l'essence de l'homme, et il y a tout un travail sur ces péchés, qui sont écrits sous forme de lettres. Qu'est-ce que des lettres ? Des lettres sont des volontés. Le mot ot vient du verbe ivah, qui signifie vouloir. Les lettres se manifestent donc comme une volonté déplacée, qui n'est pas au bon endroit. Se débarrasser du péché, c'est donc se débarrasser des lettres.

Comment se débarrasser des lettres ? Il existe pour cela une stratégie, qui est la parole: la parole, c'est le vidouï, le fait d'avouer sa faute, et c'est cela qui nous libère. Maintenant, il y a ici une innovation de Rabbi Nahman de Breslev: cette libération par la parole se fait avec l'aide d'un sage, d'un Talmid Hacham. Si l'on était vraiment superficiel, on pourrait comprendre que cela ressemble à la confession dans le christianisme. Cela n'a absolument rien à voir. Dans le christianisme, la confession fait partie de l'expiation, c'est-à-dire de l'humiliation qu'il faut traverser pour expier son péché. Chez Rabbi Nahman, le vidouï devant le Tzadik a pour but de se transformer. Le Tzadik entretient un dialogue qui va permettre au pécheur de se libérer de son péché.

Qu'est-ce que cela a à voir avec l'histoire de Midat HaRachamim et de Midat HaDin ? Nous le verrons par la suite. En tout cas, il y a ici une idée très importante: qu'est-ce que la rencontre vivante entre un homme qui a ses problèmes, qui a ses péchés, et le Tzadik qui est là pour l'aider à s'en débarrasser ?

Rabbi Nahman emploie ici une terminologie qui est celle de la Kabbale: en expiant son péché, on contribue à faire sortir la Malkhout, c'est-à-dire la royauté, des Klipot, c'est-à-dire des écorces, des forces du mal. Dans les forces du mal, il y a un mélange d'étincelles de sainteté qui sont enfouies à cause de nos péchés. En faisant le vidouï devant le Tzadik, il y a toute une stratégie qui permet justement de faire sortir la sainteté du sein des Klipot. Et c'est ce que nous voyons ici dans le texte que Yaakov nous a présenté. C'est ainsi que l'on ramène la Malkhout à son origine.

La Malkhout, c'est-à-dire la royauté de Dieu, qui est enfouie dans les Klipot et qui alimente les civilisations des Goyim, il faut la faire sortir et la ramener à sa racine. Ki shoresha Malkhout esh: car la racine de la Malkhout, c'est le feu. Il ne s'agit pas du feu physique, mais du feu symbolique. La Malkhout, la royauté, le pouvoir, ressemble au feu.

Kemo sheamru Chachamim zichronam livrakha, comme l'ont dit nos sages, dont le souvenir est une bénédiction. Lamah tahta Nevat. Pourquoi Nevat ? Nevat est le père de Jéroboam. Jéroboam était le roi d'Israël, qui a fait le schisme contre le royaume de Judée, et il a été encouragé à le faire par le prophète Ahiya HaChiloni. Son père, Nevat, avait déjà tenté de se révolter contre David une génération auparavant. Il s'était trompé. C'était le fameux Cheva ben Bichri, qui s'était révolté contre le pouvoir de David. Finalement, il a été tué, mais son fils Jéroboam a réussi à devenir roi d'Israël.

En quoi était l'erreur de Nevat ? Techila, esh shé-atsa, eshmé hamato. Pouvez-vous expliquer plus en détail le lien entre la Malkhout et le feu, s'il vous plaît ? Il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus. Le feu, c'est ce qu'on appelle aujourd'hui l'énergie: l'intériorité de tous les éléments. La Malkhout, c'est également l'élément général, qui inclut tous les autres éléments de la société. On peut dire cela. Le pouvoir est fort, le feu est fort: de tous les éléments, c'est le plus fort.

Revenons à Nevat: comment a-t-il pu penser qu'il allait devenir roi ? Chehar'a chehatsa eshmé amato: quand il a vu du feu sortir de son membre viril, il n'a pas compris que cela correspondait à son fils, et non à lui-même.

La Torah aussi est appelée feu, parce que c'est d'elle que vient la royauté. Ainsi qu'il est dit: Halo kedvari ka-esh, « Ma parole n'est-elle pas comme le feu ? ». C'est la Torah qui parle: « C'est par moi que règnent les rois ». Cela veut dire qu'il y a dans la Torah un élément de souveraineté qui se cache en elle. Donc la Malkhout, qui est du feu, vient de la Torah, qui est du feu. Vayikra: la Torah, c'est l'essentiel.

Talmidei Chachamim: ce sont les sages. Kemo sheamru Chachamenu Zichrono livrakha, comme disent nos sages. Kama tivkha'e de-kayma mikame sefer Torah ve-la kayma mikame tsurva midra banna: combien sont bêtes ceux qui se lèvent devant un Sefer Torah, mais ne se lèvent pas devant un sage.

Vezé ou kol davar hachéroyavou ba-esh: « Tout objet qui peut passer par le feu, vous le ferez passer par le feu ». De quoi s'agit-il ? Il s'agit là du butin. Après la guerre de Midian, le butin devait être purifié de l'impureté des Midianites, et tout ce qui pouvait passer par le feu devait passer par le feu. Mais là, l'expression employée est davar. Davar ne signifie pas seulement un objet, comme en hébreu moderne: davar veut dire aussi une parole. Davar, c'est donc la Malkhout, qui est enfouie au sein de l'impureté, dans l'échauffement des passions, betor ha-mimut ha-yetser.

Comme on le voit, par exemple, dans l'histoire du feu dans la maison d'Amram: il s'agit d'un maître du nom de Rabbi Amram le Hassid, qui avait racheté des captives juives qui étaient en captivité chez les Goyim. Il avait réuni de l'argent pour …

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