Rav Arié Levin, le tsadik de Jérusalem
Comment le jeune Arié Levin devient le rabbin de Jérusalem, visiteur des prisonniers et père des plus démunis.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Le Rav David Acohen, le Nazir de Jérusalem, 52 min
En bref
Le cours retrace la vie du Rav Arie Levin (1885-1969), arrivé en Erets Israël à vingt ans, qui fut mashgia de la yeshiva Etz Haïm et s'occupa des petites classes. Il rappelle comment il accepta d'être le rabbin des prisonniers juifs, musulmans et chrétiens du Migrash HaRoussim pendant le mandat britannique, sans rémunération, en portant leurs messages à leurs familles. Il évoque aussi son refus de toute rancune, sa manière de saluer chacun selon sa communauté, et son attachement à Jérusalem réunifiée en 1967.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
C'est bon ! C'est dans la boîte. Très bien. Alors, juste avant que j'oublie, le cours sera dédié à l'élévation des âmes des Elohim Nishmat, Yonatan Trevroni, du midrash de Givat Shmuel et de toutes les victimes de la tragédie de… Bien sûr. Les Elohim Nishmatam et les refoua de tous les blessés, évidemment, et également de l'attentat de Tomer Tapouah. Alors, les amis, Erev Tov, les coulams ! On est lancés dans notre étude.
Du lundi, sur les personnages extraordinaires qui ont marqué nos cent cinquante dernières années. Et là, comme on se prépare à Yom Yerouchalayim la semaine prochaine, il n'y aura pas cours, puisqu'il y aura danse, il y aura drapeau, il y aura Yom Yerouchalayim. Alors on a réfléchi, on s'est dit: il fallait parler de la personnalité rabbinique la plus hiérosolymitaine possible.
Et donc, oui, ça fera doublon pour toutes les personnes qui… Je ne me rappelle même plus quand on avait fait ça, mais il y a quelque temps, lorsqu'on avait fait le Tikoun, je ne sais pas, il y a combien d'années c'était ?
— J'aurais dit deux ans, mais…
— Deux ans, toi tu dis ? Pas plus ?
— Peut-être. Top, le D.A. Peut-être trois.
Donc peut-être que ça fera doublon avec le Tikoun qu'on avait fait avec Rav Yaakov Perl, mais ça nous rafraîchira la mémoire, et ça permettra aussi aux autres de vouloir participer au prochain.
Siyoulim. Alors on y va. On va be'ézrat Hachem. Rav Arié Levin. Rabbi Arié Levin. Harav Arié Levin. Immersion, c'est parti.
Alors, le début de l'histoire est évidemment une histoire classique. Je peux vous dire qu'il est né en 1885, et qu'il est né pas loin de la région de Bialystok. Ok.
Je peux vous dire qu'il a passé par plusieurs yeshivot ktanot, qu'il a été refusé à la yeshiva de Volojin parce qu'il était trop jeune pour y entrer. Bon, tout ça, d'accord. Mais le plus important dans la vie de Rav Arié Levin, c'est quand il décide finalement d'arriver ici. Quand il décide d'arriver en Erets Israël, il a vingt ans. Et c'est là que tout va véritablement commencer.
Évidemment, il a déjà commencé à étudier la Torah bien avant, il est déjà Talmid Hakham, mais la vie et l'œuvre de Rav Arié commencent à partir du moment où il arrive véritablement en Erets Israël. Dès son arrivée, il se rattache énormément à celui qui est le grand rabbin de Jérusalem, l'un des personnages rabbiniques les plus importants de la ville. Il s'appelle Harav Tsvi Pessah Frank.
On fera certainement une étude plus poussée sur lui. Et donc, le Rav Frank va tout de suite déceler chez Rav Arié Levin quelque chose d'extraordinaire, quelque chose qui n'est pas normal. Pas normal dans le sens où ce bonhomme a quelque chose que l'on ne retrouve pas chez les autres. Où est-ce qu'on trouve, d'ailleurs, ce petit quelque chose ?
Parmi tous les personnages qui ont rencontré Rabbi Levin et qui peuvent en témoigner, et quand on voit la photo que tu as publiée, Machin, c'est Bapanim. Bapanim. Cheikh Rabbi Levin, eh bien, ça dit tout. Ça dit tout, qu'est-ce que tu veux que je te dise. Et au final, lorsque le Rav Frank décèle chez Rav Arié Levin cette dimension extraordinaire, il lui dit: « Écoute, j'ai une belle-sœur. Elle aussi vient d'arriver en Israël, et je pense que ça pourrait valoir le coup que vous vous rencontriez. »
Et donc, ni plus ni moins, ni une ni deux, le jeune Arié va rencontrer la jeune Hana. Ils ne vont pas tergiverser. Au bout d'une rencontre, les deux sont clairement dedans, ils sont clairement motivés. Ils se disent: « Bon, alors on va se marier, c'est tout. »
Le seul problème, c'est que, comme le dit Rav Arié Levin à sa future femme Hana, il existe un minhag ancien du peuple juif: lorsqu'on se fiance, le khatan donne à la kala un petit cadeau, et la kala donne au khatan un petit cadeau. Aval, nous, nous n'avons rien à donner. C'est-à-dire que toi et moi, nous sommes de nouveaux immigrants, nous n'avons rien, nous ne pouvons rien donner.
Alors Hana lui dit: « Mais ce n'est pas grave. On ne fait pas de cadeau, ce n'est pas grave. » Et Rav Arié lui répond: « Non, il faut qu'on se fasse un cadeau. J'ai un cadeau que je te propose, qu'on peut se donner mutuellement, qui est gratuit, mais qui reste pour l'éternité. » Et Hana lui dit: « Nous, nous… » Et là, Rav Arié lui dit: « Maintenant, ta vie … » Qu'à partir de maintenant, dans notre vie à tous les deux, eh bien, toujours, nous serons mevatrim exad la-chéni: lorsque tu me demanderas quelque chose, même si ce n'est pas ce que je veux, ani mevater lakh; et lorsque je demanderai quelque chose, même si ce n'est pas ce que tu veux, at mevataret li. Tu acceptes ma volonté et moi j'accepte ta volonté. Toujours, quoi qu'il arrive.
Eh bien, les amis, c'est ce qui va amener ce couple à vivre be-simha, be-shalom, ve-be-avagmoura. Tellement gmoura. Tellement gmoura que cette histoire de Rav Arié Levin, tsadik de Yérouchalayim, est si connue que lorsqu'il arrive chez le médecin parce que sa femme a une inflammation du pied, et que Rav Arié dit au médecin: « Docteur, le pied de ma femme nous fait mal… »
Et chez Rav Arié Levin, ce n'est pas une tournure de style, c'est ma'amar Kaha.
Alors, il est temps d'entrer dans le tsadik de Yérouchalayim, dans le tsadik de Jérusalem. Il est le personnage de Jérusalem sous bien des aspects. Je vais vous dire un truc pour commencer. Lors de son enterrement, en 1969, dans les hespédim … Il n'y en aura pas. Rav Arié Levin a demandé, dans son testament, si l'on peut dire ainsi, dans ses dernières volontés, qu'il n'y ait pas de hespédim le jour où il meurt. Parce qu'il ne veut pas qu'à cause de lui, les gens soient tristes. Il a donc demandé qu'il n'y ait pas de hespédim.
Maintenant, tu t'imagines bien que c'est le genre de demande qu'on ne respecte pas. Sauf que là, il a tout fait pour qu'on la respecte. Et donc, Rav Arié Levin décède, Erev Chabbat HaGadol. Il n'y aura pas de hespédim parce que, un, c'est motsa'ei Chabbat, on est samoukh lamotsa'ei Chabbat, et deux, c'est Rosh Hodesh Nissan. Dans les deux cas, on ne fait pas de hespédim, il n'y aura pas de hespédim comme il l'a demandé.
Mais pendant les moments qui ont suivi, l'enterrement, la shiva, les gens diront que Rav Arié Levin… Il y a quelque chose de très, très particulier. Des tsadikim, il y en a plein, dor dor ve-dor, il y en a plein. Mais Rav Arié Levin, quand il est parti, personne ne devait lui demander pardon. Il n'y avait aucune personne sur terre à qui il devait encore demander pardon. C'est-à-dire qu'il n'a jamais fait de mal …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Portraits des géants d'Israël : Rav Goren, Rav Mordekhaï Eliyahou, Rav Aryeh Levin. Leur vision, leur courage.
- 2
Le Rav Ben Sion Meir Hai Ouziel, chef du SanhédrinSa filiation de rabbins, son élection sans vote comme grand rabbin d'Israël et l'autorité qu'il exerçait sur les séfarades. - 3
Rav Chalom Messas, la force de la traditionPourquoi le grand rabbin séfarade de Jérusalem défendait la massorah marocaine face aux décisions du Rav Ovadia Yosef. - 4
Le Rav Yitzhak Nissim et l'honneur d'IsraëlSon parcours de Bagdad à Jérusalem, sa visite au kibboutz Gan Shmuel et le rôle qu'il a joué dans l'État juif. - 5
Rav Yaakov Meir, de la Grèce à BukharaComment le futur Richon LeTsion, envoyé de Jérusalem, obtient la sortie de trois juifs de Jaffa et part collecter des fonds en Boukhara en 1882. - 6
Rav Arié Levin, le tsadik de JérusalemComment le jeune Arié Levin devient le rabbin de Jérusalem, visiteur des prisonniers et père des plus démunis. - 7
Le Rav David Acohen, le Nazir de JérusalemLes deux événements de jeunesse qui forment sa Torah d'émet, et son lien avec le Rav Kook. - 8
Rav Yaakov Moshe Harlap, un tsadik de JérusalemNé à Jérusalem en 1882, héritier des élèves du Gra, il lie sa Torah à celle de ses parents et dialogue avec le Rav Kook. - 9
Le Rav Meir Yehouda Getz, Rav du KotelParcours d'un élève de Tunis, de la perte de son fils Avner à sa mission auprès du Kotel après 1967. - 10
Rav Tzvi Yehouda Kook et la Torah de la GueoulaComment le fils du Rav Kook a traduit l'idéal de son père en réalité concrète : la Judée-Samarie et l'installation en Erets Israël. - 11
Le Rav Moshe Tzvi Neria, éducateur et bâtisseurDe Lodz à Jérusalem : comment un jeune prodige devient le guide du Bnei Akiva et de la kippa tricotée.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav