Orot HaTechouva, partie 17
Comment, dans le repentir, séparer le bien mêlé au mal sans regretter ce qui est bon.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Techouva et Torah : deux efforts qui se complètent, 43 min
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Eh bien, chers amis, nous allons donc continuer Orot HaTechouva. Nous sommes dans le chapitre Tet et nous sommes arrivés au paragraphe Hé. Tout ce chapitre parle de ce qu'on appelle la volonté et des transformations de la volonté qui sont inhérentes à la techouva. D'ailleurs, la techouva est un acte de volonté. Faire techouva, c'est changer de volonté: jusqu'à présent, je voulais le mal, maintenant je veux le bien. C'est ça, faire techouva.
Mais il y a également un autre élément très profond, c'est la volonté comme entité métaphysique, c'est-à-dire la volonté du Créateur qui se cache dans l'âme de chacun d'entre nous et qui, quand elle est consciente, nous donne notre véritable volonté. Parce que souvent, nous voulons des choses et nous ne savons pas ce que nous voulons vraiment. D'ailleurs, très souvent, quand on demande aux gens « qu'est-ce que vous voulez ? », ils répondent, ce qui est assez surprenant: « Je ne sais pas vraiment ce que je veux. » Effectivement, ce que je veux vraiment se trouve dans ma néchama, et je ne suis pas toujours conscient de la véritable volonté qui m'habite. Et la techouva permet de révéler cette volonté.
Nous allons donc passer, dans le paragraphe suivant, à quelque chose de relativement technique, si on peut parler ainsi. Lorsqu'on fait techouva, on est occupé à faire techouva, et on doit faire ce qu'on appelle un heshbon nefech, c'est-à-dire vérifier où l'on a fait le bien et où l'on a fait le mal. Le problème, c'est que si le mal était clairement défini et le bien clairement défini, il n'y aurait pas de problème à faire techouva. Le problème, c'est que très souvent, il y a un mélange. Et donc, il faut savoir faire la différence. Il faut définir précisément l'essence du bien et du mal, afin que le regret, l'ébranlement de la volonté du positif vers le négatif, ne s'adresse qu'envers le mal et non pas vers le bien.
C'est-à-dire que si je fais techouva et que je dois regretter mes mauvaises actions, il ne faut pas regretter la bonne action, ni même la bonne action qui était mêlée à la mauvaise action. Peut-être qu'on va donner quand même un exemple pour expliquer de quoi il s'agit. Vous savez, le Baal Chem Tov a demandé à ses élèves de chercher ce que l'on peut apprendre des voleurs et des enfants. Une des choses que les élèves du Baal Chem Tov ont dites qu'on pouvait apprendre des voleurs, c'est qu'ils sont prêts à travailler même la nuit, et qu'ils sont prêts même à se mettre en danger pour arriver à leur but. Ce sont des bonnes choses.
Imaginez quelqu'un qui fait techouva. Il était voleur, il fait techouva. Doit-il regretter s'être investi dans le travail la nuit pour nourrir sa famille ? Non, c'était une bonne chose. Bien que le fait de voler soit un mal, l'investissement d'énergie qui fait qu'on peut travailler même la nuit, eh bien ça, c'est une bonne chose.
Ou bien, par exemple, les enfants. Les enfants sont toujours heureux, ça c'est très important, même si l'enfance est parfois un peu bête, mais le fait d'avoir du bonheur est une bonne chose. Et puis, à part ça, les enfants ne renoncent jamais à ce qu'ils veulent jusqu'à ce qu'ils le reçoivent. Là aussi, il y a un élément positif et un élément négatif. Donc, ce que dit, quand vous faites vos techouvot, faites attention: ne pas regretter l'aspect positif qui est mêlé à l'aspect négatif.
Maintenant, le Rav Kook va plus loin. Il faut mettre en évidence le bien qui se trouve dans la profondeur du mal, et le renforcer, avec la même puissance qui nous fait fuir le mal. C'est-à-dire que même dans le mal, ce n'est pas simplement qu'il y a du bien mélangé au mal, mais dans le mal lui-même se cache une racine, un noyau de bien qu'il faut savoir mettre en évidence, afin que la techouva soit une puissance qui agit pour le bien. C'est-à-dire que quand je fais techouva, je suis capable de voir aussi, dans la mauvaise action que j'ai accomplie, l'élément positif qui se cachait dans le mal lui-même.
Je vais donner un exemple tout simple. Je vais peut-être revenir au voleur. Le voleur, non seulement il est prêt à se lever en pleine nuit, ça on l'a déjà vu, mais il y a aussi quelque chose d'autre. Dans le vol, il y a un désir puissant de vie. Je veux vivre, je veux vivre à tout prix. Et si je veux vivre à tout prix, c'est donc que la vie est importante. Pour vivre à tout prix, tu as été prêt à sacrifier la vie des autres, tu as été prêt à t'emparer des biens des autres. Alors, c'est un mal. Mais il y a un élément positif dans l'amour de la vie.
Et donc, quand on fait ses choix, il faut également faire cette distinction. Il faut se rendre compte de l'importance de l'amour de la vie qui se cachait dans le mal. Et dans ce cas-là, on peut faire la séparation, la division.
Je voudrais vous donner un autre exemple bien connu, celui de la paresse. Vous savez, quand on voit quelqu'un de paresseux, l'homme de morale vient le voir et lui dit: « Tu n'as pas honte ? Tu ne te rends pas compte que c'est tellement bien de se lever, de travailler, d'être actif ! » Et celui qui entend la remontrance, caché sous son édredon, dit: « Cause toujours. »
Je sais très bien que c'est beaucoup plus agréable, et en fait bien meilleur, de rester sous sa couverture que de sortir dans le froid pour travailler. Et effectivement, il y a ici un problème: la personne qui donne la remontrance a raison, mais la personne cachée sous la couverture, en général âgée de quinze ans, a raison aussi. Et en fait, on peut faire la remontrance autrement, à la manière de Rabbi Saadia Gaon.
Rabbi Saadia Gaon, dans son livre Emounot veDeot (Les croyances et les opinions), explique d'où vient la paresse. Il dit que la paresse vient d'une intuition profonde de ce que c'est que le Olam Haba, le monde à venir. En effet, dans le monde à venir, je ne fais rien: c'est le moment du repos. Et comme je sais qu'un jour j'y arriverai, alors j'anticipe.
Alors, dans ce cas-là, si vous voulez expliquer à celui qui est caché sous sa couverture ce qui le porte, au lieu de lui dire « c'est mal ce que tu fais », il faut lui dire: « Mais c'est très bien ce que tu fais, tu anticipes le Olam Haba, tu te rends compte qu'il y a un niveau d'être où le repos est le travail de l'homme. » Alors, la personne endormie sous son édredon entend ça et se dit: « Ah, enfin quelqu'un qui m'a compris ! »
Une fois qu'on m'a compris, je suis tout content qu'on ait donné de la valeur à ma paresse. Parce que maintenant, moi aussi, je comprends que cette paresse ne vient pas du …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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