Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le mois d'Adar et la joie qui augmente

Pourquoi la Guemara demande d'augmenter la simcha en Adar, et ce que cela signifie pour l'homme d'Israël.

30 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Entre Pessa'h et Chavouot : de la Gueoula reçue à la Gueoula conquise, 26 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tout le monde. Aujourd'hui, Béezrat Hachem, nous allons développer un sujet qui concerne la période dans laquelle nous sommes, c'est-à-dire le mois d'Adar. Le mois d'Adar est un mois très, très spécial, où les sages nous donnent quelques éléments pour essayer de comprendre le fond, l'essentiel de la lumière de HaKadosh Baroukh Hou qui se dévoile durant ce mois.

Vous savez que chaque mois de l'année, en tout cas chaque fête de l'année, a une capacité bien spécifique, et selon cette capacité se dévoile une lumière de HaKadosh Baroukh Hou, une manière d'être de HaKadosh Baroukh Hou dans ce monde. Celui qui étudie le temps, qui connaît le temps, qui se connecte avec le temps, peut décoder la force, la puissance cachée à l'intérieur du temps dans lequel nous sommes.

Alors, qu'est-ce qui se passe de si particulier dans le mois d'Adar pour que cette force-là, que cette fête de Pourim qui se trouve à l'intérieur du mois d'Adar, se réalise précisément dans ce mois-là ? Je répète ce que nous avons déjà développé dans d'autres chiourim: le peuple d'Israël ne fête pas les fêtes parce qu'un jour elles se sont réalisées à telle période par hasard dans l'histoire.

Par exemple, la fête de Pourim, par hasard, un jour, s'est réalisée durant le mois d'Adar. Et donc, depuis ce jour-là, on fête Pourim le mois d'Adar. Pas du tout. C'est exactement l'inverse. Si la fête de Pourim a pu se réaliser dans le monde, c'est parce qu'il y avait un temps précis pour cette réalisation, et ce temps précis est le mois d'Adar. De la même manière, par exemple, ce n'est pas parce qu'un jour dans l'histoire nous sommes sortis d'Égypte, et que par hasard, quand on a regardé le calendrier, c'était le mois de Nisan. Alors, à chaque fois que le mois de Nisan revient dans le monde, on va se dire: tiens, un jour nous sommes sortis d'Égypte pendant ce mois de Nisan, et donc nous allons fêter encore une fois Pessa'h. Pas du tout.

Si la sortie d'Égypte s'est réalisée un jour dans le monde, c'est parce qu'elle s'est revêtue dans le mois de Nisan, qui est un temps propice à cette libération. Et la fête de Pessa'h, à la date où cela s'est réalisé, c'est parce que la date elle-même contient en elle une énergie qui permet la libération, la sortie d'Égypte. Et la même chose pour toutes les fêtes.

Concernant le mois d'Adar, qu'est-ce qui se passe précisément ? La Guemara, dans le traité de Taanit, à la page 29, première page, nous dit la chose suivante. Amar Rav Yehouda, fils de Rav Shmuel bar Shilat, au nom de Rav, nous enseigne ceci: Michenikhnas Av mema'atim béSimcha, de la même manière que lorsque le mois d'Av arrive dans le monde, on va diminuer la simcha; michenikhnas Adar marbin béSimcha, dès que le mois d'Adar arrive, lui aussi, alors on va augmenter la simcha.

Déjà, avant de continuer, il y a quelque chose de très intéressant. Généralement, le mois d'Av évoque chez nous un degré de tristesse, de mélancolie, de peine, de souvenir de l'exil, de destruction du Temple. Et là, nous voyons que les sages emploient un terme bien précis. Ils ne disent pas que lorsque le mois d'Av arrive, il faut se mettre à pleurer, commencer à ressentir le deuil, commencer à jeûner, et commencer à aïe aïe aïe. Pas du tout. Il est écrit: lorsque le mois d'Av arrive, il faut diminuer la simcha.

Quelle est la différence ? Une grande différence. Il ne s'agit pas ici de se mettre dans un deuil, ḥas véchalom, mais de diminuer la simcha. C'est-à-dire que dans mon curseur de valeurs, je n'ai qu'une seule chose dans le judaïsme, et cette chose-là s'appelle la simcha. Plus ou moins de simcha, c'est tout ce que j'ai. Il y a des mois dans l'année où je dois augmenter le volume de la simcha, il y a des mois où l'on diminue le volume de la simcha, mais nous avons en tout cas une seule valeur, c'est toujours la même, la simcha. Nous avons un seul sujet, la simcha.

Comment traduire ce mot simcha, très difficile à traduire en français ? La joie, je ne sais pas trop. En tout cas, la base même de la simcha, de la réjouissance, du bonheur intérieur, vient de ce que nous avons vu tout à l'heure dans cette fameuse Guemara, où nous augmentons ou diminuons le degré de la simcha. C'est-à-dire que nous avons une seule valeur, qui fait partie de notre identité, qui fait partie de notre essence. Et cette valeur-là s'appelle la simcha.

Et d'où vient cette simcha ? D'où vient cette joie ? Elle vient de la valeur intérieure que nous avons, c'est-à-dire de l'éternité qui est en nous. Nous savons bien que HaKadosh Baroukh Hou a créé le peuple d'Israël avec une valeur d'éternité. Ḥaye olam natah betokhénu: une vie éternelle, une vie infinie a été implantée à l'intérieur de notre être. Et cette partie infinie qui est en nous, qui s'appelle le Netsa'h, l'éternité d'Israël, c'est elle qui nous procure cette simcha, cette joie, d'une manière continuelle.

Là, nous sommes obligés de faire une mini-conclusion. Ce qui ressort de ce qu'on vient de dire, c'est que la simcha ne peut pas apparaître dans quelque chose qui n'est pas entier, dans quelque chose qui n'est pas continu. Il n'y a pas de bribe de simcha. Il n'y a pas de simcha ponctuelle. Il y a une simcha, et c'est tout. Cette simcha est plus ou moins forte, son volume est plus ou moins grand, mais la valeur intérieure la plus correspondante au peuple d'Israël, c'est cette fameuse simcha. Et donc la simcha va apparaître tout le temps, uniquement dans quelque chose qui a cette entité, dans quelque chose qui est de l'ordre de l'entier.

Pour définir un tout petit peu plus, on peut dire que la simcha est une expression qui vient du plus profond de notre être d'Israël, qui vient en fait de notre identité la plus vraie. Nous avons parlé autrefois, dans d'autres chiourim, de l'émouna. Et en réalité, la réalisation de l'être procure de la simcha. C'est-à-dire que, lorsque l'homme se réalise, réalise le divin qui est en lui dans sa vie de tous les jours, alors il fait un acte d'émouna. Et en même temps, cet acte d'émouna engendre un sentiment de joie, un sentiment de simcha. Plus nous sommes collés à notre identité la plus forte, à notre identité d'Israël la plus essentielle, celle qui nous fait vivre de l'intérieur, plus la simcha est grande.

Le Rambam, dans les halakhot de Yom Tov, au chapitre 6, halakha numéro 20, écarte toutes sortes de joies qui ne sont pas de vraies joies. Ce sont des joies provisoires. Si quelqu'un, par exemple, a bu un peu trop de vin, qu'il a commencé à raconter quelques blagues, avec une certaine légèreté, et ainsi de suite, le Rambam dit: cela, ce n'est pas une simcha de émet, ce ne sont pas de vraies smachot, ce ne sont pas des joies réelles. Ce sont des passages euphoriques qui ne font …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

Dans la même série

Cycle numéroté d'études sur la Gueoula donné au Mahon Meir.

  1. 11
    Hanouka, la lumière qui se dévoile de l'intérieur
    Le mois de Kislev, la Ménorah du Beit Hamikdash et la victoire du Kodesh sur les ténèbres de l'exil grec.
    28 min
  2. 12
    Yosef et Yehouda : deux chemins vers la Gueoula
    Rachel et Léa, le monde visible et le monde caché, et comment Yosef et Yehouda conduisent ensemble vers la Gueoula.
    31 min
  3. 13
    Les plaies d'Égypte et la précision divine
    Pourquoi Dieu frappe avec précision, distingue Israël et frappe les premiers-nés, selon le Rav Kook.
    29 min
  4. 14
    Toubichvat, le nouvel an de l'arbre et la Gueoula
    Pourquoi Toubichvat renvoie à la faute du fruit, à la sortie d'Égypte et au processus de la délivrance.
    30 min
  5. 15
    Le mois d'Adar et la joie qui augmente
    Pourquoi la Guemara demande d'augmenter la simcha en Adar, et ce que cela signifie pour l'homme d'Israël.
    En cours de lecture
  6. 16
    Entre Pessa'h et Chavouot : de la Gueoula reçue à la Gueoula conquise
    Le Omer comme chemin de l'homme : du don gratuit de la sortie d'Égypte à la Torah acquise par ses mesures.
    26 min
  7. 17
    Les trois phases de la délivrance selon le Rav Kook
    Atchalta de Gueoula, Gueoula et Gueoula chéléma : pourquoi les crises annoncent la délivrance.
    21 min
  8. 18
    L'attente active de la Gueoula, selon le Rav Harlap
    Voir l'action divine dans l'histoire d'aujourd'hui : la Tzipia comme processus, non comme date.
    21 min
  9. 19
    Le désir de Dieu, moteur de la Gueoula d'Israël
    Le rav Harlap explique comment la recherche intérieure du divin, même fautive, prépare la délivrance du peuple.
    23 min
  10. 20
    La terre d'Israël, le blanc entre les lettres
    Comment lire le visible et l'invisible de la prophétie, à partir du texte du Rav Harlap sur la terre d'Israël.
    56 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav