L'émouna et la pensée juive : voir la présence divine dans le monde
Comment la neshama et la vie reliée au Divin fondent l'émouna, à partir d'Orot HaKodesh.
Rav Yoël Benharrouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom Aleichem. On résume ce qu'on a vu la fois dernière dans Orot HaKodesh, livre numéro un, Aleph, dans le Siman Samech Dalet. Im tirtzé ben Adam yistakel be-or haChekhina be-khol haYekoum: cela dépend de ta volonté de voir la lumière de la présence divine dans toute l'existence. Yistakel be-ayden haChaim haShamaïm: tu peux arriver même à voir la délicatesse qui se trouve dans les cieux.
C'est-à-dire les cieux, qui sont en réalité synonymes de la volonté première, les idéaux. Le ciel, ce n'est pas un lieu, c'est tout simplement un niveau, un niveau de conscience, là où les choses sont voulues telles que Dieu les avait prévues. Tout ça, c'est le ciel. La terre, c'est ce qu'il y a, c'est-à-dire ce que nous devons faire en sorte de réaliser de la première volonté.
Nous avons donc la possibilité, tout en étant ici-bas, de réaliser ce qui était prévu, de transformer la Erets, la terre, en Ratzon, en volonté. Et on peut voir la présence divine dans tous les degrés de ce monde, et comment cette lumière divine se répand dans toute l'existence.
Au niveau de l'esprit et au niveau de la matière, c'est-à-dire achomrim, harouchanim et achomrim, et au niveau de la matière et au niveau de l'esprit. Sous-entendu: même la matière ne fait pas obstacle, dans sa source, à la lumière divine. Attention. On ne peut pas croire que le corps, ou que la matière, soit en réalité une contradiction à Dieu. Non.
C'est complémentaire. C'est dans la matière que nous devons réaliser le divin. Sinon, Dieu n'aurait pas créé le monde, on n'aurait pas besoin du monde, on serait restés uniquement des neshamot. Nous ne sommes pas que des neshamot, des âmes; nous sommes des âmes dans des corps. C'est-à-dire que HaKadosh Baroukh Hou veut des corps, et qu'il veut que, dans les corps, dans le corps de ce monde, dans la matière de ce monde, se révèle l'infini.
Donc tu vas utiliser tes yeux de chair pour voir, avec ces yeux-là, ce qu'on peut voir avec des yeux de l'infini. Avec l'émouna du Rav Kook: transforme ton regard comme s'il était le regard de Dieu lui-même. Vois l'existence avec les yeux de l'éternel, et non pas seulement avec tes yeux à toi, qui limitent les choses. Les yeux représentent la sagesse de l'homme, la Chochma. C'est comme un miroir de cette Chochma.
Donc tu peux voir, en fait, dans la splendeur de tout ce qu'HaKadosh Baroukh a créé. Et tu verras en réalité comment la vie de ces choses-là est remplie de la vie qui vient d'HaKadosh Baroukh lui-même. C'est lui le donneur de vie, c'est donc lui la source de la vie, c'est lui qui fait vivre toute chose, et toute chose vit de son être.
Et ça, tu arriveras à le voir, si tu le veux. C'est le début de ce que le Rav nous dit. Et tu ne le verras pas comme une notion lointaine, fade, ou assez sombre à tes yeux parce que les choses ne sont pas encore claires. On te fait voir, on te fait miroiter de très, très, très loin, comme une idée très lointaine de toi, non ?
Ki im da'at metziutcha ata chayav. Je veux dire, dit le Rav, que tu peux en réalité être en connexion avec la vie que tu es en train de vivre. Sous-entendu: si tu n'es pas en connexion avec la vie que tu vis, tu es donc en décalage avec ta propre existence, donc tu manques de certitude de ton être. Vous me suivez ? Si je ne certifie pas mon être, j'ai un problème d'émouna.
Car je ne certifie pas l'être que je dois certifier. Or, comme je suis, moi, vivant du vivant, c'est-à-dire que je vis de sa vie, que j'existe de son existence, si je n'existe pas vraiment, cela veut dire que son existence ne me traverse pas suffisamment. On est clair ? Donc, moralité: plus je suis dans l'absence de mon être,
plus cela veut dire, Chas véchalom, que je manque de circulation du divin à travers moi. C'est un Hilou lakhem. Dans un cas exagéré, c'est comme si Dieu ne circulait pas dans l'homme. Alors que si l'infini circulait à travers nous, eh bien on serait vivants à quel niveau de vie ? Au maximum. Et qu'est-ce que cela veut dire, au maximum ? Jusqu'à un point où la mort n'existerait plus. D'accord ?
Donc la mort, en réalité, n'est pas censée exister. Si la mort existe encore dans le monde, c'est qu'il y a un manque de circulation de l'infini. Donc, Hass véchalom, quelqu'un qui croit que la mort est obligatoire et qu'elle va rester tout le temps considère qu'il y a un ennemi de Dieu qui est plus fort que lui, en l'occurrence la mort.
Alors, moi, je vous dis une chose très simple: s'il y a deux combattants, il y a Dieu, qui est la vie, et il y a la mort en face. Et si vous arrivez à la conclusion que la mort est obligatoire, qu'on ne peut pas faire autrement, cela veut dire quoi ? Que la mort est plus forte que Dieu, qui est la vie. Chaz véchalom, c'est une hérésie à l'état pur. Il faut le prouver, mais il faut montrer qu'en réalité, s'il a créé les deux, c'est qu'il est plus fort que la mort elle-même. Comment voudrait-il créer quelque chose qui est l'inverse de lui-même ? Elohim Haïm, on l'appelle.
Alors le prophète nous dit, dans Yeshayahou, chapitre 25, verset 7: un jour arrivera où la mort sera engloutie. Par qui ? Par la vie. Sinon, cela veut dire que tout ce monde a été un échec. Elle ne va pas être détruite, elle va être avalée, c'est-à-dire enfouie dans la vie, elle va disparaître dans la vie, car c'était ce qui était prévu au départ.
Donc la mort est arrivée par un accident, par une faute qui a créé cet état. « Le jour où tu mangeras de l'arbre que je t'ai interdit de manger… » Mais cela demande correction. Si je corrige, je suis censé arriver à un monde où la mort n'existe plus.
— Il y avait d'abord une question là.
Je vois très bien ce que tu veux dire, et tu répètes des choses que tu as entendues. C'est-à-dire que, dans un des cours que tu as dû entendre, on t'a dit: « Personne n'est revenu de là-bas pour nous dire… » C'est faux.
— Mais…
Non, toi-même tu es revenu de là-bas. Et moi je suis revenu de là-bas. Et vous êtes tous revenus de là-bas. Non, pas au début, maintenant. Parce qu'à chaque fois que tu nais, que quelqu'un naît, il vient d'où ? De là-bas, du même endroit. Et en plus de cela, nous avons une Torah qui nous a été donnée de là-bas, entre guillemets. Sans cette Torah qui nous a été donnée de là-bas, tu aurais raison: tout ce qu'on aurait fait serait subjectif. C'est-à-dire que je pense comme ça, lui pense autrement.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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