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Révéler l'infini : la neshama d'Israël selon Orot HaKodesh

Pourquoi Israël doit dévoiler la volonté d'Hachem plutôt que son être, et comment la vérité doit être entière.

52 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Émouna et pensée juive selon Orot HaKodesh, 44 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Dévoiler l'infini dans le fini

Dans notre thème général de la neshama spécifique et spéciale de Am Israël, nous devons savoir que nous sommes capables, et que nous avons le devoir, de dévoiler ce qui n'est pas défini. Nous avons donc un rôle paradoxal: définir, en fait, l'infini. Nous n'avons pas le droit de le faire, mais nous pouvons simplement le dévoiler, le laisser nous traverser.

Pour laisser l'infini nous traverser, il faut être capable de nous mesurer à sa grandeur. Or l'infini, par définition, n'est pas fini. Donc le peuple d'Israël non plus ne doit pas être fini dans sa capacité. Si je veux dévoiler l'infini, il faut que j'aie la même qualité. La qualité intrinsèque d'Israël, c'est d'être capable d'être une résistance qui laisse passer la lumière de l'infini sans pour autant brûler ni disparaître. C'est quelque chose d'énorme, et c'est en cela que nous sommes choisis, que nous avons été choisis. Nous n'avons pas été choisis une fois que nous étions là. Nous avons été choisis bien avant la création du monde, pour être créés de cette manière. HaKadosh Baroukh Hou a créé un système qui s'appelle Israël, qui un jour s'habillera dans des hommes, des femmes, des enfants.

Et ce système est une neshama extraordinaire que Dieu a créée, qui va être capable, lorsqu'elle se révélera sur terre dans des hommes et des femmes, d'être la réflexion, le reflet, de ces valeurs que l'infini a bien voulu donner au monde. Pas toutes les valeurs, parce qu'on ne peut pas révéler le tout. Notre seul lien avec le Créateur, c'est ce qu'il a bien voulu nous donner. C'est-à-dire un seul de ces métiers, celui d'être créateur. Vous comprenez bien qu'en dehors d'être créateur, il y a autre chose, mais cela ne nous intéresse pas pour l'instant. On n'est pas censé savoir cela, si ce n'est sa volonté. Nous ne sommes donc pas là pour dévoiler son être, ce qui est impossible, mais pour révéler sa volonté, c'est-à-dire son ratson.

C'est la seule chose que nous devons faire: liyot osseh retzono, c'est-à-dire être des traducteurs, des acteurs de assiya de son ratson. Transformer son désir en acte, en réalité. Voilà le rôle d'Israël. Le Rav Kook, dans Orot HaKodesh, nous dit que pour arriver à faire ce travail, il faut savoir précisément quoi dévoiler, ce que nous devons faire.

Il s'agit donc d'une étude sérieuse: savoir pour quoi nous avons été créés, quelle est la lumière, la quantité, la qualité de lumière que nous sommes capables de faire passer. Et comment la faire passer ? Pour la faire passer, il faut d'abord que nous soyons nous-mêmes conscients de cette lumière, conscients de sa qualité. Et une fois conscients de cette lumière, une fois que cette lumière nous habille, on peut commencer à la diffuser entre nous et à l'extérieur de nous, selon les niveaux, les différents niveaux de la vie.

Mais bien entendu, je ne vais pas dévoiler cette lumière avec un stylo de la même intensité que je la dévoilerai à mon fils. Tous les éléments de ce monde révèlent l'infini, c'est toujours le même infini, mais à deux degrés différents. Et le savoir, l'intelligence de l'homme, c'est de savoir s'adresser au degré auquel il est en train de s'adresser, avec les mots, avec l'expression essentielle de l'homme, qui est la bouche, qui est la parole. Car nous seuls, en tant qu'humains, avons été dotés de cette parole. Comment, par ma parole, véhiculer un message énorme, tellement grand, et savoir le mesurer par rapport à l'auditoire que j'ai en face de moi, et à la génération à laquelle je suis en train de parler ?

Alors, dans ce système global, nous sommes dans Orot HaKodesh, et le Rav Kook nous écrit dans le quatrième degré. Nous avons donc une vérité absolue, de l'ordre de l'absolu, qui est Nithba'at. Nithba'at, c'est-à-dire Mazen Nithba'at, réclamer. Plus que réclamer, presque accuser. On nous oblige à révéler cette lumière Mikol. Qu'est-ce que c'est, Mikol ? Non, ce n'est pas une voix. Ce n'est pas avec un qof, c'est avec un kaf: c'est-à-dire de tout. Je n'ai pas dit de tout le monde. Je vais le dire avec mes mots: la vérité doit apparaître du tout. Absolument du tout. Même d'un objet. Même d'un liquide. Même de l'air. Du tout, tout simplement.

Alors on va voir comment le Rav aborde ce sujet, et quelle est cette vérité qui doit donc être générée. Kol Machiah Emet Hiyoter Kvoha. Étant donné que nous avons affaire à une vérité tellement élevée, eh bien, plus cette vérité est de l'ordre de l'absolu, c'est-à-dire…

Quand je dis absolu, je veux dire aussi entier. Par conséquent, par définition, la vérité doit être quelque chose d'entier. Si la vérité n'est pas entière (quand je dis entière, c'est-à-dire si elle ne prend pas en compte tous les éléments et absolument tout, sans aucune exception), ce n'est pas la vérité. On est d'accord ? Ce n'est pas par hasard qu'en hébreu, vous connaissez déjà ce inyan: le mot Emet, c'est la première, la dernière et la centrale de toutes les lettres de l'alphabet. Quand on dit Emet, on dit du début à la fin, complètement, en passant par le milieu.

## Le triangle de la vérité

Le mot Emet est donc un triangle. Nous avons Alef d'un côté, Taf de l'autre, et Mem au milieu. Nous formons donc un triangle, qui est Emet. C'est comme si je disais que la vérité, si on lui donnait une forme géométrique dans notre monde, c'est un triangle. C'est pour cela que les sages considèrent que le peuple d'Israël s'appelle aussi le triangle. Le triangle est la forme parfaite du dévoilement de l'infini dans le fini. On va essayer de comprendre cela un peu plus tard.

Mais d'après nos sages dans la Kabbale, toute chose qui descend dans ce monde doit obligatoirement apparaître sur trois degrés. On appelle cela, de manière un peu plus vulgarisée aujourd'hui, Olam, Chana, Néfech. C'est-à-dire qu'il faut que j'obéisse à trois règles: mon cours doit être vrai au niveau de l'espace, au niveau du temps, et au niveau de l'être, c'est-à-dire de la conscience humaine.

## Espace, temps, être

Si, par exemple, je parle d'un sujet, peu importe, admettons Chabbat, et que je ne considère pas le sujet de Chabbat comme étant aussi un espace, et que je ne prends Chabbat que comme une notion de temps, je suis boiteux d'une jambe. Et si je ne comprends pas que Chabbat s'adresse aussi à une valeur humaine, qui elle aussi est un Chabbat, je boite déjà de deux jambes sur trois. Donc pour moi, Chabbat ne devient qu'un jour, alors que Chabbat a trois degrés.

Il faut que je trouve, comme dans chaque élément que je veux développer, les trois degrés. Il faut que je trouve le Chabbat de l'espace, le Chabbat du temps et le Chabbat de l'homme. Tant que je n'ai pas touché ces trois degrés, mon sujet n'est pas encore abouti. C'est simple. On appelle cela Olam HaTikoun, le monde de la réparation. C'est pour cela que l'homme, nous qui nous appelons Adam, « Atem Kourim Adam » …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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