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Pourim : la sainteté qui descend jusque dans la matière

Pourquoi Pourim cache la lumière divine dans le monde matériel, et ce qui distingue cette fête des autres.

52 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Pourim, les vêtements de l'âme et le serpent déguisé, 58 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tov. Aujourd'hui, je ferai un cours un peu plus court, donc on va commencer tout de suite. Nous savons que chaque fête du calendrier hébraïque est accompagnée d'une force qui est en contradiction avec cette fête. La raison en est qu'il y a une énergie que nous devons prendre, acquérir une lumière qui descend dans le monde.

Dans ces rendez-vous de l'Histoire, chaque fête est un rendez-vous entre HaKadosh Baroukh Hou et le monde. Il descend, entre guillemets, c'est-à-dire qu'il se dévoile dans ce monde avec une lumière qui correspond à ce temps bien précis. Chaque lumière est toujours la seule et même lumière, HaKadosh Baroukh Hou, mais elle se dévoile dans ce monde de différentes manières. À Pourim, la lumière qui descend est une lumière très élevée. C'est, nous disent les sages, l'une des lumières les plus fortes de tout le calendrier. À tel point que cette lumière nous donne la sagesse divine qui s'habille dans les vêtements les plus matériels de ce monde.

Je veux dire par là que la sainteté de Pourim est tellement élevée qu'elle ne reste pas dans le ciel. Elle est capable de traverser la matière, de rentrer dans la matière, de s'habiller complètement dans la matière. C'est pour cela que, pour atteindre cette lumière de Pourim, il faut nous aussi remplir notre être de cette matière-là. Nous mangeons, nous buvons, nous sommes dans une Simcha très terrestre, très matérielle, pour montrer qu'en réalité la sainteté d'HaKadosh Baroukh Hou ne se trouve pas seulement dans le ciel, mais qu'elle vient s'habiller dans le monde matériel, le plus matériel possible.

C'est-à-dire que tous les déguisements de Pourim viennent montrer qu'à travers toute cette apparence de vêtements, la lumière divine se trouve à l'intérieur de ces vêtements. Et si tu ne comprends pas ce secret-là, tu pourrais croire que la lumière d'HaKadosh Baroukh Hou ne se trouve que dans les mondes supérieurs, pas dans les mondes cachés dans la matière. C'est-à-dire que, pour atteindre Dieu, il faut quitter ce monde. La nouveauté de Pourim, c'est que pour atteindre HaKadosh Baroukh Hou, il faut, précisément, être dans ce monde. Cette lumière est tellement élevée qu'elle est capable, justement parce qu'elle est tellement élevée, de descendre dans les degrés les plus bas. C'est d'ailleurs comme ça que tu peux reconnaître quelqu'un de grand.

Quelqu'un de grand, c'est quelqu'un qui est capable de descendre et de dire la grandeur qu'il a à dire dans les mondes les plus bas. Nos sages disent: là où tu trouves la grandeur d'HaKadosh Baroukh Hou, au même endroit tu vas trouver son humilité la plus grande. Aussi grand soit-il, il est capable de s'habiller dans les choses les plus petites de ce monde. Ça, c'est l'histoire de Pourim.

Amalek ne peut pas comprendre, ne peut pas entendre une chose pareille. Pour lui, il n'est pas normal que la sainteté puisse descendre dans ce monde et s'habiller dans la matière. Pour Amalek, la sainteté se trouve où ? Dans le ciel uniquement. Toute la nouveauté de Pourim, c'est de prendre conscience que la sainteté divine s'habille dans la matière et se dévoile à travers la matière. C'est la nouveauté de Pourim. Nous allons donc faire des actions très matérielles pour bien montrer qu'HaKadosh Baroukh Hou fait descendre sa lumière dans les degrés les plus habillés, c'est-à-dire les plus cachés dans ce monde. Et que dans ce caché, il faut savoir décoder et dévoiler l'unité divine.

Dévoilé se dit en hébreu galouï, et caché se dit setir. Méguila vient du mot galouï: il faut dévoiler au grand jour, dans le Hester, dans la cachette, c'est-à-dire dans le monde caché, la lumière de l'Infini. Méguilat Esther, donc. Tu dois dévoiler au grand jour la lumière d'HaKadosh Baroukh Hou qui s'habille dans la nature: Hachdoucha Chebateva, la sainteté dans la nature. Ça, c'est la force de Pourim, la qualité la plus importante de Pourim: bien comprendre qu'HaKadosh Baroukh Hou ne se trouve pas seulement dans les mondes supérieurs, mais qu'il descend, qu'il se dévoile et qu'il conduit même le monde le plus matériel possible.

Donc, dans les plus petits détails de cette vie, tu retrouves HaKadosh Baroukh Hou, si tu es capable de vivre selon le degré de Pourim. Ça, c'est le véritable degré de Pourim. Et si tu considères, Chass veChalom, qu'Israël, en tant que chair, en tant que matière même, n'a pas cette sainteté, si tu considères que la sainteté d'Israël vient seulement de ce qu'il étudie la Torah, tu ne comprends pas qu'il a une sainteté intrinsèque, qui lui est propre.

À la limite, même s'il n'a jamais ouvert un livre de Torah, si tu ne comprends pas qu'un Juif, de par sa naissance, a une sainteté, HaKadosh Baroukh Hou l'a gravée en lui, dans sa chair, eh bien, Chass veChalom, tu joues le jeu d'Amalek. Amalek, c'est celui qui considère que celui qui n'étudie pas la Torah est un goy. Et nous, nous devons montrer l'inverse, partir en guerre contre cet Amalek: la Torah est très importante, mais la sainteté se trouve déjà dans l'homme d'Israël de par sa naissance.

Naissance vient du mot naître, et naître vient du mot nature. Cela veut dire que, de par sa nature d'Israël, étant né d'une maman juive, il a déjà en lui une sainteté d'Israël. C'est cette sainteté-là que je dois découvrir le jour de Pourim: pas la sainteté qui lui vient parce qu'il a étudié, ça c'est autre chose, mais la sainteté qui se trouve chez lui déjà, et qu'il a naturellement.

— Il y a... Ce que tu dis est dit d'une autre manière. C'est l'un des plus grands de nos sages qui dit qu'à force d'étudier, tu oublies, en réalité, HaKadosh Baroukh Hou et la sainteté que tu as en toi. Parce que tu as l'impression que c'est ton étude qui t'apporte cette sainteté. Tu oublies qu'en réalité, l'étude n'est pas là pour t'apporter de la sainteté, mais pour dévoiler la sainteté qui est déjà en toi. Il y a. Je ne me rappelle plus où, je ne peux pas te le dire maintenant.

Et c'est quelque chose de très connu: Hayei Olam natan betokhenu, HaKadosh Baroukh Hou a déjà mis la vie et l'éternité en nous. Donc, à chaque fois que j'étudie la Torah, est-ce que j'intègre une information étrangère, ou est-ce que je réveille ce qui est déjà en moi ? C'est tout simple. Si je réveille déjà des éléments qui se trouvent dans mon propre être, alors ça, c'est la véritable force de Pourim: prendre conscience que l'existence divine se trouve à l'intérieur de moi et me fait vivre, pas seulement parce que j'étudie ou que je n'étudie pas, indépendamment de cela. J'ai une Kedoucha qui est propre à ma nature de Juif.

Et, comme dit le Rav Kook dans Orot, on a une chair, un kli, qui est aussi kodech que la neshama qui vient remplir ce kli. Les gens ne le savent pas. Les gens pensent que je suis kadoch parce que je touche à des degrés de kodech. L'histoire de Pourim vient nous montrer que nous avons une sainteté à l'intérieur de nous-mêmes. C'est …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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