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Tamouz et la brisure qui fait grandir

Pourquoi il faut savoir s'annuler pour avancer, à partir du Maharal, du don de la Torah et de l'enfant dans le ventre de sa mère.

54 min

Rav Yoël Benharrouche

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, B'ézrat Hachem, nous allons parler du mois de Tamouz. Ce n'est pas la suite de notre chiour habituel, mais je voudrais quand même que nous fassions un petit travail sur le mois de Tamouz, qui est très important. J'ai donc écrit un chiour exprès pour cette occasion.

Il est une règle qui nous apparaît depuis la création du monde, et cette règle nous dit la chose suivante: Hacheser kodem lahavaya. Que le manque, le néant, la disparition précèdent l'existence. Cette règle est donnée par le Maharal dans son livre Netsah Israël*.

Il nous explique qu'en réalité, pour arriver à une certaine étape, il faut être capable de s'annuler, de passer par une étape qui annule tout ce qu'il y avait avant. Si tu n'es pas capable de mettre à plat le degré que tu as gravi, que tu as construit jusqu'à aujourd'hui, tu ne pourras pas passer à autre chose. Je vais essayer d'expliquer un tout petit peu plus.

D'une manière générale, dans le monde, il y a un rythme que HaKadosh Baroukh Hou a fixé depuis la création du monde. Toutes les choses, lorsque nous voyons que nous passons à une étape supérieure, juste avant, il y a eu quelque chose qui annulait complètement l'étape d'avant. Par exemple, lorsque le don de la Torah est donné, c'est comme une nouvelle ère. C'est un monde sans Torah. À partir du moment où la Torah est donnée, il y a de nouvelles données dans ce monde, puisque la parole divine descend sur terre. En somme, il va falloir, entre guillemets, détruire, en tout cas cacher, tout le degré qu'il y avait avant, comme s'il n'existait pas, bien qu'il existe. C'est pour cela que le mont Sinaï s'appelle en hébreu la montagne de la destruction. C'est très bizarre: Har Horev.

La montagne de la destruction. Pourquoi ? Parce que tu dois être capable, pour recevoir un nouveau degré, d'annuler le degré d'avant. C'est comme si le degré d'avant n'existait pas. Sinon, tu restes collé au degré d'avant et tu n'as pas la capacité d'aller plus loin. Tu es toujours dans ce que tu avais avant, sans la possibilité de te reconstruire. Tu vas, entre guillemets, vieillir dans un certain système.

Et tu n'as jamais le renouveau, la nouveauté, la force de commencer quelque chose de neuf. Cela veut dire que, lorsqu'on reçoit la Torah, même dans un chiour de Torah, on doit arriver avec une certaine capacité à mettre de côté tout ce que l'on sait, pour écouter un nouveau cours. Une fois que j'ai écouté ce nouveau cours, je l'ai annulé. Je dois arriver à la maison pour commencer un travail de tri, pour savoir exactement ce que j'ai écouté. Mais si, dès le début, quand j'arrive à un cours, je suis incapable d'écouter, parce que ce qui m'intéresse, c'est ce que j'ai dans la tête, je ne peux pas véritablement acquérir la Torah qui est en train d'être donnée. Est-ce que c'est clair ?

Je n'ai pas dit qu'il faut tout oublier. Je dis qu'il faut mettre de côté momentanément. Au moment où tu reçois la chose, c'est comme si tu avais annulé ce que tu avais jusqu'à maintenant. Sinon, tu es incapable de recevoir. Non, c'est comme si: tu ne peux pas véritablement annuler. La chose est là, c'est ton vécu, d'accord ? Il y a des choses qui se sont passées jusqu'à aujourd'hui dans ta vie. Tu ne peux pas à chaque fois tout annuler complètement et te dire: je suis quelqu'un de nouveau. Mais en même temps,

tu dois être capable, instantanément, d'avoir cette réflexion-là, sinon tu es incapable d'arriver à quelque chose de neuf dans ta vie. Tu seras toujours un vieux qui avance. Et les choses que tu auras acquises vieilliront elles aussi. Il n'y aura donc pas véritablement de sang neuf dans tout ce que tu fais dans ta vie.

J'ai dit que c'est momentané. Sinon tu ne peux pas recevoir quelque chose de neuf. Une fois que tu as reçu d'une manière neutre ce que tu as à recevoir maintenant, tu vas faire le travail chez toi, à la maison, pour savoir reconstruire, comment c'était avant et qu'est-ce que je fais par rapport à ça. Mais au moment du passage, on doit quitter l'autre passage. La chose est simple, ok ? Si je dois avancer d'un pas dans ma vie, je dois lever mon pied. On est d'accord ?

Au moment où je lève mon pied, qu'est-ce que cela veut dire ? C'est exactement l'expression « lever le pied ». Si tu lèves le pied, tu quittes instantanément, momentanément, le degré dans lequel tu étais, pour aller à un degré de plus. Mais si tu es incapable de lever le pied, tu n'avanceras jamais, tu feras du surplace dans ta vie. Vous comprenez ce secret ? Ce n'est pas quitter complètement le sol, puisque

un instant plus tard, tu vas reposer ton pied, mais tu vas le reposer une marche plus haut. Une étape plus loin. Donc tu dois être capable, dans ta vie, de temps en temps, quand quelque chose de nouveau apparaît, de t'annuler, de te mettre à zéro, pour pouvoir accéder à la prochaine étape. Sinon, encore une fois, tu vieilliras, ton état va, entre guillemets, pourrir, dans ce vieillissement où tu es complètement coincé,

et dont tu ne peux pas te détacher. C'est dans notre tête quelque chose de très important: il faut être à la fois un vieux, avec toute la connaissance que j'ai acquise jusqu'à maintenant, et en même temps un yanouk, c'est-à-dire un tout petit nourrisson qui veut téter quelque chose de nouveau. Et si je ne sais pas faire le lien entre ces deux degrés, d'être en même temps vieux et très jeune,

vieux par ma connaissance et très jeune par mon désir, par ma flamme, par quelque chose de très frais, qui me fait avancer, eh bien il y a quelque chose qui me manque. Rabbi Nahman de Breslev dit de manière claire: « Je n'aime pas les vieux. » C'est très bizarre. Qu'est-ce que cela veut dire, « je n'aime pas les vieux » ? Je n'aime pas ceux qui restent coincés dans un système et n'arrivent pas à avancer, parce qu'ils ne savent pas se mettre à zéro pour passer à l'étape suivante.

Bien entendu, il aime la sagesse, car en hébreu, zaken, vieux, est composé des lettres de Zé Kana Hokhma, celui qui a acquis une sagesse. Mais, malgré tout, il faut être capable de quitter cette vieillesse, celle qui est sclérosée, qui ne bouge pas, pour avancer vers l'étape suivante. Et dans le chiour que je vous propose aujourd'hui, nous allons voir, B'ézrat Hachem, que

l'ordre du monde a été fabriqué de cette façon. Y a-t-il des questions pour l'instant ? Alors j'avance. Ce manque-là se vide, entre guillemets, ce que l'on appelle en hébreu… Le mot veut dire un manque. C'est une préparation. On est à la quatrième ligne. C'est une préparation à tout ce qui va venir dans l'étape suivante. C'est-à-dire que, sans ce manque,

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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