Pessah et le secret du temps
Pourquoi la fête de la sortie d'Égypte est le mois qui donne le temps au peuple et ce que la Gueoula change dans notre rapport au temps.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La sortie d'Égypte, racine de toutes les délivrances, 45 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous allons parler de la question dans laquelle nous sommes, sujet qui est, à mon avis, le sujet principal: la Gueoula. Et cette Gueoula s'inscrit bien entendu dans Pessah, d'une manière beaucoup plus précise, puisque Pessah est la fête de cette Gueoula. Avant d'introduire directement le sujet, qui est assez vaste et large, il faut mentionner quelque chose de très important, associé à la Gueoula, associé à notre sortie d'Égypte.
Nous trouvons dans la Torah un verset, ce fameux verset qui nous dit… C'est-à-dire que, dès la sortie d'Égypte, nous avons une information divine. Le Saint, béni soit-Il, nous dit: vous voyez ce mois, le mois de Nisan, le mois de votre sortie d'Égypte, je vous l'offre.
Ce n'est pas seulement une information, comme on a l'habitude de le lire en hébreu. Ce mois est la tête de tous les mois de l'année, bien entendu. Mais à mon sens, le véritable chidouch, la véritable nouveauté, c'est le début: ce mois est à vous. Ce mois vous appartient. Je vous le donne, en cadeau. Quel mois ? Le mois de Nisan.
Cela veut dire que Hakadosh Baroukh Hou nous donne le mois où nous sommes nés, puisque le peuple d'Israël est né au mois de Nisan. Je vous donne donc, comme cadeau d'anniversaire, de naissance, un cadeau extraordinaire: le temps. C'est-à-dire que Hakadosh Baroukh Hou nous offre l'un des plus beaux cadeaux, à mon avis le plus beau cadeau qui puisse exister: le temps. Une boîte où il est écrit « cadeau d'anniversaire », et lorsqu'on ouvre cette boîte, il y a le secret du temps.
Je ne sais pas si vous avez conscience de ce que je suis en train de vous dire, mais c'est le plus grand secret qui, à travers tout ce que nous faisons à Pessah, est la chose la plus essentielle: Hakadosh Baroukh Hou nous a donné la notion de temps en cadeau.
Qu'est-ce que cela veut dire, la notion de temps ? On ne va pas faire le chiour concernant ce sujet, mais il faut tout de même dire quelques mots sur le temps. Le peuple d'Israël, à partir du moment où il sort d'Égypte, est un peuple qui ne sert pas les moyens, mais l'essence. L'un des moyens, c'est le temps. C'est-à-dire que servir le temps, c'est servir les moyens. Puisque le temps est soumis aux astres, ce sont les astres qui gèrent le temps, le soleil et la lune. Celui qui domine le temps domine, en réalité, les astres du temps.
Ceux qui sont sous la domination des astres, des étoiles, sont appelés ovdé kokhavim oumazalot. Ce sont ceux qui servent les étoiles et les astres, avec tous les mazalot, tous les signes astrologiques. Autrement dit, nous avons reçu la racine du temps en cadeau.
Pourquoi la racine du temps ? Parce que le mois de Nisan est le mois qui débute l'année juive. Le calendrier juif ne commence pas par Tichri, mais par le mois de Nisan. Le mois de Nisan est donc la matrice du temps, et c'est la matrice du temps qui nous a été donnée en cadeau. Pourquoi est-ce la matrice du temps ?
Même dans les signes astrologiques chez les non-juifs, nous savons, parce qu'ils sont tirés de l'âme israélite, que le premier astre, le premier mazal, c'est le bélier. Le bélier est le premier mazal dans l'astrologie. Et ce bélier est, en fait, le début de l'année. C'est pour cela qu'à Pessah, nous devions attacher le bélier et le sacrifier la veille de notre sortie d'Égypte.
Autrement dit, en signe de notre capacité à sortir d'Égypte, de libération d'Égypte, il fallait que je prouve que le temps, donc le bélier, m'appartient. Je suis capable d'attacher le temps à mon service. Et donc je le prends le 10 du mois de Nisan, qui, à l'époque de la sortie d'Égypte, était un Chabbat, et ce Chabbat on l'appelait Chabbat Hagadol, parce que là-bas, ce…
… déploie dans le monde la qualité qui s'appelle Gadol, en hébreu Gueoula, qui est synonyme de Hessed. La bonté s'appelle Gueoula. De la même manière, lorsqu'on sort la Torah, on dit: Lekha Hachem, Hagueoula, vehaguevoura, vehatiféret, c'est-à-dire Gueoula égale Hessed. On a donc reçu en cadeau, le jour de la sortie d'Égypte, le temps.
Pourquoi ? Parce qu'on a été capable, la veille de la sortie d'Égypte, d'attacher le temps, donc le bélier, et de le prendre à notre service. C'est le temps qui me sert, et non pas moi qui sers le temps. Et c'est là un grand secret de la sortie d'Égypte. L'une des prisons de l'homme, c'est d'être emprisonné par la notion de temps, c'est-à-dire que le temps dépasse en fait les actions de l'homme, et que l'homme n'arrive pas à s'inscrire dans cette notion de temps, qui est très, très difficile à concevoir.
Et tout doucement, nous allons entrer dans le domaine de Pessah. Lorsqu'on parle de Gueoula, d'une manière générale, on parle de la capacité à prendre quelque chose qui est à l'état de graine, de potentiel, et à le développer. C'est cela, la Gueoula. J'explique avec d'autres termes: si je suis né avec une capacité de devenir quelque chose, quelqu'un, et que j'ai développé mon être pour devenir ce quelqu'un, j'ai réalisé ma Gueoula.
Mais si quelqu'un est né avec un potentiel de devenir quelqu'un, et qu'il n'a pas développé ce potentiel, celui-ci est resté potentiel toute sa vie, et il est mort avec ce potentiel sans l'avoir dévoilé. Cet homme n'a pas goûté à la notion véritable de Gueoula. Morale: nous devons chercher chacun en nous-mêmes l'essentiel pour lequel nous sommes venus ici, le dévoiler, le sortir, le transformer d'un potentiel en réalisation.
Et donc toute chose que je réalise, qui sort de moi-même, qui était à l'état de point initial, infini, car un point est infini, je peux faire toutes les formes possibles et imaginables à partir d'un point. Mais justement parce que je peux tout faire, il se peut que je ne fasse rien. Lorsqu'on a beaucoup de possibilités, on est parfois paralysé par le nombre infini de possibilités, ce qui est assez légitime.
Si je prends cette possibilité potentielle et que je la développe, que je lui donne une direction, que je lui donne un volume, alors cette puissance devient quelque chose de réalisé. Elle va donc sortir du point et devenir un volume. À partir d'un point, je crée un volume.
Le point est à l'intérieur, l'initial. C'est-à-dire que c'est un cube que j'inscris maintenant dans une lettre. Le point initial, c'est un yod, alors que le volume, au niveau cubique, c'est une largeur, une hauteur et une profondeur. J'ai donc créé la lettre hé. J'ai pris la lettre yod et j'en ai fait une lettre hé. Je lui ai donné trois directions.
Pour sortir d'Égypte, il faut que je prenne mon yod. Et chacun a un yod, son potentiel, sa graine initiale, et il doit la développer en lui donnant trois directions: une hauteur, une largeur et une profondeur, qui sont trois degrés dans notre vie. Être profond, être grand et être large. Et si je développe ce point dans …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
- 6
Pessah : Le combat de la lumiere - 7
La sortie d'Égypte au-delà de la naturePourquoi la Gueoula dépasse les lois de la nature et ce que le peuple d'Israël en transmet aux nations. - 8
Pessah et la Gueoula : la bouche d'Israël, porte-parole du CréateurLe Rav Benharrouche relit la Gueoula comme révélation du Créateur dans sa création, portée par la parole de la Haggadah. - 9
Le mois de Nissan, la création et la sortie d'ÉgyptePourquoi Nissan est le mois où l'infini devient fini, et pourquoi la sortie d'Égypte vise la Terre d'Israël. - 10
Pessah et le secret du tempsPourquoi la fête de la sortie d'Égypte est le mois qui donne le temps au peuple et ce que la Gueoula change dans notre rapport au temps. - 11
La sortie d'Égypte, racine de toutes les délivrancesLe Rav Harlap : la neshama se réveille dans l'oppression, et le maror et la matsa forment une seule délivrance. - 12
Pessah, la libération du verbe - 13
Anokhi : la verticale qui descend vers Israël à PessahLe sens du mot Anokhi dans l'Exode, la volonté divine transmise au peuple et la sortie d'Égypte comme passage à 100 %. - 14
Pessah, la sortie d'Egypte comme lumière qui ne s'éteint pasPourquoi la sortie d'Egypte reste active aujourd'hui, et comment savoir recevoir cette lumière divine. - 15
Pessah : sortir de la prison de son identitéMitzrayim lu comme Meitzar Mi, la prison du moi, et le lien entre sortie d'Égypte et don de la Torah.
Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav