La halakha, parole de Dieu à la fin des temps
Le verset d'Amos sur la soif de la parole divine, et ce que la Guemara entend par « parole de Dieu ».
Rav Yoël Benharrouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes arrivés au dernier paragraphe de la première colonne. Il y a un verset du prophète Amos, au chapitre 8, verset 12, qui dit la chose suivante: c'est que les… ils erreront, ils partiront,
Ils chercheront d'un océan à un autre océan et du nord jusqu'à l'est. Ils vont errer, ils vont tourner pour demander la parole de Dieu, qui sera alors introuvable. De qui s'agit-il ? Le prophète nous explique qu'il s'agit là des enfants d'Israël,
qui vont être assoiffés et affamés de paroles divines à l'époque messianique. Un autre verset nous dira: « Pas assoiffé d'eau ni affamé de pain, si ce n'est d'entendre la parole de Dieu. » Ça veut dire qu'il va arriver une époque dans l'histoire, ok, qui apparemment,
Et donc le prophète dit ici que les gens vont être prêts à courir d'un océan à un autre océan, de l'est au nord, du nord à l'est, pour demander cette parole divine. On peut supposer que c'est par tous les moyens
d'aujourd'hui, de communication, par internet, ce que vous voulez. Ça peut être de l'extrémité du monde jusqu'à l'extrémité du monde. Des gens rentrent et écoutent parce qu'ils ont soif de la Parole divine, beaucoup plus que ce qu'on croit. Car il y a une fréquentation de tous ces sites de Torah, d'une manière qui est énorme aujourd'hui. Et donc ça dépasse complètement l'entendement. Ça veut dire qu'il y a une soif de connaître,
et tout est à proximité de l'homme, avec les profondeurs les plus profondes et aussi les choses superficielles. Et donc on va s'attarder un petit peu sur ce que la Guemara en dit. La Guemara, dans le traité Chabbat, à la page 138, va dire: Davar Hachem, qu'est-ce que ça veut dire, qu'ils vont demander la parole de Dieu ? Davar Hachem zo halakha. Ils vont demander la halakha. C'est-à-dire que
les enfants d'Israël voudront savoir comment vivre selon leur identité la plus profonde. Le mot halakha vient de la racine halekhet, la marche. Donc, quelle sera ma démarche dans le monde ? Ma marche: halekhet, halakha, ani oleh. La halakha, c'est donc comment marcher dans ce monde par rapport à l'idéal divin. Est-ce que ma démarche ici-bas correspond à ce que Dieu attend de l'homme qui marche ? Ça, c'est la halakha.
Donc il va falloir, en réalité, durant notre marche, savoir arrêter, en fait, la marche divine, entre guillemets. Quand Dieu marche, et qu'il descend dans notre monde, c'est une sorte de mouvement divin. Et si j'attrape ce mouvement divin au vol, je l'arrête à un moment donné, comme un arrêt sur image. J'arrête donc la démarche divine,
et je peux l'appréhender, l'apprendre pour moi. En hébreu, s'arrêter, c'est hafsik. Halakha, la marche. Donc posek halakha, un posek halakha, c'est celui qui sait prendre le point, à un moment donné, de cette descente divine, et la consommer, faire partie de lui. Un posek halakha, c'est celui qui arrive
à rentrer dans le détail, euh, du divin tout entier. Car toutes ces petites halakhot que nous avons dans notre monde viennent d'un monde infini, et dans un monde infini il y a une mitsva de tefilin qui embrasse des mondes et des univers incroyables. Et lorsqu'elle arrive dans notre monde, ça se manifeste, ça prend la forme de cuir de vache que je vais me poser sur le bras et sur la tête.
Ne considérez jamais la halakha comme quelque chose de petit qui a commencé ici par un certain cerveau humain, même si c'est celui d'un Rav. Pas du tout. C'est une expression du divin qui descend dans notre monde, et qui est vécue telle qu'elle est dans sa source, mais avec les moyens de notre monde. Donc quand vous voyez une paire de tefilin (c'est l'exemple que nous avons pris, ça peut être n'importe quelle mitsva), cette paire de tefilin représente en fait un degré infini
d'un lien extraordinaire qui, dans notre monde, va avoir la caractéristique du prisme de ce cuir qui va être posé sur nous. Alors ça, c'est le premier degré.
La Guemara, donc, je répète, nous dit que la recherche d'Israël dans ces temps messianiques sera telle que les enfants d'Israël vont chercher Davar Hachem, la parole de Dieu. Et la Guemara demande: qu'est-ce que c'est que la parole de Dieu ? La halakha, comment vivre selon le divin.
Deuxième explication de la Guemara: Davar Hachem ze hakets. Ok ? La parole de Dieu, ça, c'est une autre formule de la Guemara: ce n'est pas seulement la halakha, c'est la fin des temps. Autrement dit, les enfants d'Israël, à la fin des temps, voudront comprendre et étudier ce qui est en rapport avec la fin des temps. Donc la soif et la faim dont nous avons parlé tout à l'heure
vont se réveiller à notre époque, et vont faire en sorte de pousser les sages d'Israël à étudier ces domaines-là pour les enseigner. Ils sont obligés de les étudier pour les enseigner après. Et qui va chercher ça, en fait ? Qui va demander ? Les élèves eux-mêmes. C'est pour ça que vous venez dans un Beit Midrash. Que veut dire le mot Beit Midrash ?
Beit Midrash, hamakom: beit, la maison, où je demande, midrash, darash, dorech. D'accord ? Donc le Beit Midrash, c'est un lieu, une maison de la demande. Non, non, non: dorech, c'est, ok, manit dorech, c'est: j'exige. La maison de l'exigence. Je veux savoir comment le divin se manifeste. C'est ça, le Beit Midrash. Ça veut dire que si tu es dans un Beit Midrash passif,
et que tu ne vis pas véritablement le Beit Midrash, tu ne joues pas ton rôle. Le Beit Midrash doit éveiller en toi un mouvement, le mouvement de l'élève, donc, qui va être tout le temps dans la demande et qui va engendrer un enfantement des paroles du Rav. Knesset, c'est la maison du rassemblement. Kinous, c'est pas pareil. Beit Midrash, c'est la maison de l'exigence.
Et donc, qui va exiger du Maître, euh, « accouche-moi encore une nouveauté » ? Pourquoi je dis « accouche » ? Car le mot talmid tire sa racine du mot yoled, lidot, c'est-à-dire un enfanteur, quelqu'un qui va donner la vie, un engendreur de vie. Donc le talmid a le rôle de faire accoucher le Rav. De quoi ? D'encore un hidouch de Torah, d'encore une nouveauté de Torah. Grâce à quoi le talmid fait-il ça ?
Grâce à sa question, grâce à son exigence, grâce à sa demande: il veut apprendre. Donc il est dans un Beit Midrash et il fait en sorte d'extraire de son maître encore plus de connaissances. Vous voyez comme les choses sont claires lorsqu'on les traite dans leur source, c'est-à-dire dans la langue hébraïque, dans la langue de la Torah. Il ne s'agit donc pas d'une maison d'études, euh, au premier niveau du terme, il ne s'agit pas d'élèves au premier mot du terme, ok, mais beaucoup, beaucoup plus profond.
Il y a donc ici un lien de mariage entre maître et élève, avec une certaine exigence, une demande de recevoir. Et donc les Chachamim d'Israël s'appellent …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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