La sainteté triangulaire : sortie d'Egypte, Torah, Chekhina
Le Rav Tsvi Houda décrit la sortie d'Egypte, le don de la Torah et la Chekhina comme les trois étapes du dévoilement de la sainteté.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La Terre d'Israël, terre du renouvellement perpétuel, 57 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc, Chalom HaKoulam.
L'idée était déjà là, mais elle est maintenant habillée d'un corps, dans la sortie d'Égypte. Nous allons partir d'un texte du Rav Tzvi Houda, zatsal, qui appelle cela le HaKhout HaMeshoulach, le fil triangulaire. Tout le but de ce livre de Chémot, c'est de façonner, de mettre en relief
Qui va être capable d'apporter les valeurs divines dans ce monde. Imze, mon fée, slikha, amze, mon fia, begdoucha, meshouléchet. Mais ce peuple-là apparaît par une sainteté triangulaire, c'est-à-dire qu'il y a trois points dans cette sainteté, dans le dévoilement de cette sainteté.
Premier point, c'est Yétsiat Mitsrayim. Il faut d'abord se détacher de tout ce qui est étranger à ma structure intérieure. L'Égypte, c'est une idéologie étrangère à moi, une structure étrangère à moi, une culture étrangère à mon identité. Je ne peux pas développer ni arriver à ce stade-là quand je suis en Égypte. Cela suppose donc que je sorte d'Égypte, que je m'éloigne suffisamment de l'Égypte. Mais cela ne suffit pas non plus.
Ce n'est pas parce que je me suis éloigné de l'Égypte que je suis devenu moi-même. La première étape, effectivement, c'est s'éloigner de l'Égypte. Mais maintenant, il faut que je devienne moi-même. Mais qui suis-je ? Il faut que je reçoive la Torah. Donc la Torah, c'est le deuxième point du triangle. Premier point, la sortie d'Égypte. Deuxième point, le don de la Torah, Maamad Har Sinaï oumatan Torah. Et troisième point: ça ne suffit pas de recevoir cette identité d'une manière ponctuelle. Il faut que ce soit quelque chose de définitif et de régulier. Et la régularité, cela s'appelle la Chekhina. C'est le troisième degré.
Je répète: sortir d'Égypte, premier degré. Le don de la Torah, deuxième degré. Et la Chekhina, quelque chose de régulier, où la résidence d'HaKadosh Baroukh Hou sur terre est tellement présente, chokhen, c'est-à-dire que je réalise, que je cristallise les valeurs d'Hachem dans ce monde. La racine de Chekhina, c'est chakhen. Chakhen, ce n'est pas seulement le voisin, mais chéken, la possibilité de dire oui, c'est-à-dire de réaliser, de rendre réel. Réel quoi ? Les valeurs divines. Chéken.
Quand tu dis ken, tu deviens toi-même un porte-message, une structure capable de recevoir la valeur d'en haut, comme cela s'est passé au niveau de cette fameuse Chekhina. La Chekhina, c'est la capacité, sur trois niveaux que nous allons voir tout de suite, de dévoiler la valeur divine sur terre. On va dire oui à HaKadosh Baroukh Hou. Oui dans trois niveaux: oui dans l'espace, le Mishkan; oui dans le temps, Chabbat; et oui dans la structure humaine, Am Israël. Il y a donc trois oui.
Ensuite, au niveau personnel, cela vient de ce grand tout. De la même manière que la paracha de Yitro était une paracha collective, globale, la paracha suivante, Michpatim, va descendre et s'habiller dans les détails, parce que l'homme n'est pas capable de manger un pain entier, il faut le lui mettre en tranches. De la même manière, cela va encore descendre et se mettre à un niveau plus humain. Cela va descendre du collectif jusqu'à l'individu, et même dans l'individu, cela va pénétrer dans tous les détails de son être.
C'est-à-dire que la circulation du flux divin, eh bien, c'est la circulation du sang, donc tous les éléments de notre corps. C'est ce qu'on appelle la Chekhina. C'est un mouvement. C'est un verbe, c'est-à-dire la capacité à remplir toutes les chambres de ton être. HaKadosh Baroukh Hou remplit de la même manière, au niveau cosmique, tous les recoins et toutes les chambres de l'univers de sa bonté, de ses valeurs divines, de sa manifestation divine, qui sont en réalité toutes ses valeurs de l'infini: l'éthique, la droiture, la justesse, la justice, et ainsi de suite. D'accord ? On parle de ça.
Donc il y a un triangle, et ce triangle doit se révéler dans tous les degrés. Vous comprenez que le mot Chekhina n'est pas le nom de quelque chose, mais un verbe, comme, par exemple, Chira. Chekhina introduit un mouvement, une circulation de l'infini dans le fini. D'accord ?
— Ça veut dire quoi ? Chaleur ?
Non. Au niveau de la racine du mot, tu as raison, c'est dans la chaleur. Très bonne question. Je vais un peu aiguiser ta question: comment se fait-il qu'il y ait de la Chekhina si on n'est pas encore en Israël ? On est dans le désert.
La Chekhina ne vient pas en bloc. Ce sont des mesures de Chekhina, une circulation qui commence mais qui n'est pas encore aboutie. Il y a un début de mouvement qui doit se compléter, devenir de plus en plus réel. Même si cela commence dans le désert, ce n'est pas encore définitif, mais le mouvement commence.
Que représente le Mishkan du désert ? C'est comme un mini-État d'Israël qui se met en route, encore petit, mais qui va devenir en réalité grand. On commence donc à lui faire une injection de Chekhina pour le faire grandir, pour qu'il devienne Mikdach. Le Mishkan, qui est temporaire, va devenir Mikdach, qui est définitif.
Et même dans le Mikdach définitif, vous avez vu qu'en Erets Israël il y a eu un premier Temple, qui a été détruit. Si c'est l'idéal, pourquoi a-t-il été détruit ? Parce que, encore une fois, c'est un mouvement qui continue à se développer jusqu'au troisième Temple. Et même dans le troisième Temple, il n'y aura plus de destruction, mais il y aura une évolution permanente à l'intérieur de ce Mishkan.
C'est comme si, je reprends l'exemple de tout à l'heure, la circulation du sang devenait de plus en plus fluide, et elle réchauffe. Quand vous avez froid aux mains, c'est que le sang n'arrive pas, comme il faut. En réalité, cela doit réchauffer toutes les parties de ce monde. Sous-entendu: toutes les parties de ce monde vont vivre selon les critères divins. Et tant que cela ne se passe pas, c'est comme si, khas vé-chalom, une partie de ce corps mondial n'avait pas reçu le sang, c'est-à-dire que l'énergie n'est pas arrivée, que l'oxygène n'est pas arrivé avec ce mouvement sanguin qui circule tout le long.
Qui donne le sang au corps ? Le cœur. Le cœur des nations, c'est Israël. Israël est le porteur, c'est la machine qui va permettre au sang divin, aux valeurs divines, de circuler dans tous les coins de l'homme cosmique. Ken ?
— Vous avez dit que, même par rapport au Mishkan, il y a une évolution dans le temps. Mais on a vu qu'entre le premier et le deuxième Beit HaMikdach, le deuxième était beaucoup moins beau, et il y avait aussi moins de miracles.
D'accord. Cela veut dire que si tu regardes l'évolution, il y a des moments où tu as l'impression que tu es tombé. Mais quand tu regardes la courbe dans son ensemble, c'est une courbe ascendante. Donc même si à un moment donné tu tombes, tu tombes en réalité en pleine croissance. Ce n'est pas une chute normale.
Je vais te donner l'exemple: est-ce que Motsaï Chabbat, tu es plus élevé que Chabbat ? Si. Il y a fait. Dans le petit détail, tu …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
Grand cycle de pensée juive (Orot HaKodesh, Rav Kook) donné au Mahon Meir sur deux années.
- 1
Machiah ben Yosef et le temps de la GueoulaPourquoi l'époque charnière entre exil et délivrance exige une Torah nouvelle, portée par Yosef et Tzion. - 2
Monter sur la haute montagne pour voir la GueoulaLe verset d'Isaïe 40:9 : pourquoi il faut s'élever pour reconnaître les signes de la délivrance. - 3
Monter de niveau pour reconnaître la GueoulaLe prophète Ishaya enseigne qu'il faut élargir son regard pour reconnaître la Gueoula sous des apparences déroutantes. - 4
L'unité d'Israël et la source de la faute selon le Rav KookPourquoi la faute naît de la sortie du tout, et comment aimer Israël sans fermer les yeux. - 5
La sainteté triangulaire : sortie d'Egypte, Torah, ChekhinaLe Rav Tsvi Houda décrit la sortie d'Egypte, le don de la Torah et la Chekhina comme les trois étapes du dévoilement de la sainteté. - 6
La Terre d'Israël, terre du renouvellement perpétuelLe Rav Kook enseigne que chaque heure en Erets Israël dévoile davantage de lumière, et pourquoi nous ne le percevons pas. - 7
Israël, le nom d'Hachem et la sortie d'ÉgyptePourquoi le peuple d'Israël est le « nom » par lequel l'infini se dévoile, et ce que la sortie d'Égypte révèle de notre rôle. - 8
Émouna et moussar : pensée juive (cours du cycle) - 9
Segoula et Bekhira : la volonté qui dévoile la neshamaComment la part cachée de chacun ne se révèle que par le choix, et pourquoi la volonté prime sur la seule étude. - 10
Émouna et moussar : le lien de vie avec HachemLe lien de vie avec l'Infini, la Torah propre à chaque être et les deux piliers de la sainteté d'Israël selon le Rav Kook.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav