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Techouva et tentation : la Mishna du pécheur qui se dit « je ferai techouva

Pourquoi la Mishna refuse d'aider celui qui pèche en comptant sur la techouva, et ce que le Rav Kook en tire.

46 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Orot HaTechouva, partie 26, 42 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chabbat shalom, j'espère que vous avez passé un bon Chabbat et que vous êtes optimistes aujourd'hui. On est là, c'est l'essentiel. Là, on va retrouver notre place. Bon, puisque c'est comme ça, je pense que le mieux encore, c'est de continuer notre étude d'Orot HaTechouva. Et pour autant que je me souvienne, nous sommes au chapitre Youd-Bet, au paragraphe Youd.

Chapitre quoi ? Youd-Bet. Youd-Bet, ça veut dire douze. Et nous sommes au passage Youd. De quoi s'agit-il ? Il y a une Michna qui nous dit: celui qui dit « je vais pécher pour faire techouva, et à nouveau pécher et à nouveau faire techouva »... C'est une stratégie, on peut dire, puisque la techouva efface le péché: je vais d'abord pécher, après je vais faire techouva. On ne lui fournira pas les moyens de faire techouva.

C'est une chose bien logique, et la raison est très simple, une raison, pourrait-on dire, rationnelle. À partir du moment où quelqu'un est intéressé par le péché, il est plus intéressé par le péché que par la techouva, et donc il ne pourra pas faire techouva.

Ça ne veut pas dire que s'il fait techouva, elle ne sera pas acceptée. Mais ça lui sera en vérité très difficile. Et donc, on peut dire que la techouva porte en elle un danger. Le danger, c'est de se livrer au péché, de se dire: puisque c'est comme ça, de toute manière, il y a la techouva en fin de compte. Alors, pour l'instant, on va s'en donner à cœur joie à faire le mal. Et c'est pour ça que les hachamim nous ont averti contre ce genre de pensée.

Alors maintenant, on peut dire que cette Michna parle d'un cas individuel. Pour le Rav Kook, en vérité, il s'agit d'une idéologie. Cette idéologie se trouve être, ça c'est très surprenant, pour le Rav Kook, le fondement du christianisme. Le christianisme a une sorte de tolérance, on pourrait dire presque de compromission avec le péché. C'est-à-dire qu'on admet que l'homme est rempli de faiblesse, la chair est faible, que voulez-vous. C'est vrai qu'on attend de l'homme qu'il fasse techouva, mais on est prêt à différer la techouva, à attendre beaucoup de temps. Et pour le Rav Kook, c'est la source même du mal.

Vous connaissez par exemple ce passage des Évangiles dans lequel on amène une femme qui a trompé son mari. Il y a des témoins et on veut la lapider. Et le fondateur du christianisme dit que celui qui n'a jamais péché lance la première pierre. Et donc, personne ne va la lancer, évidemment. Et, beaucoup plus fort que ça, finalement, il s'adresse à la femme pécheresse, il lui dit: ça t'est pardonné, rentre à la maison, mais ne fais plus ça.

Alors, ça a l'air très doux, plein d'amour, mais en vérité, il y a ici un renoncement à l'établissement de la justice. Or, quand on renonce à établir la justice par pitié et par charité, finalement, c'est ça qui va entraîner les pires méfaits. C'est ça qui va amener finalement le meurtre, la débauche et tout le reste.

Et Laura Frouk, tout ça je le dis à l'avance parce qu'on va lire ça après dans le texte, nous fait comprendre que les résultats du christianisme sont là pour l'accuser. C'est-à-dire ce qui s'est passé dans la civilisation européenne, qui est le fruit de l'introduction du christianisme dans le monde romain, a été tellement terrible, entre autres les deux guerres mondiales, la Première Guerre mondiale l'aura connue, que finalement ça disqualifie rétroactivement l'effort du christianisme.

Je pense que maintenant on va rentrer dans le texte. Alors évidemment, on pourrait avoir le texte devant les yeux, ce serait peut-être mieux.

… renouvelle la vie. Il est impossible que la techouva ne change pas toute la valeur de la vie lorsque la vie continue. Elle transforme donc la valeur de la vie en bien, même quand elle est faite le dernier jour.

C'est une halakha. Si on a péché toute sa vie et qu'on fait techouva le dernier jour, eh bien, la techouva est acceptée. Et là, vous avez un verset bien connu, très joli: « Souviens-toi de ton Créateur ». C'est dans Kohélet, dans l'Ecclésiaste: « Souviens-toi de ton Créateur avant que ne viennent les jours de mal et que n'arrivent les années où tu diras: je n'ai plus de plaisir à leur égard ». C'est-à-dire qu'il faut faire ses techouvot quand on a encore la force de pécher, et pas quand on est contraint de ne pas pécher.

« Jusqu'à ce que ne s'obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles ». Bon, toute cette phrase poétique est une description poétique du jour de la mort: quand le soleil s'éteint, lorsque la lune disparaît, etc. Et donc, il y a toute une série là-bas. Ça continue d'ailleurs dans le texte de Kohélet. On nous dit que la techouva est toujours possible.

Alors, cette abondance de consolation, c'est une sorte d'épice pour renforcer la techouva et expliquer sa valeur. Donc, c'est très bien, la techouva, nous sommes d'accord. Mais l'enfoncement dans la consolation, jusqu'à la négligence de mettre en place des valeurs de vie sacrées, jusqu'à l'enfoncement dans les profondeurs des bassesses du péché, et qu'on se dise: je suis sauvé...

Vous comprenez, c'est ce que dit le Rav. Ici, c'est le salut. Le salut à la manière chrétienne, qui dit: même s'il y a abondance de péché, il y a toujours moyen de rédemption. C'est le chemin mortel de l'idolâtrie.

C'est ce que dit la Guemara dans le Yerouchalmi, dans le Talmud de Jérusalem: l'idolâtrie est renonciatrice. C'est-à-dire qu'il y avait dans l'Antiquité ce qu'on appelle le syncrétisme. Tout le monde avait ses dieux. On admettait volontiers, avec une grande tolérance, les dieux des autres, même si ce ne sont pas mes dieux. Mais pourquoi ne pas accepter que l'autre a ses dieux ?

Ça a créé des syncrétismes, une tolérance idolâtre, ce qui fait que de nombreux cultes, par exemple, arrivaient de l'Orient à l'Occident. Le culte de Mithra, qui était un culte perse, est arrivé jusqu'en Écosse, chez les soldats de l'empereur Adrien. Et donc, dit le Rav Kook, la Avodah Zara à Vatranit, finalement, elle est sympathique, mais elle ne permet pas d'élever le monde, de réparer le monde.

Et voilà ce qu'il dit. Il nous amène ici un verset, si je ne me trompe, de Hochéa... Pardon, c'est dans le prophète Amos, au chapitre 4. Et qu'est-ce que disent les idolâtres ? « Amenez le matin vos sacrifices », alors que la Torah dit de les amener le soir, l'après-midi. « Vous pourrez consommer vos dîmes le troisième jour », alors que la Torah dit deux jours. Et « présenter une offrande de gratitude faite de Khametz », alors que la partie qui est Khametz dans le Korban Toda, dans le sacrifice de remerciement, ne peut pas être présentée sur l'autel. Sur l'autel, on ne présente que ce qui n'est pas Khametz.

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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