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Morale naturelle et morale divine selon le Rav Kook

Pourquoi la simple politesse ne suffit pas à éviter les guerres, et ce que la Torah propose pour toute l'humanité.

44 min

Rav Yehouda Benishai

Ensuite : Orot : le peuple, la guerre et l'identité nationale, 45 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chalom Rav ! Chalom ! Chavoua tov oumevorakh ! Chavoua tov ! Merci beaucoup.

C'est ça, exactement. Ce n'est pas grave. Les paragraphes qu'on va maintenant étudier sont des paragraphes d'actualité. Alors, on va étudier un paragraphe. Le premier est court, mais il est plein de contenu. Et le deuxième, d'une certaine façon, va compléter le premier. On va voir ce qu'on pourra faire dans le temps qui nous est imparti.

Alors, le Rav nous dit ici un enseignement qui est important pour expliquer les guerres dans le monde. En introduction, je dirais la chose suivante: il y a au moins deux niveaux.

En ce qui concerne la morale de l'homme, il y a un niveau élémentaire, un niveau de règles de conduite qui permet à l'humanité de survivre, ce que l'on appelle d'une certaine façon la morale naturelle. La morale naturelle est essentiellement fondée sur l'idée que, pour pouvoir vivre en commun, on a besoin de certaines règles. Par exemple, pour pouvoir se déplacer sur une route, il faut qu'on se mette d'accord sur un code de la route. D'accord ? C'est l'idée. Le code de la route permet à tout le monde de circuler sans se bousculer sur la route, avec tous les accidents que cela entraînerait. Et malgré cela, on évite très peu les accidents.

— Rav, excusez-moi, je crois qu'on a été coupé. Est-ce que tout le monde… J'étais le seul qui a été coupé, ou c'est…

— Moi, je t'entends. Est-ce que vous m'entendez ? Est-ce que tout le monde a entendu normalement ?

— Je crois que c'était tout le monde. Moi, j'ai été coupé. C'est bon ?

— Pas de problème. Alors, je reprends. L'idée, donc, c'est qu'on a besoin de certaines règles qui nous permettent de circuler. Ce qui est vrai pour la circulation sur les routes est vrai aussi dans la vie en société. Par exemple, on a mis au point ce qu'on appelle la politesse. D'où vient l'idée de la politesse ? Elle vient du mot police, en grec, qui veut dire la cité. Qu'est-ce que la politesse ? Ce sont des règles de conduite en société pour permettre de vivre en commun. Évidemment, au fur et à mesure, les différentes civilisations ont mis en place certaines règles, ce que l'on appelle la politesse.

En fait, il s'agit d'un certain nombre de conduites que l'on attend de l'autre pour sentir qu'on peut vivre avec lui, non pas en tant qu'ennemi, mais éventuellement en tant que quelqu'un qui n'est pas là pour nous agresser. C'est une règle de conduite tout à fait élémentaire. Elle ne touche pas à l'essence de l'homme, elle n'éveille pas en lui profondément l'idée du bien. On peut trouver des gens polis qui ont, en fait, de très mauvaises intentions: ils sont polis, mais ils ont de mauvaises intentions, et la politesse cache leurs mauvaises intentions, parce que ce ne sont pas des gens qui ont adopté l'idée du bien de façon fondamentale.

Cette morale-là, les hommes l'acceptent en général dans le monde parce qu'il n'y a pas le choix. Si on n'accepte pas certaines règles, la vie devient très rapidement intenable. Par exemple, si on ne s'arrête pas au panneau de signalisation, vous comprenez que, dans un carrefour, il va y avoir beaucoup de heurts et beaucoup d'accidents. Donc on admet l'idée que chacun doit, à un moment donné, laisser passer l'autre.

Le Rav appelle cela une tarbout holonit, c'est-à-dire une civilisation qui ne tire pas ses racines de la émouna. Holonit vient de lashon hol, qui veut dire… Aujourd'hui, on a l'habitude de traduire le mot par « profane », c'est-à-dire quelque chose qui ne relève pas de la émouna, mais d'une volonté d'assurer une vie qui soit naturelle. Cela ne va pas au-delà de cela.

Maintenant, dans le monde, il y a des règles qui ont été établies aussi dans les relations entre les peuples. C'est ce que les peuples ont essayé de mettre au point pour pouvoir vivre, non pas seulement dans le cadre de la société de leur propre peuple, mais aussi entre les peuples. Il y a des règles qui ont été établies pour que tout le monde ait une place sur le globe terrestre, sans qu'il se sente en danger d'être agressé à tout moment et à chaque instant.

Il y a des conduites qu'on accepte. Je vais donner un exemple: on accepte, par exemple, qu'il y ait dans son pays une ambassade d'un autre pays. On lui donne un statut extraterritorial, comme si l'ambassade n'était pas placée sur le sol national, mais était comme une antenne du pays qu'elle représente. Ce qui fait qu'on accepte que personne ne puisse entrer dans l'ambassade d'un pays sans autorisation. Évidemment, c'est une règle qui, si on ne la respecte pas, rend impossibles les relations internationales.

Par exemple, il y a des pays qui refusent la représentation de certains autres pays chez eux, parce qu'ils n'ont pas du tout l'intention d'avoir des relations avec eux, et ils n'acceptent pas leur présence sur leur sol. Je donne un exemple. Maintenant, cela ne veut pas dire forcément que si l'ambassade d'un pays se trouve sur le sol d'un pays qui l'accueille, ils sont d'accord. On peut même voter complètement contre et prendre des décisions à l'encontre du pays sur lequel on se situe. On accepte cette idée-là. On est très mécontents, on n'est pas d'accord, on proteste. De temps en temps, on fait appeler l'ambassadeur en question pour lui dire que ce n'est pas comme cela que les choses doivent se passer. Mais en tout cas, on respecte sa présence sur le sol national, parce qu'on accepte l'idée qu'il faut qu'il y ait des relations internationales, et qu'il faut accepter cela.

L'Amérique a accepté que l'ONU réside sur son sol, même pour des pays qui sont des ennemis de l'Amérique. Il y a des représentants de pays membres de l'ONU qui débarquent en Amérique alors que l'Amérique n'est pas du tout contente de leur présence. Mais elle a accepté qu'il y ait un établissement qui s'appelle l'ONU, et elle a accepté que cela se passe. Vous comprenez que tout cela, en fait, ce sont des règles d'ordre formel, mais il n'y a pas de véritable volonté d'être en coopération avec eux.

Il y a des règles qui s'établissent au fur et à mesure du temps, mais qui, à un moment donné, ne tiennent plus le coup. Voilà ce que le Rav nous dit.

Alors, je lis la première phrase et je la traduis. Akvisha amusarit, c'est-à-dire la soumission morale imposée par une civilisation profane, sans Dieu. Cette soumission-là, en réalité, n'est pas du tout en accord avec leur cœur, avec leur véritable volonté, et de nombreux défauts des faux moraux se sont accumulés. Ils entraînent en même temps des maladies et des colères qui se sont amassées au plus profond de l'esprit des peuples.

Quand la morale naturelle, les règles de morale naturelle, ne peuvent plus contenir cette colère, alors cela va exploser. Et les midot raot vont tout d'un coup surgir, n'étant plus jugulées.

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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