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La séparation, clé de la délivrance d'Israël selon le Rav Kook

Le dos à dos et le face à face : comment le lien forcé devient un lien choisi.

31 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Le nom de Dieu renversé en Tammouz et le regard sur Erets Israël, 33 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Mes Hachem, aujourd'hui, nous allons développer un sujet qui a la capacité de dévoiler le sens profond de la période, ou qui définit en réalité la période appelée la délivrance d'Israël. Cette délivrance d'Israël est le sujet principal de toute la création.

Les sages nous disent que le nom, ou le souffle, du roi Machiah planait déjà sur les eaux de Béréchit, au début de la création du monde. Pour nous enseigner que le but de cette création est d'arriver à cette délivrance. Et quand nous parlons de délivrance, nous parlons en réalité du dévoilement de l'infini.

Dans le monde créé, c'est-à-dire l'infini dans le fini, ou le dévoilement de Dieu sur terre: l'énergie la plus absolue dans la matière la plus limitée. Nous allons donc parler d'un sujet qui traite de ce chemin-là. Nous allons voir qu'il y a un sujet qui revient, un processus, une manière, tout au long de l'histoire du peuple d'Israël. Ce sujet s'appelle en hébreu la Nesira, que je vais traduire en français par le mode de séparation. Et nous allons essayer de comprendre un tout petit peu plus en profondeur ce que ce sujet a à nous apporter. Le Rav Kook, alav hachalom, Avraham Yitzhak HaKohen, dit qu'en réalité on ne peut pas se séparer du lien que nous avons avec le divin.

Et encore plus: l'Assemblée d'Israël ne peut pas elle-même se séparer de la source de lumière du Dieu d'Israël, auquel elle est intimement liée. Ce lien qui nous relie à Dieu est une réalité incontournable. Ce lien fait partie de l'existence même du peuple d'Israël. Et pourquoi ce lien est-il tellement fort ? Parce qu'il vient du haut vers le bas. Il ne dépend pas de notre désir ou de notre manque de désir. Nous sommes créés avec ce lien et par ce lien. Ce lien est donc intimement lié à notre vie, par définition.

Le fait que je vive introduit cette notion de lien malgré moi. Alors qu'est-ce que je peux faire ? Le choix de l'homme est-il une réalité, ou est-ce une fausse réalité, et n'y a-t-il pas vraiment de choix ? Pour répondre tout de suite et ne pas laisser le sujet en l'air: effectivement, le lien est un lien qui ne dépend pas de ma volonté.

Mais ce qui dépend de ma volonté, c'est la capacité à développer, à dévoiler, à accepter ce lien, à vivre selon ce lien, ou bien le contraire: repousser, nier, fermer le passage naturel que ce divin a en moi, et donc ne pas vivre selon ce divin qui m'anime. Mon libre arbitre n'est donc pas d'être ou de ne pas être lié à ce divin, mais de vouloir vivre et extérioriser ce lien dans ma vie. Là, j'ai le choix d'extérioriser ou de fermer, de bloquer, d'étouffer.

Extérioriser ce lien se dit en hébreu émouna. Émouna ne se traduit donc pas par « la émouna », mais par le vécu, par la conscience du vécu. Le fait que je vive nous fait entrer dans un degré que nous appelons en hébreu émouna. Je suis ma'amin, donc je réalise. Le plus grand des artistes s'appelle Oman, c'est la même racine. Le Saint béni soit-Il est un Oman, un artiste, un artisan qui fait passer son art à travers moi, et je subis et vis selon ce grand artiste qu'est le divin.

Le sujet que je voudrais développer est celui de cette séparation. Séparation de quoi ? Simplement de se séparer. On vient de dire qu'on ne peut pas se séparer du divin, mais il existe malgré tout une certaine théorie, qui s'applique dans la vie et non pas une théorie qui reste en l'air, de cette capacité à se séparer. Et les kabbalistes vont nous donner deux relations entre nous et le divin.

La première de ces relations s'appelle Akhor beAkhor, le dos à dos. L'autre s'appelle Panim BePanim, le face à face. Et les sages nous disent que toute chose dans ce monde commence par un lien qui s'appelle Akhor beAkhor, le dos à dos.

Que signifie ce degré de dos à dos ? À quoi les sages font-ils allusion ? C'est simplement une notion qui dit que lorsque nous sommes liés à quelque chose dans cette position dos à dos, ce n'est pas pour nous montrer une position physique d'un être qui est à l'inverse, ou collé dos à dos avec le sujet auquel il est lié. C'est pour nous dire quelque chose de beaucoup plus profond: le lien avec cette chose-là, qui s'appelle dos à dos, est un lien que je n'ai pas choisi. Autrement dit, je reviens à ce que nous avons dit tout à l'heure: le lien avec Dieu est un lien que je n'ai pas choisi. C'est Dieu qui me crée, c'est Dieu qui me donne la vie, c'est Dieu qui m'anime, c'est Dieu qui me fait venir, qui me fait vivre.

Ce lien s'appelle donc, dans le langage des sages, un lien dos à dos. Je n'ai pas le choix de ce lien. Il existe, et c'est tout. Le deuxième degré, Panim BePanim, le face à face, est lui aussi un lien qui ne me donne pas une position physique entre deux degrés, mais qui nous dit que cette fois-ci, j'ai le choix: choisir ma vie, choisir ce lien, vouloir ce lien, chercher ce lien, et ne pas le subir.

Je résume. Dos à dos: pas de choix, pas de possibilité de choisir, pas de possibilité de vouloir, il n'y a pas de désir, car c'est une existence malgré moi. Face à face: c'est un choix, je veux, je choisis. Je cherche, je veux arriver à ce lien, j'éprouve le besoin de cette liaison. Vous comprenez que la force est dans le face à face et non dans le dos à dos. Autrement dit, tant que je ne suis pas arrivé, dans n'importe quel lien avec n'importe quelle chose de ce monde, à un lien de face à face, ce n'est pas un lien que je choisis. Ce n'est pas un lien que je veux: c'est un lien qui est malgré moi.

Les sages nous racontent l'histoire du premier homme. Lorsque le Saint béni soit-Il a créé le premier homme, Il l'a créé avec un lien dos à dos avec la partie féminine qui était en lui. Or cette position de dos à dos nous amène à ce que nous venons de développer: l'homme était lié à sa femme, ou à sa partie féminine, malgré lui, sans le choix, sans le vouloir, sans le désir.

Or il y a quelque chose de plus profond là-dedans. Qu'est-ce que cela veut dire d'être lié à sa femme de cette manière-là ? Les sages nous enseignent quelque chose d'extraordinaire. Ils nous disent que la femme, tous les matins, parmi les bénédictions du matin, récite une bénédiction extraordinaire, que nous, les hommes, n'avons pas. Elle dit: Baroukh atah Hachem Eloheinou Mélèkh haolam, Chéassani kirtsono, « Béni sois-tu, Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui m'as créée selon Sa volonté ». C'est la femme qui parle: elle bénit le Saint béni soit-Il …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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