Orot HaTechouva, partie 26
Rav Kook montre comment une grande idée nationale descend dans des mains petites, et pourquoi la techouva purifie son attachement.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Techouva, moralité universelle et âme d'Israël selon le Rav Kook, 45 min
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Bonjour tout le monde. Si je comprends bien, j'avoue, attendre à tout le monde, je comprends qu'il y a eu ici un débat houleux. Non, un débat entre élèves. À propos du christianisme, c'est ça ? Moi je pense que le cours que vous avez fait la semaine dernière contient des notions très importantes, au niveau de la compréhension qu'il y a un besoin de tsedek aussi, et que le message de la compassion des chrétiens
est quelque chose que les Israéliens, je ne sais pas s'ils se rendent compte que c'est quelque chose de chrétien, et qu'il y a une autre vision du judaïsme. Il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas le christianisme et qui grandissent en Israël. Et je ne sais pas s'ils font la distinction entre les deux. Je ne sais pas s'ils se rendent compte des conséquences que cela a, comme on l'a vu dans le chapitre dernier. C'est tout à fait cela, et c'est grave, parce que ça s'infiltre. Et sans conscience, oui, tout à fait.
D'accord. Écoutez, je pense que nous allons continuer dans Orot HaTechouva. Qu'est-ce que vous en pensez ? Très bien, d'accord. Le christianisme est un sujet extrêmement vaste, il demande une étude en soi. Et je pense qu'on ne peut pas, disons, parce qu'on en a parlé dans un détour, on a parlé du christianisme, je pense qu'on ne peut pas épuiser le sujet.
Simplement une petite remarque tout à fait incidente, mais quand même intéressante. Dans un de mes entretiens avec un pasteur évangélique, quand il m'a dit qu'il ne croyait pas en la Trinité, parce que le terme de Trinité n'apparaît pas dans les Évangiles, je lui ai dit: d'accord, vous ne croyez pas en la Trinité, mais vous admettez l'incarnation, parce que cela se trouve quand même dans l'Évangile de Jean.
Alors, très embarrassé, il a dû quand même avouer que oui. Enfin bon. Donc l'incarnation, la Trinité, ce n'est pas tellement différent, en vérité. Bon, peu importe. Passons donc à Orot HaTechouva. Nous sommes dans le chapitre 12, Youd-Bet. Vous voyez, c'est providentiel, nous sommes arrivés également au passage Youd-Bet. C'est-à-dire que c'est à la fois le chapitre Youd-Bet et le passage Youd-Bet simultanément.
Et là, Rav Kook, sans le dire une seule fois dans ce long passage, parle du sionisme politique. Pourquoi ne dit-il pas expressément que c'est cela dont il parle ? Parce que l'idée qu'il développe est applicable à d'autres phénomènes également. Et donc, ce que Rav Kook va nous dire ici, qui vise directement le sionisme politique et laïque de son époque,
est en fait applicable à d'autres domaines de pensée. Vous allez le voir tout de suite. Il arrive qu'une pensée descende des hauteurs de sa grandeur et de sa source de pureté. C'est-à-dire qu'il y a des idées très nobles, et parfois elles sont prises en main par des acteurs beaucoup plus petits que l'idée elle-même.
Alors, de quoi parle Rav Kook ? Vous allez le voir tout de suite. Il s'agit en fait de l'accomplissement des prophéties, qui disent qu'un jour Israël reviendra sur sa terre, qu'on va revenir de l'ensemble des nations de la terre,
et que nous allons retrouver notre indépendance. Cela fait partie du programme de la Gueoula, qui doit ensuite se concrétiser par d'autres événements, tels que la construction du Beit HaMikdach, la paix universelle, le retour des prophètes, et tant et tant d'autres bonnes choses. Et on voit que l'accomplissement des paroles prophétiques se fait par des activistes
qui, eux, sont mus par des considérations de matérialisme dialectique, marxisant, ou anti-religieuses. Donc, il y a une grande pensée qui est descendue de sa grandeur. « Mipnei », dit Rav Kook, parce que « She-aharei asher nitgashmah ba-ma'aseh uva-hayim », parce que lorsqu'elle se concrétise dans les actes et dans la vie,
elle a été prise en charge par des hommes qui ne conviennent pas, et on assombrit son éclat. Cette chute n'est pas une chute éternelle.
Spirituelle et bonne, elle devient mauvaise, si ce n'est pour une chute temporaire, et même cette chute est là pour la nécessité de la montée. Ça, c'est le grand principe qu'on trouve dans le hassidisme: l'âme est descendue dans ce monde pour pouvoir mieux remonter. Ce que dit ici Rav Kook, c'est que
une grande pensée, une grande idée, a été prise en charge par des petites personnes, mais ce n'est pas grave, cela fait partie, on pourrait dire, à la limite du plan. Ces hommes qui sont petits en qualité ont une grandeur quantitative. Cela veut dire que ceux dont sont capables les activistes, ceux qui œuvrent
pour le sionisme politique et pratique, ont l'avantage, si on veut, du nombre. Ils sont capables de réunir beaucoup de monde et beaucoup de moyens. Et cette vertu-là, qui en vérité est nulle par rapport à la qualité, c'est-à-dire la quantité par rapport à la qualité,,
mais de toute façon, quand elle s'associe à la qualité, elle la couronne. Nous avons une expression, un verset: quand il y a abondance de peuple, c'est la gloire du roi. C'est-à-dire qu'il faut d'abord qu'il y ait un roi. Mais s'il y a un roi,
alors, plus grand est le nombre des personnes qui viennent en son honneur, mieux c'est. Ce que dit Rav Kook ici, le roi, c'est en fait l'idée du retour à Sion. Et l'abondance, la multitude du peuple, eh bien, il s'agit des capacités du sionisme politique. Quand on parle de quantité, il ne s'agit pas forcément de la quantité dénombrable, les chiffres,
mais également de la quantité potentielle. Le mot kohani, il ne faut pas se tromper: en hébreu moderne, kohani veut dire « violent », mais en hébreu de l'époque rabbinique et à l'époque de Rav Kook, entre autres, cela veut dire « potentiel ». Donc la quantité potentielle, l'énergie, le désir d'acquérir, de réussir,
et pour établir ce que l'on recherche, à travers des voies pratiques et puissantes. Tout cela se révèle davantage chez les hommes qui sont attachés à la matière épaisse
et grossière, et qui manquent d'esprit noble, ce qui a d'habitude affaibli la puissance de la relation à la matière. Il y a une expression qu'on trouve souvent chez les religieux et qui est très problématique. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de l'expression hishtadlout, prononcée avec
l'accent tonique sur l'avant-dernière syllabe, ce qui vient du mot hébreu qui veut dire faire un effort. Souvent, vous avez chez des religieux cette expression: « moi j'ai fait un effort, et le bon Dieu accomplira la suite ». C'est une manière de ne pas réussir. Tandis que celui, par exemple, qui ne croit pas en Dieu, ou qui en tout cas met Dieu de côté, alors pour lui
la hishtadlout n'existe pas. Il faut réussir. J'ai tous les moyens matériels de réussir, il faut que je les mette en application. Et c'est cela que dit Rav Kook: le fait d'être spirituel, d'être du côté des good guys, comme on dit, affaiblit parfois la puissance. Donc la Providence envoie ses activistes. Je vais vous donner un exemple tout simple.
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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